December 11, 2004

t3: Happy culture ? api-rupture !

Les conséquences de l’affaire Gaucho

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Publié sur le site ActuScience:

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HAPPY CULTURE ? API-RUPTURE !
Les conséquences de l’affaire Gaucho

Depuis les années 50, avec l'essor du commerce des pesticides, les apiculteurs constatent de temps à autre des "épidémies" de mortalité chez leurs abeilles. Depuis le début des années 90, les apiculteurs ont constaté une de ces "épidémies" en France, puis un partout en Europe (Allemagne, Italie, Espagne, Tchéquie, Canada, Danemark,... et Belgique). Ils ont mis en cause une nouvelle génération d’insecticides, dit systémiques, utilisés en enrobage, et plus exactement deux produits: le Gaucho (substance active: l’imidaclopride, produit par Bayer) et le Régent (substance active: fipronil, produit par BASF) à partir de la constatation d’une synchronisation temporelle (la France est le premier pays où ces produits sont distribués) et spatiale (les régions de grandes cultures sont plus touchées).

La France a suspendu l’autorisation de plusieurs insecticides contenant ces molécules. D’autres pays, dont la Belgique, ont décidé de ne pas prendre une telle mesure et attendent les résultats d’une étude sur les multiples facteurs susceptibles d’affecter la survie des abeilles (produits phytosanitaires, climat, maladies, méthodes culturales). Deux décisions qui privilégient la prudence, l’une vis-à-vis des effets négatifs potentiels, l’autre vis-à-vis des implications d’une décision qui ne serait pas scientifiquement étayée. En effet, l’avis des scientifiques, sollicités à plusieurs reprises par le gouvernement français, n’a pas été l’élément déterminant la prise de décision, les rapports rendus établissant que la mortalité des abeilles ne pouvait être uniquement attribuée à l’utilisation de ces insecticides. D’où une contestation de l’efficacité des processus d’homologation par les différentes parties impliquées. Au centre du débat, donc, les effets des produits phytosanitaires à de très faibles doses et les processus d’homologation de ces produits.

La problématique des autorisations de mise sur le marché de ces pesticides illustre l’évolution divergente des intérêts des différents acteurs : elle divise apiculteurs et agriculteurs, partisans du « bio » et firmes productrices de pesticides, spécialistes indépendants et «bayeriens», rendements nécessaires à la subsistance de chacune des parties et exigences de qualité et de sécurité…

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HAPPY CULTURE ? API-RUPTURE !
Les conséquences de l’affaire Gaucho


L’« affaire Gaucho » a suscité beaucoup de bruit. Beaucoup d’entre vous ont sans doute déjà entendu le nom de Gaucho. Actuscience a déjà consacré deux dossiers à son sujet
ð lien vers dossier 1 d’Actusciences
ð lien vers dossier 2 d’Actusciences
Le Gaucho est cependant toujours d’actualité puisqu’en France, le débat a récemment abouti au retrait de la mise sur le marché des semences de maïs et de tournesol traitées au Gaucho jusqu’à ce que la Commission Européenne rende son avis sur le problème.
Tout d’abord, nous vous proposons un rappel de la problématique de la mortalité des abeilles
ð lien vers page « Mortalité des abeilles »
une description des deux pesticides généralement mis en cause (Gaucho et Régent) ainsi que des substances qu’ils contiennent et de leurs applications.
ð lien vers page « Gaucho, Régent et Co : des pesticides apicides ? »
Nous passerons ensuite en revue les autres causes pouvant expliquer la mortalité des abeilles et nous discuterons de la responsabilité du Gaucho.
ð lien vers page « Les abeilles sont fragiles »
ð lien vers page « Le Gaucho : bouc émissaire, victime ou seul coupable ? »
Apparemment, le problème de la responsabilité du Gaucho n’a pas été le seul élément déterminant pour les prises de décisions politiques concernant sa mise sur le marché. Quels sont donc les autres facteurs en jeu ?
ð lien vers page « Les différents acteurs de « l’affaire Gaucho » »
ð lien vers page « Décisions »
Pour terminer, nous avons essayé de cerner les multiples conséquences de ces décisions, à la fois pour le commerce du miel, pour les apiculteurs eux-mêmes et pour leurs relations avec les consommateurs, les agriculteurs, les industries agrochimiques.
ð lien vers page : « les abeilles sauvées ? »
ð lien vers page « l’api-rupture »

N’hésitez pas à nous faire part de vos réactions à ce dossier, à l’une des adresses suivantes :
ltwyffel@ulb.ac.be
jherouet@ulbac.be
vilefebv@ulb.ac.be


Mortalité des abeilles

Depuis le début des années 90, les apiculteurs ont constaté une surmortalité chez leurs abeilles en France, puis un peu partout en Europe (Allemagne, Italie, Espagne, Tchéquie, Canada, Danemark,... et Belgique) et dans le monde (Canada, USA, Amérique du Sud, Asie du Sud-Est, Costarica)
Nous nous sommes limitées à l’étude du problème en Europe, où la surmortalité s’est accompagnée d’une baisse significative de la production de miel problématique pour la survie des exploitations apicoles, au point que l’Etat français a mis en place un fonds d’aide pour les apiculteurs les plus touchés (+ de 40% du cheptel perdu). Une recherche rapide sur Internet permet d’accéder à de très nombreux témoignages d’apiculteurs sinistrés.
Une proposition de résolution du Parlement européen datant du 23 juin 2003 fait également état de la situation alarmante de l’apiculture en Europe.
http://www.google.be/search?q=cache:bOJALnsurKkJ:www.europarl.eu.int/meetdocs/committees/agri/20030709/492167fr.pdf+effets+des+produits+neurotoxiques%2Babeilles&hl=fr

En Europe, les apiculteurs ont mis en cause une nouvelle génération d’insecticides, dits systémiques, utilisés en enrobage, ou plus exactement deux produits - le Gaucho et le Régent - à partir de la constatation d’une synchronisation temporelle et spatiale entre l’utilisation de ces pesticides et la surmortalité des abeilles.
Les symptômes observés sont particuliers : les ruches se dépeuplent sans que l’on ne retrouve beaucoup de cadavres ni que l’on observe d’essaimage. Le nombre d’ouvrières diminuant, le couvain est moins bien nourri et le restant de le ruche souffre de sous-nutrition.

Gaucho, Régent and Co : des pesticides apicides ?

