mai 09, 2005

pourt3: Le Figaro - Dossier : effet de serre

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Sujet: [rezo-actu] Le Figaro - Dossier : effet de serre / =?ISO-8859-1?Q?=E9conomies_d'=E9ne rgie_/_=E9nergies_renouvelables?=
Date: Mon, 9 May 2005 09:28:20 +0200
De: Réseau "Sortir du nucléaire"
Pour: Information sur le nucléaire et ses alternatives

Note du Réseau "Sortir du nucléaire" : alors que les projets du nucléaire (EPR, Iter, etc.) et des industries les plus polluantes (Airbus, Viaduc de Millau) sont accompagnés d'une propagande digne de pays totalitaires, voici un dossier qui pose très bien les données : échec programmé des politiques gouvernementales actuelles, mais démonstration que tout est possible... à condition de s'y mettre.
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Le Figaro - [09 mai 2005] - Marielle Court

ENVIRONNEMENT - Depuis février dernier, le texte international visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre s'applique à l'Hexagone

La France s'adapte au protocole de Kyoto

La France, comme cent quarante autres Etats dont une trentaine de pays industrialisés, a signé en février dernier le protocole de Kyoto qui vise à réduire ses émissions de gaz à effet de serre. L'objectif consiste à enrayer le réchauffement climatique. «Les conséquences d'un abandon aux tendances actuelles seraient désastreuses pour l'humanité», explique Serge Lepeltier, le ministre de l'Écologie.

En matière de lutte contre l'effet de serre, le gouvernement français s'est toujours voulu bon élève. Jacques Chirac n'avait-il pas fait sensation en déclarant au Sommet de la terre de Johannesbourg de 2002 : «La maison brûle et nous regardons ailleurs ?» Il y a un peu moins d'un an, un plan climat voyait le jour. Avant son adoption, on avait certes «nettoyé» les mesures les plus contraignantes - exit notamment le système de bonus-malus pour sanctionner ou encourager les achats de voitures «propres» - mais il témoignait d'un engagement.

Aujourd'hui, des «M. Kyoto» fleurissent dans les ministères, les collectivités territoriales, les grands organismes institutionnels voire les entreprises : partout le dossier est pris à bras-le-corps. Avec efficacité ? Certaines grandes associations écologiques font déjà état de leur scepticisme.

Dans la première phase qui court jusqu'en 2012, l'enjeu pour la France ne paraît pas insurmontable. En raison de la prépondérance du nucléaire - source d'énergie qui n'émet pas de gaz à effet de serre - les engagements sont beaucoup moins contraignants que pour certains de nos voisins. Globalement, les trente pays industrialisés qui ont signé à Kyoto doivent réduire leur émission de gaz de 5,2% d'ici à 2012, l'année 1990 servant de référence. C'est une moyenne. Pour l'Allemagne, par exemple, cela doit se traduire par une réduction de 21% alors qu'il suffit à la France de rester au niveau actuel. Ce qui ne veut pas dire ne rien faire : la dérive naturelle d'ici à 2012 accroîtrait de 10% les émissions de gaz.

Tous les secteurs n'ont pas la même responsabilité. Surtout, certains ne cessent de réduire leurs émanations quand d'autres sont loin du compte. Le bonnet d'âne revient aux transports et au bâtiment.

Dans l'industrie, la réduction des gaz à effet de serre rejoint une des priorités de tous les chefs d'entreprise : diminuer la facture énergétique. Du côté des transports, premier responsable français des émanations de CO2, la situation est grave. On ne manque pourtant pas de bonne volonté. Au ministère, on rappelle les engagements pris pour développer les infrastructures non routières - le rail mais également le fluvial et le maritime. «Un appel à projet est en cours pour développer une «autoroute» de la mer sur l'Atlantique. La Méditerranée suivra», explique-t-on dans l'entourage de Gilles de Robien. Le gouvernement entend relancer le ferroutage. «La route augmente de 3% par an alors que le ferroviaire baisse de 1,2% et le fluvial de 2%. Pour les vingt prochaines années, on souhaite endiguer la hausse du routier à 1,5% et augmenter le ferroviaire et le fluvial chacun de 1,2%», dit-on au ministère.

Les constructeurs automobiles européens se sont engagés à ce que les dégagements de CO2 des voitures ne dépasseraient pas en moyenne 140 grammes au kilomètre d'ici à 2008. Or depuis quatre ans, «on est passé à 154 g soit un gain de deux grammes contre 20 g entre 1995 et 2001», rappelaient récemment les responsables de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe).

André Douhault, directeur technique du Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA), se veut plus optimiste. «Les constructeurs français seuls sont à 148,5 g», souligne-t-il. Un résultat qui est à mettre sur le compte du très gros marché des petites voitures diesel : une source d'énergie polluante pour l'atmosphère que l'on respire, mais faible en CO2.

