Team2: Méthodes de lutte contre la Trypanosomiase

Méthodes de lutte contre la Trypanosomiase :

Méthodes de lutte contre la Trypanosomiase :

Traitement du bétail par médication trypanocide :

Les trypanocides sont le principal moyen utilisé pour lutter contre la trypanosomiase animale aujourd'hui. Dans la plupart des pays, les produits sont administrés par les propriétaires de troupeaux eux-mêmes, pratiquement sans supervision des services vétérinaires. Cette utilisation incontrôlée - et habituellement illicite - de médicaments a une incidence considérable sur la répartition et l'importance de la maladie ; sans elle, le bétail serait absent de vastes régions d'Afrique où on le trouve actuellement.

Phénomène de résistance : Certaines souches de trypanosomes sont apparues résistantes à tous les médicaments trypanocides disponibles actuellement mais cette méthode reste la plus utilisée. Le phénomène de résistance aux médicaments est généralement attribué à l'utilisation des trypanocides à des posologies sous effectives qui conduit à l'exposition des trypanosomes à des concentrations sous-curatives. Un autre axe de maîtrise de l'apparition de souches résistantes consiste à alterner les molécules utilisées pour les approches préventives et curatives.


Contrôle des mouches tsé-tsé par largage d’insecticides par avion ou par hélicoptère :

En région de savane, les épandages aériens d'endosulfan ou de dieldrine sont utilisés. Le DDT reste actif mais son utilisation dans la nature fait l'objet de réticences.

Sur les forêts galeries, la déltaméthrine peut être répandue à partir d'hélicoptère.

Dans la forêt, il faut tracer des routes pour pulvériser à partir de véhicules ou bien se servir de pulvérisateurs portés par des équipes de désinsectisation ; on utilise la dieldrine.

La plupart des insecticides restent actifs contre les glossines : DDT, HCH, dieldrine, endosulfan, fenthion, dichlorvos, propoxur, pyréthrinoïdes.

Ils ont souvent été abandonnés. Leur application relevait, en forêt, de la performance sportive et en savane, où les applications par avion sont possibles, de la prouesse financière.


Déploiement de pièges et de cibles imprégnées d'insecticides :

Un bon piège doit exercer un pouvoir d'attraction sur la mouche (couleur, forme, odeur, emplacement); ensuite, il doit la retenir captive (pièges biconiques de Challier-Laveissière) ou bien la tuer (écrans de tissu bleu imprégnés de deltaméthrine) ou encore la stériliser (écrans imprégnés de chimio-stérilisants).

Le piégeage pourrait être confié aux habitants eux-mêmes à condition qu'ils sachent à quoi il sert.

Le piège biconique blanc-bleu de Challier et le pyramidal bleu-noir de Gouteux et Lancien ont été reconnus les plus efficaces et les plus faciles à fabriquer, avec leur armature simple habillée de tissu. Leur prix et la difficulté de leur entretien sont deux obstacles à leur généralisation.

Les écrans, simples morceaux de tissu coloré, imprégnés de produits capables de tuer les mouches, constituent peut être l'ultime simplification. Des études récentes très fouillées font appel à la chimie des fibres textiles, des colorants et des insecticides pour réunir les quatre qualités recherchées: attractivité, résistance aux intempéries, bonne imprégnation et rémanence.

Les mélanges polyester-coton ont la préférence, pour leur résistance à l'usure, la stabilité de leur coloration et leur capacité de retenir une quantité efficace d'insecticide.

Pour la couleur, on hésite encore: le bleu électrique attire le mieux les mouches mais elles préfèrent se poser sur du noir. On hésite aussi sur la nécessité de combiner deux couleurs plus ou moins contrastées et sur la manière de les juxtaposer.

Les insecticides en concentrés émulsionnables sont les meilleurs. Plutôt que les organochlorés trop vite inactivés et trop lents à tuer les mouches, on préfère les pyréthrinoïdes. Les mouches qui viennent se poser sur les écrans doivent être intoxiquées en moins de 10 secondes.

Un écran imprégné résiste pendant 3 à 4 mois mais, en saison des pluies, la rémanence tombe à 45 jours au maximum. Les réimprégnations constituent une manipulation coûteuse et encombrante vu le nombre de pièges nécessaires pour une bonne couverture de la surface à protéger.

En conclusion, le piégeage, qui a pu réduire de plus de 95% la population initiale de mouches dans certaines plantations entretenues, reste une méthode coûteuse vu son extension prohibitive dans le temps et l'espace. Quant à la motivation des villageois, elle est généralement de courte durée si elle a pu être suscitée à un moment. Les écrans ou les pièges sont alors abandonnés à l'agressivité du milieu écologique qui les détruit: soleil, pluie, poussière … C'est pourtant une méthode qui pourrait résoudre le problème des zones éternellement endémiques.


Application d'un insecticide de la famille des pyrèthrinoïdes de synthèse, directement sur les bovins.


Etablissement de barrières chimiques et mécaniques :

Pour isoler une région où une action de réduction de la population de glossines a été entreprise, on peut supprimer la végétation ou mettre en place des écrans avec application d'insecticides rémanents tous les mois (deltaméthrine).