Le Gaucho est produit par la firme Bayer et sa substance active est l’imidaclopride.
Le Régent, lui, est produit par BASF et contient du fipronil.
Ces deux pesticides sont des insecticides systémiques, c’est-à-dire qu’ils se répandant dans tous les tissus de la plante et la protègent donc entièrement. Cela signifie que les graines et le pollen en contiennent également.
Ils présentent de nombreux avantages, liés au fait qu’ils sont utilisés en enrobage. Ils ne sont pas pulvérisés sur les champs mais incorporés dans une pellicule à base d’amidon que l’on « colle » sur les semences. Cela permet :
1) que la substance active soit diffusée tout au long de la croissance de la plante ;
2) que l’agriculteur ne doive pas pulvériser lui-même, ce qui représente un gain de temps et d’argent considérable puisque cela diminue la main-d’œuvre et la consommation en carburant.
3) Cela présente aussi l’avantage de réduire la quantité de produit nécessaire par hectare. De plus, cela diminue les risques de contact des agriculteurs avec le produit.
L’imidaclopride et le fipronil sont utilisés presque partout dans le monde (plus de 140 pays), mais ils sont conditionnés sous plusieurs produits différents.
ð lien vers « imidaclopride »
L’imidaclopride est présent dans 18 produits différents en France, dont différentes sortes de Gaucho, de Confidor, de Provado et de Férial, le Polyaxe, l’Imprimo et le B CHJ, qui sont tous des insecticides utilisés sur des plantes, et enfin dans des produits utilisés pour lutter contre les parasites des animaux domestiques : Quick Bayt, Advantage, Advocate.
Pourquoi mettre ces produits sur les plantes ?
Images : blé, maïs, tournesol, betterave, orge, structure molécule
ð Gaucho => lutte contre les pucerons, les cicadelles et les taupins sur les cultures de tournesol, maïs, blé et betterave.
Au 18 décembre 2002, 50% du maïs était traité « Gaucho ».
ð Férial : à peu près pareil pour les cultures d’orge.
ð Confidor => lutte contre différents pucerons du feuillage sur les arbres fruitiers et les plantes ornementales.
ð Provado => lutte contre des ravageurs divers des plantes d’appartement, destiné à l’utilisation par les particuliers (nettement moins concentré que les autres produits.

Quelle est l’action de l’imidaclopride sur les insectes ?
L’imidaclopride est un agent neurotoxique pour les insectes.

ð Lien vers « fipronil »
Image fipronil
Le fipronil est également commercialisé sous différentes formes, dont la plupart ont été retirées de la vente en France : Régent, Texas, Zoom. D’autres produits y sont toujours disponibles, tels que Afourmi, Cafanet et Formilex. Il s’agit de traitements généraux du sol, principalement destinés à supprimer les fourmis, les cafards, les courtilières…

Pour plus d’informations concernant tous les produits phytosanitaires utilisés en France, consultez le site :
ð lien vers le site http://e-phy.agriculture.gouv.fr/wiphy/


Les abeilles sont fragiles
Les abeilles sont sensibles à un grand nombre de produits mais aussi aux maladies et aux parasites. Par le passé, on a déjà constaté des « épidémies de mortalité » telles que celle que l’on a observée récemment en Europe, mais où l’on peut être sûr qu’il n’y avait pas de lien avec l’imidaclopride ou le fibronil.
Par exemple, dans les années 1920, une épidémie d’acariose a éradiqué les abeilles d’Angleterre.
Les ruches peuvent aussi être frappées par le varroa (Varroa jacobsoni), un acarien que l’on a détecté pour la première fois en 1904 en Asie du Sud-Est. Ce parasite est apparu en France en 1982 et en 1983, il avait colonisé toute la France, causant de gros dégâts dans les exploitations apicoles. Certains produits luttant contre le varroa, par exemple le Périzin, ont également été incriminés dans le phénomène de dépopulation des ruches. Le Périzin rendrait en effet les reines stériles. A noter : ce produit était également commercialisé par Bayer, qui a aussi fabriqué le Coumaphos (que les apiculteurs utilisaient en France bien qu’il n’y soit pas officiellement autorisé) ainsi que le Bayvarol.
En plus d’être un parasite, le varroa est un vecteur de nombreuses maladies des abeilles causées par des virus et des spiroplasmes.
Le varroa, quand il ne tue pas les abeilles, les affaiblit. Il pourrait donc les rendre plus sensibles à l’action des pesticides.
En effet, pour certains pesticides, il n’y a pas eu de controverse comme c’est le cas pour le Gaucho : leur nocivité a été démontrée dès l’essor de leur utilisation, à partir des années 1950. Les pesticides mis en cause étaient en général des organophosphates (ex : méthyl parathion), des carbamates (ex : carbamyl) ou des organochlorés (ex : DDT)
En 1967, aux Etats-Unis, les dégâts causés sur les ruches furent si graves et si évidents que les autorités mirent en place un programme d’indemnisation des apiculteurs touchés par le problème ainsi qu’une agence chargée de contrôler la mise sur le marché des produits phytosanitaires.
ð lien vers articles USA :
http://maarec.cas.psu.edu/bkCD/Pollination/Pesticides_Mortality.html
Un autre problème est que les conditions d’application des pesticides ne sont pas toujours respectées par les agriculteurs.

L’abeille peut être parasitée au niveau de la trachée par un autre acarien, Acaparis woodi.
Comme tout autre organisme, elle présente tout un cortège de maladies typiques, causées par des bactéries, des champignons, des virus…

La dépopulation des ruches pourrait être expliquée par une essaimage intensif et répété.
D’autres facteurs encore ont été pointés du doigt : certains accusent des changement climatiques (point de vue température, humidité de l’air…), des modifications de l’aménagement du territoire (manque de fossés et de mares où les abeilles peuvent boire, manque de haies constituant des refuges), diminution de la biodiversité : y aurait moins de fleurs sauvages et donc les plantes butinées seraient de plus en plus des plantes de cultures, traitées par des pesticides ; d’autre part, une alimentation monoflorale peut entraîner des carences.
ð lien vers divers sites évoquant ces autres causes de mortalité :
http://www.gauches.net/article1025.html

En résumé, plusieurs causes de mortalité des abeilles sont d’origine anthropique. En plus de l’utilisation des pesticides et des modifications de l’environnement et/ou du climat dues aux activités humaines, il est important de noter que la mondialisation de l’économie a aussi des conséquences sur la santé des abeilles : de nos jours, les maladies se répandant plus facilement d’un continent à l’autre ; les apiculteurs s’échangent des reines-mères de différentes variétés, mais aussi des microbes et des parasites… Le varroa aurait été introduit en Europe par ce biais.


