Nouvelles notices (10) et thèmes déjà explorées par les étudiants ayant participés à ce séminaire.
Les sujets choisis:
- Phytoremédiation des sols pollués par des métaux lourds
- Lutte biologique et coccinelles invasives (Harmonia axyridis)
- Les puits de carbone
- Evaluation et tracabilité des produits chimiques (REACH)
- Réintroduction des castors en Wallonie
- Mérites et démérites des nanotechnologies
Thèmes proposés
1. Phytoremédiation des sols pollués par des métaux lourds
La pollution des sols, d’origine aérienne ou industrielle, est de plus en plus préoccupante notamment lors de la réhabilitation d’anciens sites industriels. Les techniques actuelles font appel à des méthodes chimiques ou physico-chimiques d’extraction, très coûteuses et dommageables pour l’environnement. La phytoremédiation est une technologie émergente basée sur l’utilisation de plantes pour extraire, contenir ou immobiliser les métaux dans un sol contaminé. La phytoextraction est une technique de dépollution qui utilise des plantes qui tolèrent les métaux et les concentrent dans les parties aériennes. Longue à mettre en œuvre, mais peu coûteuse, elle permet de restaurer rapidement les qualités paysagères des sites. Toutefois, les plantes tolérantes et hyper-accumulatrices sont peux nombreuses, leur efficacité limitée et elles ne couvrent pas tout le spectre des polluants. Des recherches sont engagées pour accroître l’efficacité de cette méthode, notamment le développement de plantes génétiquement modifiées contenant des gènes de bactéries. D’autres techniques font aussi l’objet de recherche pour récupérer les métaux accumulés dans la plante.
2. Lutte biologique et coccinelles invasives (Harmonia axyridis)
La lutte biologique apparaît comme une solution alternative à l’utilisation des pesticides pour lutter contre les ravageurs des cultures, la prolifération des espèces invasives ou des vecteurs de pandémie (moustiques). L’utilisation de coccinelles contre les pucerons a contribué à populariser cette technique. En Belgique, depuis 1997, la société Biobest commercialise une espèce de coccinelle d’origine asiatique (Harmonia axyridis) plus agressive que ses cousines indigènes. Comme précédemment aux Etats-Unis et au Canada, cette coccinelle s’implante dans les écosystèmes naturels, et menace les espèces indigènes et la biodiversité. La situation devient rapidement préoccupante surtout dans le Nord du pays où plusieurs foyers d’infestation ont été détectés. Ceci illustre la nécessité d’une vigilance accrue quant aux effets de l’introduction d’espèces nouvelles dans l’environnement et menace l’image généralement positive associée aux techniques de lutte biologique.
3. Les puits de carbone
Lors de la signature du protocole de Kyoto en 1997, les pays industrialisés se sont engagés à réduire les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2008-2012. Plusieurs pays n’ont donné leur accord qu’en référence à la mise en place de plusieurs mécanismes de flexibilité qui organisent un marché des permis d’émissions. Dans ce cadre, le concept de « puits de carbone » (art. 3§3 et 3§4) recouvre diverses solutions pour emmagasiner le carbone atmosphérique au sein des océans ou des forêts. Si l’idée peut sembler séduisante, elle soulève de nombreuses difficultés lorsqu’il s’agit d’en faire un élément d’une politique de réduction des émissions. Le Groupe Intergouvernemental d’Experts sur les Changements climatiques (GIEC) échoue dans l’élaboration d’un consensus sur des critères permettant d'assurer une sélectivité suffisante. Le cycle du carbone est mal connu, d’importantes incertitudes affectent le calcul de l’absorption du CO2 par les forêts et les surfaces agricoles. Les « puits » sont contestés du fait de leur non-permanence, de leur réversibilité potentielle et en tant que vecteur favorisant les mauvaises pratiques forestières. Certains contestent le bien fondé de l’établissement d’un marché des droits d’émissions. En dépit de ces incertitudes, une entreprise comme Peugeot s’est engagée dans une vaste opération de reboisement au cœur de l’Amazonie brésilienne. Récemment, la volonté de la région de Bruxelles-capitale de s’engager dans un projet de ce type au Congo a été critiquée.