Régulateurs de croissance :

Le diflubenzuron est une hormone qui est très peu toxique pour les vertébrés et biodégradable (elle ne s'accumule pas dans les chaines alimentaires). Elle peut donc être utilisée sur grande échelle dans la nature. Elle n'a pas d'effet sur la glossine adulte, mais les larves pondues n'atteignent pas le stade de pupe (stade nymphal).


Phéromones sexuelles :

Des supports (corde avec des nœuds par exemple) imprégnés de ces substances attirent fortement le mâle et l'invitent à copuler avec ces femelles factices.
Si on a ajouté une substance chimiostérilisante (groupe des Aziridines), la copulation stérilise le mâle par la même occasion.


Utilisation d’animaux trypanotolérants :

Les animaux trypanotolérants se trouvent principalement en Afrique de l'Ouest, bien que certaines races de l'Afrique de l'Est présentent également une sensibilité réduite vis-à-vis des trypanosomoses. Cependant, la recherche a montré que la productivité des animaux trypanotolérants diminue à mesure que le niveau de pression parasitaire des trypanosomoses augmente. Au cours d'une étude, la productivité de bovins N'Dama soumis à une situation de faible pression parasitaire atteignait presque le double de celle présentée par des bovins similaires soumis à une forte pression parasitaire. La productivité dans une situation de forte pression parasitaire peut être améliorée par une utilisation stratégique de médicaments prophylactiques trypanocides et ceci est particulièrement vrai en période de stress, durant la période du pic de pression parasitaire ou lorsque les animaux sont utilisés pour les travaux agricoles.


Introduction de mâles stériles :

La lutte ponctuelle contre les insectes à l'aide de pesticides nuit à l'environnement et est souvent anti-économique. Une conférence internationale FAO/AIEA tenue en Malaisie en juin a proposé une solution plus intéressante: la lutte biologique tous azimuts contre ces insectes. Ainsi, les mouches tsé-tsé - vecteurs de la trypanosomiase animale - ont été éradiquées de l'île de Zanzibar, en Tanzanie, grâce à d'autres mouches. Huit millions de mouches tsé-tsé mâles dans un laboratoire hermétiquement clos ont été stérilisées aux rayons gamma puis lâchées sur les zones infestées. Le résultat a été un contrôle des naissances "naturel": les femelles sauvages accouplées avec des mâles stériles n'ont pas été fécondées. A la fin de 1996, à Zanzibar, les mouches tsé-tsé n'étaient plus que de l'histoire ancienne.
Mais les résultats sont inégaux d'après les espèces et la méthode, laborieuse et très coûteuse, augmente transitoirement la population vectrice. En effet, les mâles aussi bien que les femelles piquent et sont aptes à transmettre les trypanosomes.


Conclusions :

La lutte contre la trypanosomose humaine, généralement assurée elle aussi au moyen de médicaments - encore que la maîtrise des vecteurs puisse être très efficace dans certaines conditions - soulève d'autres difficultés. Les épidémies surviennent en général dans des zones rurales où des troubles civils viennent souvent s'ajouter à des problèmes d'accès; la conception de systèmes optimaux d'utilisation des terres ne revêt pas la même importance qu'avec la maladie animale. Il faut habituellement considérer la lutte contre la maladie du sommeil comme un problème spécifique, aux conséquences tragiques sur le plan humain lorsqu'il n'est pas résolu.

Lors de son introduction dans les années 50, l'usage de trypanocides pour combattre la trypanosomose animale était strictement contrôlé par les services vétérinaires nationaux. A peu près à la même époque, de vastes campagnes de lutte contre le vecteur étaient menées dans plusieurs pays. Nombre de ces campagnes ont permis d'éliminer les glossines de vastes territoires mais beaucoup (pas toutes cependant) se sont soldées par un échec car il s'est avéré impossible de poursuivre la tâche accomplie à un coût acceptable. Aujourd'hui, la situation se présente de manière différente.

Côté négatif, l'usage de médicaments est de plus en plus mal contrôlé. En revanche, de nouvelles techniques de lutte contre les vecteurs, aux effets négligeables sur l'environnement, ont été conçues mais, sauf dans quelques pays, ces techniques n'ont pas été appliquées sur une grande échelle. On peut en conclure que des méthodes efficaces existent pour lutter contre la trypanosomose tant humaine qu'animale dans la plupart des zones agroécologiques où la maladie sévit. Les principales difficultés qui se posent sont d'ordre logistique : assurer correctement l'administration des médicaments ou la lutte contre le vecteur et poursuivre à des conditions financières raisonnables (facteur souvent déterminant) une intervention ayant permis d'obtenir un premier succès dans le cadre de systèmes optimaux d'utilisation des terres (maladie animale). La stratégie générale a également évolué : aux tentatives d'éradiquer le vecteur et la maladie sur de vastes territoires, on préfère désormais des interventions plus limitées dans l'espace au moyen de méthodes de lutte intégrée contre la maladie.


Sources :

Laboratoires LAPROVET : http://www.laprovet.fr/trypan.html
FAO : http://www.fao.org/ag/AGA/AGAH/PD/PROG/FRENCH/Toc.htm
UCL : http://www.md.ucl.ac.be/stages/hygtrop/Wery/vecteurs/jwery20.html
(PROTOZOOLOGIE MEDICALE - M.Wéry - 1995 - Ed.De Boeck)


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