Le Gaucho : bouc émissaire, victime ou seul coupable ?
En voyant le nombre de facteurs pouvant affectés les abeilles, nous nous sommes demandés pourquoi le Gaucho avait été pointé du doigt par les apiculteurs et si cette accusation avait été confirmée ou infirmée par des études scientifiques…
Résultats de notre recherche :
ð Bayer affirme que les études qu’ils ont réalisées montrent l’absence de corrélation entre l’utilisation de semences protégées Gaucho et les phénomènes observés sur les abeilles. Cependant, nous n’avons pas trouvé ces études sur Internet.
ð Par contre, nous avons eu l’occasion de lire plusieurs études commandées par le Ministère de l’Agriculture français, réalisées par des experts. Ces études sont d’une lecture peu aisée pour les néophytes et il est difficile d’apprécier leur pertinence.
Nous ne sommes encore que des élèves. Néanmoins, nous avons pu observer dans un rapport de la Comtox (cf lien ci-dessous), le manque de concordance entre les résultats obtenus par différents laboratoires : une analyse concluait à une DL 50 (dose létale 50 = concentration de produit toxique provoquant la mort de la moitié de la population) mille fois inférieure à la DL20 (dose létale pour 20% de la population) trouvée par une autre analyse ! Cette différence est au moins en partie due au fait que les individus testés sont d’âge différent. On voit donc qu’il est nécessaire d’améliorer et d’harmoniser les protocoles servant à déterminer la toxicité pour les abeilles.

De manière générale, les études concluent que l’imidaclopride ne peut être le seul responsable de la dépopulation des ruches et de la baisse de production du miel, sans prouver pour autant qu’il est inoffensif.
o liens
ð Avis de la commission relatif à l'évaluation des risques pour les abeilles de l'utilisation de la préparation Gaucho (imidaclopride) utilisée pour le traitement de semences de maïs en réponse à la saisine du ministère de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche et des affaires rurales, en date du 16 octobre 2002
http://www.agriculture.gouv.fr/spip/IMG/pdf/avis_comtox_gaucho-1.pdf
ð Etude expérimentale du 24 février 2004 de la toxicité de l’imidaclopride distribué dans le sirop de nourrisseurs à des colonies d’abeilles (Apis mellifera) réalisée à la demande de l’AFSSA (Agence française de Sécurité Alimentaire) par Faucon & al., Laboratoire d’études et de recherches sur la pathologie des petits ruminants et des abeilles.
http://www.afssa.fr/ftp/afssa/resume.pdf
ð Avis du groupe "abeilles" de la commission d'étude de la toxicité du 25 mars 2004
http://www.agriculture.gouv.fr/spip/IMG/pdf/gpeabeilles-2-2.pdf
ð Avis du 12 mai 2004 de la commission d'étude de la toxicité en réponse à la saisine de la Direction générale de l'alimentation concernant l'évaluation du risque, pour les abeilles, de l'usage de semences de tournesol et de maïs enrobées de la préparation Gaucho contenant comme matière active l'imidaclopride.
http://www.agriculture.gouv.fr/spip/IMG/pdf/aviscomtoxmai04-2.pdf

Par contre, elles ont montré que le fipronil peut causer des mortalités importantes et rapides sur des ruchers, raison pour laquelle beaucoup de produits contenant du fipronil ont été retirés de la vente en France (Régent, Zoom, Schuss…)

ð Avis de la commission relatif à des mortalités importantes d'abeilles suite aux semis de tournesol dans la région Midi-Pyrénées en réponse à la saisine du ministère de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche et des affaires rurales, en date du 25 avril 2003
http://www.agriculture.gouv.fr/spip/IMG/pdf/comtox_fipronil.pdf


Après avoir abondamment parcouru la littérature disponible sur Internet, nous avons tendance à partager cet avis et nous pensons qu’il y a bien un lien entre l’utilisation des semences traitées Gaucho et les phénomènes observés par les apiculteurs dans les ruchers. En effet, les apiculteurs que nous avons consultés connaissent les symptômes que produisent le varroa et d’autres maladies graves des abeilles. Ces symptômes sont différents de ceux qu’ils ont observé: colonies peinant à se développer, puis diminution du nombre d’individus sans qu’on retrouve de cadavres. Ces symptômes seraient facilement explicables si les abeilles souffraient de troubles nerveux affectant leur sens de l’orientation, ce qui est un des troubles que pourrait causer le Gaucho, de par son action neurotoxique. L’autre explication possible à l’absence de cadavres pourrait être que les abeilles quitteraient les ruches par essaimage. Or les apiculteurs surveillent leurs ruches sans constater d’essaimage anormalement important.

Les différents enjeux de « l’affaire Gaucho »
Plusieurs acteurs ont un intérêt dans le commerce des pesticides.
Dans le cas de l’ « affaire Gaucho »,
· BAYER, qui détient le brevet de l’imidaclopride.
ð lien : Les enjeux/ Bayer
· Les agriculteurs utilisant des semences traitées ainsi que les associations d’agriculteurs.
ð lien : Les enjeux/ Agriculteurs
· Les apiculteurs qui voient leur cheptel se réduire ainsi que les associations d’apiculteurs.
ð lien : Les enjeux/ Apiculteurs
· Les consommateurs => ils veulent des produits sains et bon marché.
ð lien : Les enjeux/ Consommateurs
D’autres acteurs sont supposés impartiaux :
· Le gouvernement
· Les collectifs de scientifiques consultés

lien : Les enjeux/ Bayer
Pour la firme Bayer, l’autorisation de mise sur le marché de la molécule d’imidaclopride est un enjeux économique important, puisque la firme a investi 150 millions d’euros pour sa commercialisation et qu’en 1999 (avant le retrait de son autorisation de mise sur le marché en France), ce produit représentait près de 35% de son chiffre d’affaires (chiffre trouvé sur http://apisite.online.fr/gaucho1.htm).

lien : Les enjeux/ Agriculteurs
Pour les agriculteurs, les enjeux sont également faciles à cerner : sans imidaclopride, les agriculteurs seraient à nouveau confrontés au problème des ravageurs (cicadelles, taupins, pucerons, courtilières…). La production des champs autrefois traités Gaucho risque donc de diminuer.

D’un autre côté, pour les plantes pollinisées par les abeilles, le retrait de l’imidaclopride peut avoir un effet bénéfique s’il restaure les populations d’abeilles : en effet, dans ce cas, la pollinisation sera plus importante et donc le rendement en graines pourrait augmenter.