«Le problème de la maîtrise du CO2 est lié au marché», rappelle André Douhault. Pour l'heure, il se vend extrêmement peu de véhicules propres. A cela plusieurs raisons : ces voitures en sont encore à leurs balbutiements et sont plus chères. Quant au biocarburant, le gouvernement a bien fixé des objectifs mais la filière agricole n'est pas prête. Et Bercy, qui subventionne, ne voit pas nécessairement cette croissance d'un bon oeil. Le ministère de l'Écologie prépare également un label CO2 pour les voitures qui guidera les automobilistes dans leurs achats.

Les associations écologistes sont pessimistes : Réseau Action Climat ou Greenpeace assurent qu'au train où vont les choses, la France n'est pas certaine de respecter sa signature d'ici à 2012. Et ce n'est qu'une première étape. En mai 2003, Jean-Pierre Raffarin, lors du débat sur les énergies, a dit qu'il voulait diviser par quatre les émissions de gaz d'ici 2050. Soit 3% de moins par an : un projet extrêmement ambitieux. «Pour Kyoto, on est plutôt optimiste», assure-t-on dans l'entourage du premier ministre. Pour l'après, «c'est un défi autrement plus important».


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Le Figaro - [09 mai 2005] - Propos recueillis par Marielle Court

«Isolons la Terre» cherche à promouvoir un habitat moins polluant

«Les Français attendent que l'État montre l'exemple»

Pascal Eveillard pilote le collectif «Isolons la Terre contre le CO2», un regroupement de treize entreprises du vitrage, de l'isolation et de la ventilation.

LE FIGARO - Pourquoi les émissions de gaz à effet de serre liées à l'habitat ne cessent de croître ?
Pascal EVEILLARD - La France compte quelque trente millions de bâtiments mal chauffés et mal isolés. C'est un parc ancien qui rejette chaque année près de 100 millions de tonnes de gaz à effet de serre. Jusqu'à récemment, l'énergie était peu chère en France. Du coup, nos concitoyens n'étaient pas incités à agir. Les températures de confort sont passées de 19° dans les appartements à 21° et la climatisation se développe très vite. Si rien n'est fait, on passera à 125 millions de tonnes en 2015.
Mais l'État a pris des mesures...
Il a lancé des crédits d'impôts pour l'isolation ou des chaudières neuves. Il sera bientôt obligatoire d'établir un diagnostic énergétique lors de la vente d'un bien. Sur les bâtiments neufs, la législation ne cesse de se renforcer... Mais tout ceci reste nettement insuffisant si l'on veut diviser par quatre les émissions d'ici à 2050.
Que préconisez-vous ?
Il faut s'y mettre tout de suite. Si l'on démarre maintenant, on peut réhabiliter à peu près 400 000 bâtiments ou appartements par an.
Pour quel coût ?
Refaire entièrement un appartement et l'isoler coûte environ 170 euros le mètre carré. Rien d'insurmontable. Mais il faut que le gouvernement le veuille. Or au contraire de l'Allemagne ou de la Suisse, la France n'impose pas à la rénovation des appartements anciens les mêmes normes que pour le neuf. Il n'y a aucune exigence énergétique dans la réhabilitation de 500 000 logements sociaux du plan Borloo.
Les Français sont-ils prêts à suivre ?
Beaucoup d'explications seront nécessaires pour faire comprendre qu'on peut agir très directement contre le réchauffement climatique. Les Français attendent que l'État montre l'exemple et demandent pourquoi il n'y a pas de loi. Ce qui s'est passé en Corse cet hiver est édifiant : après plusieurs semaines de manque d'électricité, tout le monde a demandé qu'on augmente les capacités énergétiques. Personne n'a envisagé d'améliorer l'isolation.


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Le Figaro - [09 mai 2005] - Chalon-sur-Saône : de notre envoyée spéciale Marielle Court

Chauffage au bois, voitures électriques et Maison de l'environnement : une politique offensive
Chalon-sur-Saône, ville pilote et municipalité engagée

Pendant la semaine du développement durable, dans la mairie de Chalon-sur-Saône, de petits compteurs électriques ont fait leur apparition. «Nous souhaitions sensibiliser les employés de l'hôtel de ville au principe d'économie d'énergie et, ainsi, à la réduction des émissions de gaz à effets de serre», raconte Gilles Manière, adjoint au maire chargé de l'environnement. Les appareils ont enregistré la consommation d'électricité durant une semaine. «Nous avons ensuite déposé chaque matin sur les bureaux une petite consigne pratique : penser à éteindre son ordinateur, sa lampe de bureau... La consommation d'électricité a diminué de 7%», ajoute l'élu.

Dans cette ville de 52 000 habitants, le discours sur l'environnement a fait son entrée au début des années 90. C'est désormais un pilier de la politique municipale. «A cette époque, nous avions de gros problèmes de pollution», explique le maire Michel Allex. En 1991, ouvre une Maison de l'environnement destinée aux scolaires et aux entreprises. Pour les premiers, elle crée une mallette pédagogique pour les écoles et les collèges. Pour les seconds, elle dresse des audits afin de les aider à mieux gérer l'énergie.

