Team5: Vaccination

http://www.web-agri.fr/infos/dossiers/22_03_01/:

Dossier - 22 mars 2001

Tous élevages
La fièvre aphteuse en huit chapitres
La maladie, le virus (variabilité, dissémination et contamination), la transmission à l’homme, l’historique en France, la vaccination (interdiction, retour?), les mesures prises, l’origine de l’épizootie actuelle: le CRJA Rhône-Alpes a réalisé un dossier complet sur la fièvre aphteuse. Huit chapitres pour faire le tour de cette maladie.
Source: CRJA Rhône-Alpes
5/ Pourquoi l’interdiction de la vaccination ?

En 1991, la Communauté européenne a décidé d’arrêter la vaccination, au vu:

- D’arguments sanitaires: en 1989 le territoire communautaire était indemne de fièvre aphteuse depuis presque 10 ans. En outre, sur 34 foyers primaires déclarés en Europe entre 1977 et 1987, 13 étaient liés à la diffusion de virus échappés des laboratoires ou à des vaccins mal inactivés (c’est-à-dire à la pratique même de la vaccination).

- D’arguments économiques: dans un rapport de la Commission européenne en date de 1991, le coût de la vaccination a été estimé à 1.135 millions d’écus contre un coût de 35 millions d’écus en cas de non-vaccination (calcul effectué sur l’hypothèse de 13 foyers primaires pour une période de 10 ans).

- D’arguments commerciaux: la vaccination entraîne la présence d’anticorps vaccinaux non différentiables des anticorps post-infectieux, en outre, les animaux vaccinés sont susceptibles d’héberger de manière inapparente du virus aphteux et représentent donc un risque important pour les cheptels non vaccinés. Elle entraîne des restrictions commerciales lourdes lors des échanges avec des pays qui ne vaccinent pas. L’absence de vaccination est donc une condition de la liberté des échanges d’animaux et de leurs produits entre les pays.

Dossier - 22 mars 2001Tous élevagesLa fièvre aphteuse en huit chapitres La maladie, le virus (variabilité, dissémination et contamination), la transmission à l’homme, l’historique en France, la vaccination (interdiction, retour?), les mesures prises, l’origine de l’épizootie actuelle: le CRJA Rhône-Alpes a réalisé un dossier complet sur la fièvre aphteuse. Huit chapitres pour faire le tour de cette maladie.Source: CRJA Rhône-Alpes6/ Un retour de la vaccination ?Par ailleurs, le risque de réapparition de la maladie sur le territoire national est lié à un risque à l’importation. Or, la vaccination des seuls bovins, qui représentent la moitié des effectifs des animaux sensibles à la fièvre aphteuse, ne diminuerait que faiblement le risque d’apparition de foyer. En outre, le vaccin utilisé qui protège contre certaines souches n’empêche pas l’infection liée à d’autres souches. Aussi, l’élimination des animaux contaminés en cas de réapparition de la maladie reste la méthode la plus efficace car elle permet de tarir complètement la source de virus ; cette élimination devant être la plus précoce possible pour éviter la diffusion de la maladie.Le retour à une politique de lutte basée sur la vaccination (prophylaxie médicosanitaire) représenterait donc un changement majeur dans la stratégie de lutte contre cette maladie qui semble pour l’instant peu envisageable.Il faut en effet distinguer la vaccination préventive de la vaccination d’urgence.La vaccination préventive est mise en place dans le cadre d’une prophylaxie médicosanitaire sur tout ou partie du territoire et sur tout ou partie des espèces sensibles. Cette stratégie de lutte contre la fièvre aphteuse n’est pas scientifiquement justifiée et entraînerait des restrictions commerciales très importantes pendant plusieurs années ainsi que des obstacles majeurs à la circulation des produits à l’intérieur de l’Union européenne. En effet une vaccination préventive pourrait masquer une circulation du virus sur le territoire national. Pour être efficace, la vaccination contre la fièvre aphteuse doit, comme toute vaccination:- être réalisée annuellement, afin d’obtenir une immunité correcte dans une population donnée (la vaccination est plus efficace à partir de la 2e injection)- concerner au moins 75 à 80% de la population.La vaccination préventive n’a jamais été pratiquée chez toutes les espèces sensibles, notamment chez les porcs qui ont une faible durée de vie et pour lesquels il aurait fallu plusieurs campagnes de vaccination annuelles. Cet argument est toujours d’actualité.La vaccination des seuls bovins, qui représentent la moitié des effectifs des animaux sensibles à la fièvre aphteuse, ne diminue que faiblement le risque d’apparition de foyer, la preuve en est que la dernière épizootie française de 1981 s’est déclarée sur des porcs alors que la France vaccinait encore ses bovins. Aussi, l’élimination des animaux contaminés en cas de réapparition de la maladie, certes traumatisante pour les éleveurs et l’opinion, reste la méthode la plus efficace car elle permet de tarir complètement la source de virus. Cette élimination doit être la plus précoce possible pour éviter la diffusion de la maladie et peut donc concerner, comme c’est le cas en France, des animaux qui ne présentent aucun signe de maladie mais qui sont susceptibles d’être contaminés.Aussi bien la FNSEA que la Confédération paysanne se sont prononcées contre la mise en place d’une politique de vaccination préventive, qui ne peut se justifier que pour lutter contre une présence endémique de la maladie. Avant son interdiction, la vaccination préventive concernait chaque année plusieurs millions de bovins en France ; elle constituait donc une source d’activité et de revenu importante pour certains laboratoires et pour les vétérinaires ruraux ; il est bien normal que certains en aient gardé la nostalgie.La vaccination d’urgence pourrait être mise en place, sur autorisation de la Commission européenne, avec pour objectif de limiter l’extension de la maladie lorsque l’abattage préventif des animaux ne peut être réalisé suffisamment rapidement, le principe étant que les animaux vaccinés soient abattus dès que les moyens humains et matériels seront disponibles (puisqu’ils ne peuvent plus être différenciés par des analyses sérologiques des animaux infectés). Il s’agit donc d’une mesure ultime pour freiner la propagation de la maladie.Le dispositif de lutte prévoit toutes les mesures à appliquer en fonction de l'évolution de la maladie.Si les foyers sont limités et ne concernent que les ruminants, il faut privilégier les mesures sanitaires d’abattage des foyers cliniques et mettre en œuvre un abattage à titre préventif des élevages les plus exposés à l’infection.Si beaucoup d’animaux sont affectés cliniquement, si plusieurs foyers sont identifiés en un temps court, si l’infection survient dans une zone de forte densité avec beaucoup d’élevages en périphérie du ou des foyers, la vaccination d’urgence peut être une mesure facilitant la maîtrise du risque. Dans ce cas les conditions de vaccination doivent être adaptées à la situation épidémiologique. Ces vaccinations en anneau sont bien entendu réalisées dans un périmètre restreint autour des foyers.Cette vaccination a pour objectif de diminuer la vitesse de propagation de l’épizootie. Elle permet seulement de disposer de plus de temps pour abattre les animaux dans plusieurs exploitations.Si vaccination d’urgence il doit y avoir, elle est décidée par le Ministre de l’Agriculture après accord de la Commission de l’Union européenne. En France la banque d’antigènes nécessaires à la fabrication d’urgence de vaccins est située au laboratoire de l’Afssa de Lyon.