Sur les plantes non concernées par l’imidaclopride, on devrait récolter plus de graines, tandis que sur les cultures autrefois protégées par le Gaucho ou d’autres substances contenant la molécule, telles que le tournesol, le rendement en graines devrait moins diminuer, rester pareil voire même augmenter.

Si les agriculteurs n’aiment qu’on leur enlève un produit auxquels ils sont habitués, ce produit n’est pas la seule solution pour lutter contre le problème des ravageurs.

Le Cruiser, un insecticide produit par la société Syngenta, pourrait remplacer le Gaucho pour le traitement des semences de betteraves. Son principe actif n'est pas l'imidaclopride mais une molécule proche, le thiamethoxame. Il s'agit également d'un insecticide systémique vendu sous forme d'enrobage de semences.
Syngenta affirme que le Cruiser est toxique par contact direct pour les abeilles, mais qu'il n'y a pas de risque en cas d'enrobage des semences de plantes mellifères (colza, tournesol).

Le retrait du Gaucho pourrait constituer un pas de plus vers l’utilisation de la lutte biologique, qui, si elle nécessite également des études d’impact sur l’environnement, est plus écologique.
Des méthodes de luttes contre les ravageurs visés existent déjà :
ð lien vers exemples de lutte biologique (ci-dessous)
Lutte contre les psylles :
Ex : lutte contre le psylle du poirier grâce à Anthocoris, un hétéroptère polyphage qui est vendu en Belgique.
Lutte contre les aleyrodes :
Ex : lutte contre la mouche blanche grâce à Encarsia Formosa.
Lutte contre les pucerons :
Ex : lutte contre le puceron lanigère (ravageur du pommier/poirier) grâce à Aphelinus mali, un hyménoptère.
De manière générale, plusieurs pucerons peuvent être détruits par l’introduction d’hyménoptères.
Lutte contre les thrips (thysanoptères) :
On peut lutter contre les thrips en utilisant des acariens et de petits hétéroptères.

L’utilisation de PGM (plantes génétiquement modifiées) pourrait également être une solution plus « propre » au problème des ravageurs.

ð lien : Les enjeux/ Apiculteurs
Les apiculteurs espèrent que le retrait de l’imidaclopride résoudra le problème de surmortalité qu’ils ont constaté chez leurs abeilles depuis sa mise sur le marché.

ð lien : Les enjeux/ Consommateurs
De plus en plus de gens exigent une agriculture « bio », n’utilisant pas de pesticides. Les consommateurs penchent donc plutôt pour le retrait des pesticides en général.
Néanmoins, les consommateurs ne sont pas toujours prêts à payer plus cher leurs produits alimentaires. Bon gré mal gré, ils participent d’un système globalement capitaliste, qui encourage le productivisme en agriculture.


Décisions prises en France et en Belgique

Pour l’ «affaire Gaucho », il est très difficile de trouver sur le réseau internet un compte rendu complet des décisions qui ont été prises par les différents gouvernements européens.
En France, les semences de mais et de betterave traitées Gaucho ont obtenu une AMM ( autorisation de mise sur le marché) en février 1992. Les semences se tournesol, elles ont été mises sur le marché en 1993. Ce produit est commercialisé par une grande firme Bayer, fortement implantée dans le commerce de produits phytosanitaires.
C’est en 1994 que l’on recense les premières plaintes des apiculteurs. Ceux-ci accusent le Gaucho d’être responsable du comportement anormal de leurs abeilles et d’une hausse de mortalité au sein de leur cheptel.
En 1998, sous la pression des apiculteurs, le Ministère de l’agriculture commande des études de laboratoire ainsi que des études sur le terrain. Les résultats génèrent des suspicions sur le produit sans pour autant prouver sa responsabilité. En effet, ces études montrent que le temps de rémanence de l’imidaclopride est plus long que celui annoncé par Bayer ( information que Bayer s’est bien gardé de transmettre lors de la mise sur la marché de son produit…). Le Ministère décide quand même par précaution le retrait provisoire de l'AMM du Gaucho en traitement de semences de tournesol. Cette mesure est assez exceptionnelle. En avril (99), Bayer et diverses entreprises de semences ont déposé une requête visant à annuler cette décision qu ‘elles qualifient d’abus de pouvoir de la part du Ministre. L’UNAF (Union nationale des apiculteurs français), le SNA (Syndicat national d’apiculture) et le SPMF (Syndicat des producteurs de miel de France) demandent le maintien de cette décision.

Jusqu’en mai 2004, plusieurs autres études ont été financées soit par les fédérations apicoles ou l’Etat, soit par Bayer et diverses entreprises productrices de semences. Aucune de ces études n’a pu prouver que c’était effectivement le gaucho qui était responsable de la mortalité croissante des abeilles.

Depuis le 25 mai 2004, la France a retiré au Gaucho son AMM pour le traitement des semences de tournesol et de maïs jusqu'à la réévaluation de cette substance par la Commission européenne en 2006. Victoire pour les apiculteurs, craintes pour les agriculteurs, surtout les grands producteurs de maïs. Hervé Gaymard, le ministre français de l’agriculture, s’est s'engagé à trouver une solution dans l'année (c’est-à-dire en 2004).
Bayer se dit étonné et rappelle que la France est le seul pays européen où les AMM du gaucho sur tournesol et maïs ont été suspendues.
Les organisations agricoles s’inquiètent des conséquences selon eux « très graves » de la suspension de l’AMM sur maïs. Ils jugent qu’une perte de 540 000 qx de maïs devrait être enregistrée. Ils demandent au ministre de retirer une décision qu’ils jugent « politicienne et irrationnelle ».

En Belgique, fin des années nonante, le gouvernement avait été alarmé par la problématique Gaucho. Mais le Ministère de l’environnement n’a pris aucune décision, ni n’a commandé quelconque enquête ou étude. Il est vrai que le nombre d’apiculteurs en Belgique est beaucoup moins important qu’en France, et dès lors la pression exercée sur le gouvernement était moins forte !!!
Cependant, il ne faudrait pas croire qu’on ne s’active pas dans notre petit pays. De nombreuses petites associations comme le CARI, les apiculteurs du Hainaut , et des politiciens comme Marie-Rose Cavalier (écolo) tentent de remuer ciel et terre pour que des décisions soient prises à fin de plus vivre des « printemps silencieux » ( printemps où les abeilles sont tellement peu présentes, qu’il règne dans nos compagnes un silence inhabituel pour la saison de pollinisation ).