4. Gestion durable des forêts
En 1992, la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement (CNUED), dite Conférence de Rio, a adopté une déclaration de principe sur la gestion, la conservation et le développement durable des forêts (« Principes forestiers » et chapitre 11 du Programme d’Action 21 « Lutte contre la déforestation »). Diverses actions s’en suivirent, dont la mise en place de plusieurs systèmes de certification accordés aux bois produits et exploités dans des conditions de gestion durable des forêts. Ainsi, un grand nombre de filières de certification se sont développées. En ce qui nous concerne, deux systèmes de certification se disputent la forêt wallonne. Ce sont le FSC (Forest Stewardship Council) et le PEFC (Pan European Forest Certification). Récemment, un projet de Code forestier wallon a suscité de nombreuses réactions, ce qui a conduit à son report.
5. Remplacement des peintures antisalissure au tributyl étain (TBT)
Les peintures antisalissure contenant du tributyl étain (TBT de l’anglais ‘tributyl-tin’) utilisées pour la protection des carènes de bateaux, doivent leur efficacité à la toxicité de cette substance pour les espèces marines et plus spécialement les algues et les mollusques. Les ostréiculteurs de la Baie d’Arcachon subissent ces effets (anomalie de calcification de reproduction et de croissance) dès le début des années 80. En 1982, le gouvernement français interdit son utilisation pour les bateaux de moins de moins de 25 m, une mesure qui se généralise rapidement. Des concentrations importantes sont encore observées aujourd’hui dans les sédiments marins, en particulier autour des ports, mais également dans les poissons destinés à la consommation (le produit est connu pour être un redoutable disrupteur endocrinien.) L’expérience du TBT illustre l’importance du développement de méthodes permettant une évaluation des risques non létaux et/ou à long terme. Si la nécessité d’éliminer cette substance recueille un assez large assentiment, les alternatives ne sont pas évidentes (Evans & al., “The TBT Ban : out of the Frying Pan into the Fire ?”, Marine Pollution Bulletin, Vol. 40, No 3, pp. 204-211, 2000).
6. Sous-bassin hydrographique de la Vesdre
A bien des égards, le sous-bassin hydrographique de la Vesdre est un laboratoire en matière de gestion de l’eau. Dans cette région très contrastée, les inondations sont chroniques et la pollution récurrente du fait d’une industrialisation ancienne. Fin des années ’80, la pollution dans l’ensemble du bassin est préoccupante. Plusieurs pollutions causées par Spa Monopole conduisent à la mise en place d’un Contrat de rivière en 1991. Un problème qui prend toute son acuité dans la mesure où le tourisme apparaît comme l’unique reconversion. Le plan d’assainissement du sous-bassin hydrographique (PASH) de la Vesdre a été choisi comme projet pilote dans le cadre de la transposition de la directive européenne 91/271/EEC sur l’épuration des eaux usées. Dans certaines zones, déclarées d’assainissement autonome, les habitations doivent êtres équipées, au plus tard pour le 31 décembre 2009, d’un système d’épuration individuelle. Une consultation publique organisée par la commune de Jalhay-Sart révèle les difficultés pratiques des mesures proposées, les disparités, notamment pécuniaires, entre les habitants et leurs frustrations devant le fait que ni la décision ni ses modalités d’application ne sont à discuter.
7. Interdiction des semences fermières
En 1961, la Convention de l'Union pour la Protection des Obtentions Végétales (UPOV) met en place plusieurs instruments destinés à assurer la protection des obtentions végétales: le Certificat d'obtention végétale (COV) et le Catalogue officiel des semences. Toutes les semences doivent y être inscrites sauf dans deux cas, la recherche et les semences de ferme. Ces dernières années, plusieurs mesures visent à restreindre l’utilisation des semences de ferme. Un règlement européen sur les obtentions végétales (2100/94) prévoit une taxation de ces semences. Les primes de la Politique Agricole Commune (PAC) pour le blé dur sont subordonnées à l’utilisation des semences certifiées. Ces mesures déstabilisent l’équilibre entre rémunération des sélectionneurs d’une part et garantie d’un accès libre aux ressources génétiques d’autre part. Elles ont suscité des réactions de défiance chez les agriculteurs, pour qui elles entravent la préservation des variétés anciennes, contribuent à l’appauvrissement de la base génétique des variétés cultivées et ne sont pas adaptées aux pratiques de sélection de l’agriculture biologique. Enfin dans les pays en développement, 90% des semences des cultures vivrières de base sont des semences fermières.