HTTP://fnsea.fr/dossiers/faphteuse/argu.html

Fièvre aphteuse et vaccination
Pourquoi, en l’état actuel de la situation,
la vaccination ne serait non seulement pas utile,
mais aussi probablement néfaste
Argumentaire FNB - FNGDS

Vacciner n’aurait rien changé par rapport à la menace britannique
Que nous ayons arrêté ou non la vaccination des seuls bovins, l’arrivée en Grande Bretagne du virus se serait donc déroulée dans les mêmes conditions de menace vis-à-vis de notre cheptel. Quand, au début des années 90, l’Europe a décidé d’arrêter de vacciner certains pays dont le Royaume Uni ne vaccinaient pas.
En 1990, nous ne vaccinions que les bovins qui représentent moins de 50% de la population des espèces sensibles (porcins, bovins, ovins et caprins). Or, pour arrêter la circulation du virus dans une zone menacée il faut que 75% de la population sensible soit vaccinée. Ce taux de vaccination serait donc insuffisant et nous aurait conduit à adopter des mesures similaires à celles aujourd’hui mises en œuvre, à base de protection sanitaire : surveillance et abattage dans les points menacés.
Ne pas abandonner la stratégie de prévention
Si nous vaccinions actuellement , alors que nous ne savons pas précisément ni si il y a du virus dans notre pays, ni où il y en a, ce ne serait vraiment pas adapté au plan technique.
Non seulement la vaccination ne prendrait pas le virus de vitesse…
En effet, pour protéger (immuniser) un animal il faut au moins 15 jours - 3 semaines à partir de la vaccination. Le délai d’incubation de la maladie étant en moyenne de 2 à 7 jours une vaccination ne serait pas efficace au moment voulu, c’est à dire lorsque le virus pourrait se répandre.
…mais elle pourrait même s’avérer néfaste
Vacciner, en l’état actuel des choses, serait donc non seulement peu utile mais dangereux. En effet, faire circuler de ferme en ferme des équipes de vaccinateurs dans des endroits où il y aurait du virus comporterait un gros risque de disséminer le virus.
De plus, l’animal vacciné fabrique des anti-corps qui ne sont pas distinguables de ceux qui sont produits par un animal atteint par le virus sauvage. On se coupe donc en zone vaccinale de la possibilité d’utiliser les analyses sérologiques qui constituent des outils de dépistage précieux. Par ailleurs, on sait qu’un animal vacciné peut malgré tout être porteur du virus, ce qui explique les très grosses restrictions au commerce international pour les pays qui vaccinent.
Vacciner aujourd’hui reviendrait à abandonner la politique de prévention au profit d’une politique curative avec en fait un risque d’avoir à abattre beaucoup plus.
Même si elle n’est pas exclue par principe
La vaccination ne serait envisageable, sur autorisation des autorités communautaires, que dans le cas où un risque d’extension forte de la maladie existait, ce qui est loin d’être le cas actuellement. Il s’agirait alors d’une vaccination en anneau autour d’une zone concernée, sachant que dans tous les cas les animaux vaccinés seraient au bout du compte abattus une fois l’épizootie maîtrisée puisque susceptibles de constituer des réservoirs de virus.
En conclusion, le non recours à la vaccination se fonde avant tout sur des considérations techniques, avant les considérations économiques. En 1989 on doit se rappeler que l’Europe était indemne de FA depuis presque 10 ans et que sur les 34 foyers primaires déclarés entre 1977 et 1987, 13 étaient liés à la diffusion de virus échappés des instituts fabricants ou à des vaccins mal inactivés.





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