Actuellement le gouvernement Belge a décidé de ne pas suivre les mesures prises par son voisin et a choisi d’attendre les résultats d’une étude, qui devrait être faite par le CARI, sur les multiples facteurs susceptibles d’affecter la survie des abeilles (produits phytosanitaires, climat, maladies, méthodes culturales).
Les positions belge et française privilégient donc toutes les deux la prudence, l’une vis-à-vis des effets négatifs potentiels, l’autre vis-à-vis implications d’une décision qui ne serait pas scientifiquement étayée.


Un api-end ?
A l’heure actuelle, nous n’avons pas obtenu de données concernant l’évolution des problèmes de mortalité des abeilles en France depuis le retrait de d’autorisation de mise sur le marché du 25 mai 2004.
Il serait intéressant de rechercher des données sur cela après l’épuisement des stocks de semences de tournesol traitées.

L’api-rupture
Mis à part les conditions sanitaires dans les ruchers, qu’a changé l’ «affaire Gaucho » ?
Aujourd’hui, les apiculteurs sont plus unis qu’autrefois. En France, les fédérations les regroupant ont pris de l’importance et ont fait entendre leur volonté haut et fort Ce sont leurs contestations qui ont fait pencher la balance quand le ministre a dû prendre une décision.
On a également pu constater l’émergence de mailing lists et de nombreux sites et forums de discussion liés à l’apiculture sur Internet.
Toutefois, la solidarité que l’on observe chez les apiculteurs s’est parfois construite aux dépens de leurs liens avec d’autres corporations : leurs liens avec les agriculteurs et les arboriculteurs semblent moins forts qu’autrefois. Par exemple, on nous a rapporté que certains apiculteurs rechignaient maintenant à « prêter » leurs abeilles aux cultivateurs de pommes à l’époque où doit avoir lieu la pollinisation.
Si les agriculteurs européens (au départ eux aussi, pour la plupart, de petits producteurs centrés sur une activité familiale) ont été forcés de rentrer dans un système capitaliste de production de masse, les apiculteurs ne sont pas prêts à prendre cette voie. Bien sûr, quelques marques de miel se retrouvent dans toutes les grandes surfaces, mais l’avenir du miel ne se trouve pas dans les rayons de supermarché. Le miel va sans doute devenir un produit de luxe, ciblant la nouvelle bourgeoisie réclamant produits bio et originaux.
Bien qu’ils aient de temps en temps recours à des agents chimiques pour traiter leurs abeilles contre les maladies, les apiculteurs sont souvent écologistes dans l’âme et n’acceptent pas le joug des multinationales, avec lesquelles ils restent fâchés.
L’ «affaire Gaucho » a marqué une rupture entre ces artisans et la logique de productivisme qui prévaut aujourd’hui dans le secteur agricole.

Posted by Sébastien Denys at 05:30 PM | Comments (0)

t4: Fish : c’est fichu !

Réservoir halieutique et poissons d’élevage.

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Fish : c’est fichu !
Réservoir halieutique et poissons d’élevage.

Aujourd'hui, le développement de la pêche industrielle est devenu la cause principale du déclin du réservoir halieutique. Ainsi, il s'ensuit des conséquences écologiques, économiques, politiques et sociales. Pour tenter de restaurer les stocks d’espèces menacées, des quotas de pêche sont imposés, sans pourtant parvenir à enrayer le phénomène (Nature, Vol 423, 15 mai 03). L'aquaculture est présentée comme une solution à cette déperdition et permettrait le repeuplement des eaux. Mais, l’aquaculture est-elle une réelle solution? En effet, elle nécessite d’importantes quantités de poissons, environ 30.000 tonnes chaque année, pêchées pour fabriquer farines et huiles avec lesquelles sont nourris les poissons carnivores élevés dans les fermes. L’aquaculture a aussi un impact sur l'eutrophisation des eaux. Celle-ci est due aux rejets des produits phytosanitaires, aux déjections des poissons et à l'excès de nourriture. De plus, certains poissons peuvent s'échapper de leur enclos contribuant ainsi à la prolifération de parasites et de maladies mais aussi entrer en compétition avec les espèces indigènes. Enfin, des études récentes ont prouvé que les saumons d’élevages contiendraient plus de polluants organiques (PCB, dioxines, etc.) que les saumons sauvages (Science, Vol 309, 9 janvier 04).

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BAAR Camille
DUBOIS Aurélie
SACRE Delphine

Premier grade Bioingénieur.

Encadrement : Sebastien Denys
Professeur : J-C Grégoire

Séminaire d’Exploration de Controverse
AGRO 030

Réservoir halieutique et poissons d’élevage.
Fish : c’est fichu !

Année académique 2004-2005

Introduction

Aujourd'hui, le développement de la pêche industrielle est devenu la cause principale du déclin du réservoir halieutique. Ainsi, il s'ensuit des conséquences écologiques, économiques, politiques et sociales. Pour tenter de restaurer les stocks d’espèces menacées, des quotas de pêche sont imposés, sans pourtant parvenir à enrayer le phénomène.

L'aquaculture est présentée comme une solution à cette déperdition et permettrait le repeuplement des eaux. Mais, l’aquaculture est-elle une réelle solution? En effet, elle nécessite d’importantes quantités de poissons, environ 30.000 tonnes chaque année, pêchées pour fabriquer farines et huiles avec lesquelles sont nourris les poissons carnivores élevés dans les fermes. L’aquaculture a aussi un impact sur l'eutrophisation des eaux. Celle-ci est due aux rejets des produits phytosanitaires, aux déjections des poissons et à l'excès de nourriture. De plus, certains poissons peuvent s'échapper de leur enclos contribuant ainsi à la prolifération de parasites et de maladies mais aussi entrer en compétition avec les espèces indigènes. Enfin, des études récentes ont prouvé que les saumons d’élevages contiendraient plus de polluants organiques (PCB, dioxines, etc.) que les saumons sauvages.

Les pratiques actuelles des pêcheries industrielles dépassent dangereusement la capacité de régénération naturelle des stocks de poissons de mer. L’industrie de la pêche capture actuellement bien plus de poisson que les océans n’en peuvent produire. On constate une diminution des prises en dépit des efforts de plus en plus soutenus qui sont déployés pour les maintenir. Les gigantesques navires industriels, utilisant des sonars à la pointe de la technologie, sont capables de localiser très précisément les bancs de poisson. Ces navires ont à leur bord des usines de conditionnement et d’emballage du poisson, d’énormes systèmes frigorifiques, des chaînes de production de farine de poisson et des moteurs suffisamment puissants pour tirer leurs énormes engins de pêche à travers les océans.