8. Evaluation et tracabilité des produits chimiques (REACH)
L’impact sanitaire et environnemental de la plupart des 100.000 substances chimiques présentes sur le marché européen n’a jamais été évalué. La Commission européenne a proposé la mise en place d’un nouveau système de réglementation REACH (Registration, Evaluation and Authorization of Chemicals). Ce projet prévoit notamment un système d’enregistrement des substances (> 1 tonne), une évaluation des données (> 10 tonne) et une autorisation spécifique pour les substances les plus dangereuses. Sous pression de l’industrie chimique et au grand dam des associations environnementales, le projet a depuis été largement amendé pour en atténuer la portée.
9. Réintroduction des castors en Wallonie
Autrefois abondant dans nos campagnes, le castor a disparu à la fin du XIXème siècle. Dans le courant des années 9O’, les premiers indices d’une réapparition sont constatés en Wallonie. Ce rongeur, le plus gros d’Europe, est protégé (Convention de Berne, Directive européenne 92/43/CEE transposée par le décret du Gouvernement régional wallon du 06/12/01). Une réintroduction est discutée tandis qu’une association organise des lâchers sauvages. Ces initiatives défraient la chronique et provoquent l’indignation aussi bien des autorités locales et régionales que d’associations environnementales. Selon le point de vue, les castors sont présentés comme des « architectes » de la nature, créant et entretenant des zones humides favorables à la biodiversité, luttant contre l’érosion, limitant l’envasement ou comme des animaux nuisibles responsables de nombreux dégâts (coupes, terriers et barrages). Leur présence implique une gestion coûteuse pour la collectivité.
10. Mérites et démérites des nanotechnologies
Les nanotechnologies sont un ensemble de techniques qui permettent de modifier la structure de la matière à l’échelle du nanomètre. Si peu d’applications ont été développées, cette technologie s’applique à de nombreux secteurs (matériaux, médecine, robotique, agronomie,…). Les nanotechnologies sont régulièrement présentées comme une voie de recherche porteuse de développement économique (un axe prioritaires de la politique de recherche européenne) tandis que des inquiétudes s’expriment sur leur impact sur l’environnement et la santé (par analogie avec les biotechnologies agricoles ou l’amiante).
Thèmes explorés au cours de l’année académique 2004-05
· Au premier semestre
Réforme sucrière: Pour qui l'addition sera-t'elle la plus salée?
Problématique des accords commerciaux communautaires pour l'alimentation animale
Happy culture ? api-rupture ! Les conséquences de l’affaire Gaucho
Fish : c’est fichu ! Réservoir halieutique et poissons d’élevage.
Thèmes explorés au cours de l’année académique 2003-04
· Au second semestre
L’interdiction de l’atrazine pose le problème de son remplacement
La chasse à la baleine. Quel est l’espèce en péril ?
Conservation des ressources phytogénétiques (INIBAP). Entre banane et banane
Biopharming (Meristem Therapeuthics) et la lipase gastrique
Des éoliennes sur le plateau du Condroz . Installation et contestation au nom de l’environnement
Forêt de Soignes et participation citoyenne. Combien sommes-nous ?
Pesticides et usages des pesticides. Dangerosité sudiste et dangerosité nordiste ?
· Au premier semestre
Lâchers de mâles stériles (trypanosomiase)
Les macro-travaux hydrauliques/Water transfer
Fièvre aphteuse : gestion de crise
Diabrotica virgifera
Les abeilles et le gaucho