http://www.inra.fr/Internet/Directions/DIC/PRESSE/Juin00/nb3.htm
Des plantes capables de pousser sur des sols pollués, de dégrader des polluants organiques ou encore d’absorber des métaux lourds : Les chercheurs d’un laboratoire associé de l’ENSAIA1 et de l’INRA2 travaillent sur ces différentes propriétés des plantes. Ces travaux, au stade expérimental, ne permettent pas encore d’envisager des opérations de dépollution à grande échelle. Deux exemples des résultats obtenus par l’équipe sont décrits.
Les différentes facettes de la phytoremédiation
La gestion des sols pollués fait appel à au moins trois stratégies différentes : la phytostabilisation, la phytodégradation et la phytoextraction.
La phytostabilisation consiste à immobiliser la pollution. Il s’agit d’installer un couvert végétal avec des espèces tolérant les polluants. La présence de ces plantes permet de réduire les processus d'érosion et de ruissellement de particules porteuses de polluants et les processus d'entrainement de ces polluants en profondeur.
La phytodégradation consiste à accélérer la dégradation des composés organiques polluants (hydrocarbures, pesticides, explosifs...) en présence de plantes. Cette dégradation peut avoir lieu soit hors de la plante, grâce à l’activité des micro-organismes présents dans l’environnement des racines (rhizosphère), soit dans la plante après absorption du composé puis dégradation dans les cellules.
La phytoextraction est l’utilisation de plantes pour traiter les sols pollués, notamment par les métaux. La pollution des sols par les métaux est l'un des problèmes les plus difficiles à traiter dans la mesure où ils ne sont pas biodégradables. Pour véritablement dépolluer, il faut extraire ces métaux. Il existe des plantes, dites hyperaccumulatrices, capables d’accumuler plus de 1% de métaux dans leurs tissus3. Il s'agit ainsi de cultiver ces plantes, les couper, les sécher, de les incinérer puis de récupérer les cendres. La pollution est ainsi concentrée et maîtrisée.
Phytodégradation d’hydrocarbures dans la rhizophère du maïs
Les chercheurs ont cultivé du maïs sur un sol pollué par des hydrocarbures. Ils ont constaté que leur dégradation était plus rapide et complète qu’en absence de maïs . En cultivant le maïs sur une solution nutritive contenant ces hydrocarbures, ils ont confirmé le rôle des exudats, substances émises par les racines, dans la dégradation de ces polluants. Ces exudats et les polluants sont probablement utilisés conjointement par les micro-organismes du sol, ce qui stimule l’activité de ces derniers.
Phytoextraction de métaux par Thlaspi caerulescens
Environ 400 espèces de plantes ont été classées comme hyperaccumulatrices. Elles se sont généralement développées sur des milieux naturellement riches en métaux, comme par exemple les sols de serpentine, riches en nickel.
Les chercheurs se sont intéressés aux propriétés de Thlaspi caerulescens, hyperaccumulateur de zinc. Ils ont montré que cette plante est capable de pousser sur différents types de sols pollués et qu’elle développe ses racines préférentiellement dans les zones contaminées par le métal. Plus le sol est pollué, plus la teneur de ses feuilles en métaux est élevée. En outre, dans les sols pauvres en zinc mais riches en plomb et en cadmium, cette plante est capable d’accumuler ces deux éléments
1 Ecole Nationale Supérieure d’Agronomie et des industries alimentaires de Nancy
2 Laboratoire associé Sols et environnement, Département environnement et agronomie, Centre de recherche de Nancy
3 ce pourcentage est calculé sur la matière sèche de la plante
Posted by Team_4_1 at février 24, 2005 01:25 PM