Selon les nations unies, 71 à 78% des pêcheries de la planète sont déjà exploitées à leur maximum, surexploitées ou fortement épuisées. Selon le WWF, plus d’un tiers des espèces qui nagent dans les eaux du globe seraient menacées d’extinction. A cela s’ajoute que la consommation de poissons ne cesse d’augmenter. Même les peuplades alpines se laissent gagner par l’appel de la marée. Aujourd’hui en moyenne, le Suisse mange 8 kg de poissons par an. Ce phénomène n’est pas propre à la Suisse. Mais le poisson est la seule ressource alimentaire de la planète que l’homme ne peut augmenter. Seul moyen de satisfaire la demande : pêcher toujours plus au risque de vider la mer. Les conséquences de cette surpêche sont nombreuses.

Quand une ou plusieurs populations ichtyologiques de poissons baissent fortement, les dynamiques écologiques de l’océan changent. Les prédateurs des espèces en déclin subissent les impacts négatifs du recul numérique de leurs proies. D’autres espèces peuvent commencer à reprendre à leur compte les rôles qui étaient ceux des groupes menacés à leur niveau antérieur. Une espèce dont le rôle est usurpé par une autre peut se trouver condamnée à l’extinction alors même qu’elle ne fait plus l’objet de prises massives. De plus, des mammifères marins et des oiseaux de mer, sont pris accidentellement dans les équipements de pêche. Certaines pratiques de pêche sont également destructrices des habitats ; ainsi le chalutage de fond qui laboure les fonds océaniques.

L’inéluctabilité de cette réduction de la diversité marine aura forcément des répercussion sur l’emploi dans l’industrie de la pêche : les ressources se faisant rares, il est logique de penser que le déclin de la pêche massive approche à grands pas. Beaucoup de compagnies de pêche verraient leur activité diminuer ou se restreindre au prélèvement d’espèces totalement inconnues jusqu’alors aux yeux des consommateurs. La perte de diversité des espèces est le résultat de négligences politiques. Les mesures de restriction de la pêche par les autorités politiques s’avèrent malheureusement trop timides. Soucieux d’engranger des retombées économiques et politiques à court terme, les gouvernements sont très tentés de maintenir les quotas de pêche à un niveau élevé. De plus, un certain décalage se ressent entre le développement des techniques de pêche sophistiquées lors de la période de haute croissance d’après guerre et l’étude des données recensant un épuisement des ressources halieutiques.

Chapitre I : La surpêche


I. Préserver les jeunes poissons pour assurer la pêche de demain

Depuis plus de vingt ans, on constate une dégradation sensible et continue des stocks essentiels de certaines espèces : on pêche trop intensément et de trop petits poissons. Le nombre élevé des bateaux de pêche et l’accroissement de leur efficacité ont conduit à une intensification de l’exploitation des ressources de la mer. La quantité de poissons adultes ayant diminué, la pêche s’est alors tournée vers des plus petits poissons, réduisant ainsi le nombre de femelles atteignant l’âge de se reproduire, ce qui menace le renouvellement des générations. Parallèlement, la situation économique des entreprises du secteur s’est dégradée :baisse des rendements et chute de la rentabilité. Dans un nombre croissant de zones océaniques, les pêches relèvent de la compétence d’organisations régionales de gestion des pêches. Par contre, dans les eaux continentales, les grandes pêches dans les fleuves et les lacs importants pâtissent souvent d’une mauvaise gestion. Dans la plupart des cas, les pêches continentales relèvent seulement de la juridiction nationale.
Pour remédier à cette situation, une série de mesures ont été prises au niveau européen.

Après plus d’un an de discussion, un règlement sur les mesures de conservation des ressources de la pêche dans les eaux de l’union européenne fut adopté par le Conseil des Ministres de la pêche des quinze pays membres de l’UE lors de la réunion de mars 1998. L’objectif de ces mesures est double : préserver les poissons immatures.

Le nouveau règlement :

· accroît la taille des mailles qu’il convient d’utiliser pour un ensemble de pêcheries, de la mer du Nord au Détroit de Gibraltar ;
· simplifie les règles en vigueur, les rendant plus facilement applicables pour les pêcheurs et donc contrôlables ;
· garanti une plus grande efficacité du système.

Ainsi l’Union européenne agit sur plusieurs fronts à la fois : réduction des capacités et des efforts de pêche, protection des jeunes poissons, meilleure application de la réglementation, responsabilité de l’ensemble du secteur de la pêche, ainsi que des consommateurs.

Les prévisions mondiales concernant les limites maximales des pêches de capture se vérifient de plus en plus lors de ces dernières années. On s’inquiète également du fait que le rythme et l’orientation de la recherche et les systèmes d’information sur les pêches qui l’appuient évoluent lentement alors qu’il est plus que jamais nécessaire de comprendre les rapports entre pêche et environnement et entre aménagement des pêches et développement. C’est parce que l’on a pris conscience du fait que la surcapacité de pêche et l’ampleur mondiale des opérations halieutiques continuent d’avoir des effets néfastes sur les stocks de poisson que l’on reconnaît plus facilement que l’aménagement des pêches et des investissements à long terme doivent tenir en compte l’environnement et les changements climatiques. Le manque fréquent de données fondamentales sur les pêches de subsistance et artisanales, contribue à l’échec des tentatives d’aménagement et d’élaboration de politiques visant à empêcher la surexploitation, la diminution des stocks et l’augmentation de l’insécurité alimentaire rurale et de la pauvreté.


II. Situation mondiale des pêches et de l’aquaculture (FAO)

La production mondiale des pêches de capture et de l’aquaculture ainsi que les disponibilités de poisson à des fins alimentaires sont actuellement à leur plus haut niveau, en fournissant plus de 15% du total des protéines animales. En 2000, les pêches de capture, en milieu marin, s’élevaient à 86 millions de tonnes. La Chine est le plus gros producteur avec 41,6 millions de tonnes en 2000 dont 24,6 millions proviennent de l’aquaculture.

La population mondiale, à l’exception de la Chine, a augmenté plus rapidement que la production totale de poisson destiné à l’alimentation, d’où une diminution des disponibilités mondiales de poisson par habitant qui sont passées de 14,6 kg en 1987 à 13,1kg en 2000.

La relative stabilité de la situation des captures mondiales masque des disparités régionales. Dans le Pacifique Nord-Ouest, le total des captures déclaré a doublé pour atteindre 23 millions de tonnes en 2000 dont la part de la Chine atteint les 60%.

A l’inverse des pêches de capture, la production aquacole a continué d’augmenter de façon notable.