Cette politique a valu à Chalon d'être désignée ville pilote par la Commission européenne pour son programme Privilèges (Programme d'initiative des villes pour la réduction des gaz à effet de serre) accompagné par le WWF France. Le plus gros chantier concerne le remplacement du chauffage urbain au fuel et au charbon par une filière bois. Installée depuis quelques mois, la nouvelle chaudière assure déjà 9% du chauffage. A terme, l'objectif est de 22%, le reste provenant du gaz. La ville entreprend également d'équiper son éclairage public et ses feux tricolores avec des ampoules à faible consommation. «En changeant les ampoules d'une avenue, on économise 40 679 kW/h sur un an. Le surcoût de 2 250 euros est amorti en dix-huit mois, se réjouit Gilles Manière. Et 1 KW/h, ce sont entre 50 g et 200 g de gaz à effet de serre.»

Petit à petit, la municipalité introduit des voitures propres dans sa flotte. Une navette gratuite fonctionne dans le centre tous les après-midi avec deux grands parkings non payants à chaque extrémité du parcours. Des aides aux installations solaires ont été introduites. Enfin, un nouveau quartier labellisé haute qualité environnementale sort de terre. «Notre but était d'atteindre en trois ans l'objectif européen de réduction de 5,2% des émissions. En un an, nous avons baissé de 2,1%», se félicite Michel Allex.


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Le Figaro - [09 mai 2005] - Grenoble : de notre envoyée spéciale Marielle Court

Dès 1995, le groupe américain s'est engagé contre le réchauffement climatique
Chez STMicroelectronics, le personnel chasse lui-même le gaspi

«Cela coûte cher mais cela rapporte.» Situé dans une zone industrielle grenobloise, cet établissement de STMicroelectronics affiche fièrement les engagements de sa maison mère américaine : baisser de 5% chaque année la consommation d'énergie. «Ce programme engagé en 1995 a été baptisé décalogue de l'environnement», explique Benoît Mollaret, responsable des services généraux.

Du «gagnant-gagnant» selon l'expression consacrée. L'entreprise y trouve son compte en réduisant ses coûts et l'environnement y trouve le sien grâce à la diminution des rejets. «Par rapport à 1995, nous économisons un million d'euros par an, assure Benoît Mollaret. Et nous avons divisé par plus de deux nos émissions de CO2 : de 6 000 tonnes rejetées dans l'atmosphère chaque année à 2 500 tonnes.»

Pour ce faire, STMicroelectronics a non seulement amélioré ses procédés industriels mais a également traqué l'ensemble des gaspillages. Une pièce ne peut rester allumée quand elle est vide ; les fenêtres ont été équipées de vitres qui laissent passer la lumière mais filtrent la chaleur ; l'énergie utilisée pour climatiser les nouvelles salles informatiques peut être reconvertie pour produire du chauffage... Et les investissements se tournent désormais vers l'énergie solaire.

En 2000, une poignée de salariés ont permis de franchir une nouvelle étape. Lassés des bouchons de la circulation et soucieux d'écologie, ils suggèrent de changer de mode de transport pour venir travailler. C'est la naissance du plan de déplacement d'entreprise (PDE). L'entreprise propose une navette gratuite entre la gare et l'usine et elle paie jusqu'à 80% de l'abonnement aux transports en commun. De plus, elle lance une grande opération vélo. «Tous les salariés qui optent pour la bicyclette se voient offrir un kit avec un sac à dos, un casque, un pull, une cape pour la pluie, une bombe anticrevaison. Des douches ont été installées et on offre deux fois par an une révision gratuite du vélo par un réparateur qui vient sur place», explique Pascale Poblet en charge de ce projet.

Et si la météo est vraiment trop mauvaise ? «Les tickets de bus sont offerts. Les salariés ont même la possibilité d'appeler un taxi un jour de grande fatigue.» Autre avantage, ils peuvent entrer sur le site de l'entreprise avec leur vélo quand les voitures restent à la grille. Vincente Micoud n'a pas été convaincue tout de suite. Responsable de l'accueil, elle se doit d'être impeccable. «Un jour, lassée des embouteillages, je me suis lancée, raconte la jeune femme qui circule depuis deux ans en vélo. C'est un gain de temps et j'ai l'impression de faire une bonne action pour l'environnement, un peu comme lorsque je donne mon sang.»

«Lorsque nous avons inauguré ce programme en 2000, cela n'existait que dans les pays nordiques. Aujourd'hui, 250 entreprises l'ont adopté», poursuit Pascale Poblet qui entend bien développer la démarche. «La moitié des 2 200 salariés de STMicroelectronics n'utilisent plus la voiture. Ils n'étaient que 20% il y a quelques années», se réjouit la jeune femme.

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Posted by Sébastien Denys at mai 9, 2005 10:59 AM
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