avril 20, 2005

t3: Conférence de la Haye

Conférence de La Haye (2000)

La conférence de La Haye, tenue en novembre 2000, avait pour objectif de fixer les règles d'application du protocole de Kyoto pour qu'il puisse entrer en vigueur. Trois clans s'y sont affrontés assez âprement.

Le groupe parapluie — constitué des États-Unis, du Japon, du Canada, de la Russie, de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande, de la Norvège, de l'Islande et de l'Ukraine — veut instaurer un marché mondial des droits d'émission de gaz à effet de serre.

Pour sa part, l'Union européenne défend une position qui conçoit le marché des droits d'émission comme un complément aux mesures de réduction. Elle s'oppose également au groupe parapluie sur l'importance à accorder aux puits de carbone (forêts, océans, etc.), qui absorbent naturellement les émissions de CO2 et compensent ainsi pour les émissions polluantes produites par l'activité humaine.

Enfin, le G77, qui regroupe 130 pays en voie de développement, est une coalition hétéroclite de pays directement touchés par l'élévation du niveau de la mer (d'Antigua et Barbuda jusqu'à la République de Vanuatu) et de pays pauvres qui refusent de mettre en péril leur développement économique. Ces derniers rejettent la responsabilité sur les pays riches, plus importants producteurs de gaz à effet de serre. Avec ses 1,3 milliard d'habitants et ses énormes réserves de charbon, la Chine est le poids lourd de ce groupe. De leur côté, l'Inde et l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) veulent être indemnisés pour les pertes prévues dans le secteur pétrolier.

La conférence de La Haye s'est soldée par un échec. Les 180 participants ne sont pas parvenus à s'entendre sur les permis d'émissions et sur l'intégration des puits de carbone dans le protocole de Kyoto. En plus d'échanger des droits d'émissions, les pays du groupe parapluie voulaient comptabiliser l'action des puits de carbone dans le calcul de leurs émissions polluantes.

Dans un document sur les changements climatiques, Steven Guilbault et Jean-Guy Vaillancourt expliquent cette méthode de calcul : « Par exemple, le fait de planter un arbre permettra, pour un certain temps, d'augmenter les puits de carbone, puisqu'il est soumis au processus de photosynthèse et que ce dernier captera et emmagasinera du carbone. Ainsi, pour tout arbre planté, un crédit d'émission de GES sera octroyé, ce qui permettrait par conséquent à un pays ou même à une compagnie d'augmenter les émissions d'origine humaine de GES selon la quantité de crédit acquis. »

« Quand ces entreprises planteront des forêts, elles pourront se targuer de résultats fracassants en sachant très bien qu'il sera impossible à quiconque de démontrer ou d'infirmer ces résultats. C'est vraiment un marché de dupes », affirme pour sa part Michael Obersteiner, de l'International Institute for Applied Systems Analysis de Laxenburg, en Autriche.





« Selon les calculs de Greenpeace (corroborés par d'autres ONG mais aussi par quelques gouvernements), si certains mécanismes du protocole de Kyoto (comme les puits de carbone et le mécanisme pour un développement propre) sont utilisés de façon inadéquate, le protocole de Kyoto pourrait alors devenir un instrument qui justifierait non pas une réduction, mais une augmentation de plus de 15 % des émissions de GES. »
- Steven Guilbault et Jean-Guy Vaillancourt

Posted by Team_4_3 at avril 20, 2005 11:12 AM
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