TABLEAU 1Production et utilisation des pêches mondiales
1996 1997 1998 1999 2000 2001*
en millions de tonnes
PRODUCTION
PÊCHES CONTINENTALES
Pêches de capture 7,4 7,5 8,0 8,5 8,8 8,8
Aquaculture 15,9 17,5 18,5 20,1 21,4 22,4
Total des pêches continentales 23,3 25,0 26,5 28,6 30,2 31,2
PÊCHES MARINES
Pêches de capture 86,1 86,4 79,3 84,7 86,0 82,5
Aquaculture 10,8 11,1 12,0 13,3 14,2 15,1
Total des pêches marines 96,9 97,5 91,3 98,0 100,2 97,6
Total des pêches de capture 93,5 93,9 87,3 93,2 94,8 91,3
Total de l’aquaculture 26,7 28,6 30,5 33,4 35,6 37,5
Total des pêches mondiales 120,2 122,5 117,8 126,6 130,4 128,8
UTILISATION
Consommation humaine 88,0 90,8 92,7 94,4 96,7 99,4
Utilisations non alimentaires 32,2 31,7 25,1 32,2 33,7 29,4
Population (milliards) 5,7 5,8 5,9 6,0 6,1 6,1
Disponibilité par habitant de poisson
destiné à l’alimentation (kg) 15,3 15,6 15,7 15,8 16,0 16,2
A l’exclusion des plantes aquatiques*Estimations préliminaires.



En 2000 les captures de poisson ont été d’environ 78 millions de tonnes soit 0,8 millions de plus qu’en 1998. Les captures d’Asie et d’Afrique ont quant à elles augmenter au cours de ces dernières années. Celles d’Europe, d’Amérique du Nord, d’Amérique du Sud et d’Océanie sont restées relativement stables. C’est dans les pays en voie de développement qu’a lieu l’essentiel des captures en eaux continentales qui constituent dans la majorité des cas une importante source de protéines animales.

TABLEAU 3Production des pêches continentales par catégorie économique
Catégorie économique Production en 2000 (millions de tonnes) Pourcentage de la production mondiale
Chine 2,23 25,4
Autres pays ou zones
en développement 5,93 67,4
Economies en transition 0,41 4,6
Pays industrialisés 0,23 2,6
Total 8,80


En 2000, la production totale des pêches marines était de 86 millions de tonnes, retrouvant ainsi des niveaux proches des maximums historiques de 1997. L’évolution récente du total des débarquements mondiaux provenant des ressources des pêches marines naturelles peut s’expliquer en grande partie par le déclin puis la reprise rapide qui ont suivi le passage d’EI Nino en 1998. La situation mondiale des principaux stocks de poissons marins, pour lesquels on dispose de données d’évaluation, suit la tendance générale observée les années précédentes.

Dans l’ensemble, parallèlement à l’intensification de l’effort de la pêche, le nombre des ressources halieutiques sous-exploitées et modérément exploitées continue à diminuer. Quant aux stocks totalement exploités, ils restent relativement stables, alors que le nombre de stock surexploités, épuisés et en voie de reconstitution sont en hausse.

On estime que 25% des principaux stocks ou groupes d’espèces, pour lesquels on dispose de données, sont sous-exploités ou modérément exploités. Environ 47% des principaux stocks ou groupes d’espèces sont pleinement exploités et font, par conséquent, l’objet de captures ayant atteint leurs limites maximales. Ainsi, près de la moitié des stocks marins mondiaux n’offre aucun espoir raisonnable de nouvelle expansion. Dix-huit autres pour cent seraient déjà surexploités.

Les perspectives d’expansion ou d’augmentation de la production provenant de ces stocks sont négligeables, et il est de plus en plus probable qu’ils continueront de diminuer, de même que les captures, si aucune mesure corrective n’est prise pour réduire la surexploitation. Les 10% restants sont largement épuisés. La reconstitution des stocks suppose des réductions spectaculaires et durables de la pression sur les pêches et/ou l’adoption de mesures visant à éliminer les conditions qui ont contribué à la surexploitation ou à l’épuisement du stock.

Poissons par secteur de pêche

Dans le cadre de ce dossier, nous nous limiterons à quelques zones de pêche :

Le total des captures de l’Atlantique Nord-Ouest est resté relativement stable ces 10 dernières années. Par contre, le fait que les stocks d’églefin, de saumon mâle et de cabillaud n’aient pas réagi aux mesures d’aménagement rigoureuses qui ont été adoptées dans cette zone est particulièrement inquiétant.

Dans l’Atlantique Sud-Est, l’essentiel des variations est causé par des fluctuations de l’abondance et, par conséquent, des captures de petits pélagiques, en particulier le maquereau du Cape, l’anchois d’Afrique et le pilchard d’Afrique australe. Après avoir été sérieusement épuisés, les stocks de ces deux dernières espèces montrent des signes de rétablissement.

Dans l’Atlantique Centre-Est et dans le pacifique Nord-Ouest, le total des captures s’est stabilisé à des niveaux relativement élevés.

Dans l’Atlantique Sud-Ouest, les captures totales annuelles diminuent. Cette zone est sérieusement touchée par l’épuisement des stocks et par conséquent par la baisse des captures de l’un des stocks les plus important, le merlu d’Argentine.

Dans le pacifique Sud-Ouest, le total des captures annuelles a brusquement baissé suite au passage d’EI Nino et de l’épuisement des stocks d’anchois du Pérou notamment.

Quant au thon, la plupart des stocks sont totalement exploités dans tous les océans et certains sont surexploités, voire épuisés. C’est la surcapacité des flottes de thoniers qui en serait responsable dans plusieurs de ces zones. La situation des stocks de thon rouge du Nord et du sud de l’Atlantique, de l’océan Pacifique et de l’océan Indien, est particulièrement préoccupante. Ils sont dans la plupart des cas surexploités et gravement épuisés.

En ce qui concerne les stocks d’hoplostète orange, de béryx et de saint-pierre, pêchés en zones profondes à des latitudes élevées, la situation est aussi inquiétante. La plupart de ces stocks augmente lentement. Ces derniers sont constitués d’espèces qui vivent longtemps et qui sont donc particulièrement susceptibles d’être épuisées surtout lorsque leur répartition, leur abondance et leur dynamique sont largement inconnues.


Chapitre II : L’aquaculture


L’aquaculture est-elle la solution au problème de la surpêche ?

Avant de répondre à cette question, nous allons dans un premier temps exposer les différentes techniques de l’aquaculture ainsi que la production aquacole. Dans un deuxième temps, nous envisagerons les avantages et inconvénients liés à cette technique.


I. Généralités

1.1 Un petit bout d’histoire…
La pisciculture est née en Chine il y a environ 4000 ans. Plus tard, les romains construisaient des vivriers remplis d’eau salée dans lesquels ils versaient des poissons qu’ils avaient pêchés pour avoir du poisson frais en permanence. En Europe, le développement de la pisciculture en étang accompagne au Moyen - Âge celui des abbayes. Au quinzième siècle, la valliculture est pratiquée en Italie. Cette technique consiste à maintenir en enceinte close des poissons capturés lors de leur remontée vers les eaux saumâtres. Au milieu du 18ème siècle, l’allemand Jacobi réussissait les premières fécondations artificielles de salmonidés ainsi que les premiers élevages. Il faut ensuite attendre un contexte de " fièvre aquimaniaque " prônant un rivage converti partout en fermes aquatiques pour que les premières " piscifactures marines" soient crées (en 1878 aux Etats - Unis et en 1883 en Norvège).En 1925, la première expérience de sélection sur la truite mouchetée a lieu en ne retenant que les individus résistants à une bactérie. Suite à cela, les pisciculteurs effectueront systématiquement une sélection des poissons les plus gros. L'"aquaculture nouvelle", qui fait référence au développement de la pisciculture en mer, s'est développée à la fin des années 70 au Japon avec l'engraissement de la sériole et en Norvège avec les premiers essais d'élevage de truites en cages. Dans les années 80, des sélections génétiques ont permis l’obtention d’espèces monosexuées et triploïdes. Le mono sexage est une pratique visant à obtenir des populations du même sexe car, selon les espèces, le mâle ou la femelle s’avère de plus grande taille. En 1985, les premiers poissons transgéniques apparaissent dans plusieurs pays.
1.2 Subdivisions de l’aquaculture

L’aquaculture se compose de trois grandes familles :

· L’élevage de poissons en eau douce (dulçaquicole).

· L’élevage des poissons marins : cette technique est plus récente car initiée dans les années 70 et techniquement plus complexe. Elle s’est développée d’abord à partir de salmonidés (gros œufs) ou de la capture de juvéniles sauvages (sériole au japon).

· L’élevage de mollusques marins : il s’agit d’une activité plus traditionnelle qui ne requiert pas l’alimentation des animaux puisque les mollusques sauvages se nourrissent des nutriments naturels du milieu, ce qui peut entraîner de fortes fluctuations du fait des risques écologiques. Ainsi, il est à noter que la conchyliculture ainsi que l’ostréiculture ne posent aucun problème écologique majeur contrairement à la pisciculture et à la crevetticulture.

1.3 Productions

En 10 ans, les quantités de poissons issus de la pêche n’ont quasiment pas augmenté alors que la production de poissons d’élevage a doublé entre 1992 et 2002 (en effet, celle-ci est passée de moins de 10 millions de tonnes à plus de 25 millions de tonnes).

1.3.1 En milieu continental

La carpe est l’espèce la plus élevée au monde. La Chine en produit à elle seule 11 millions de tonnes par an. Ensuite vient le tilapia qui est élevé dans les pays intertropicaux du globe. Et enfin en troisième position se trouve le saumon atlantique qui est principalement produit en Norvège.

Graphique montrant la production des espèces les plus élevées dans les fermes piscicoles :


Carte montrant la production ainsi que la répartition des différentes espèces élevées dans le monde :

1.3.2 En milieu marin
La production de poissons marins est récente par rapport aux autres productions aquacoles. Les premières productions significatives datent du début des années 80. On constate cependant que la production de sériole, initialement la plus importante, tend à diminuer car elle est toujours tributaire de l'approvisionnement en juvéniles sauvages pêchés. Par contre, l'ensemble des autres espèces voit une augmentation considérable de la production (+ 1700 % depuis 1984) avec une diversification (catégorie "autres") de plus en plus importante. Les principales espèces produites sont : les chinchards, la dorade japonaise, le bar et la daurade européens, d'autres percidés, les mulets ..

Graphique montrant l’évolution dans le temps de la production piscicole marine de diverses espèces :


Graphique de la production de diverses espèces au fil des années :


Production aquacole de la Chine (en jaune) au cours du temps :

1.4 Coût de production

A partir de ce graphique, nous pouvons constater l’importance relative du poste « aliment » dans le coût de production du saumon. Il tend à se rapprocher de celui d’une filière d’élevage terrestre classique et montre le niveau de maîtrise bio-technique atteint par cette filière piscicole.

1.5 Quels sont les poissons que l’on peut manger sans mauvaise conscience ?

La réponse n’est pas simple. Certaines espèces devraient être temporairement bannies de nos assiettes pour leur laisser le temps de se reproduire. Dans d’autres cas, c’est face à la provenance ou au mode de pêche qu’il faudrait s’abstenir. Certaines espèces sont clairement à éviter. Le cabillaud est l’un des poissons les plus consommés en Suisse. Pourtant, dans l’océan Atlantique, les stocks sont descendus à des niveaux alarmants. Pour l’UICN ( Union mondiale pour la nature), l’espèce est classée comme vulnérable. Seule exception, les poissons provenant des eaux islandaises et norvégiennes, mais la provenance est rarement indiquée. L’églefin ou le Haddock, est souvent pêché dans les même filets que la morue et avec les mêmes conséquences dévastatrices. L’espèce est également classée comme vulnérable. La baudroie, ou la lotte, est un poisson qui se reproduit à un âge avancé. Les individus capturés sont extrêmement vulnérables à la surpêche et jouent un rôle au sein de l’écosystème. Plusieurs espèces figurent sur la liste rouge et font l’objet d’une réglementation internationale. Cependant, un grand nombre d’espèces ne sont pas gravement menacées, mais les biologistes considèrent que la pression de la pêche est à la limite de ce que les stocks peuvent supporter. Ces poissons sont en sursis. Il s’agit de la sole, de la sole limande, de la plie, du colin, du merlu et du hareng. Dans cette même catégorie pourrait figurer le thon. La famille comporte une vingtaine d’espèces, dont certaines figurent sur la liste rouge. Le thon en boîte pose relativement peu de problème, pour autant que la pêche préserve les dauphins. En revanche, certains thons rouges de méditerranée sont victimes de l’appétit des consommateurs japonais et pourraient disparaître rapidement. Enfin, un certain nombre d’espèces sont relativement bien préservées. Le saumon vient en tête des ventes helvétiques. L’espèce la plus consommée est le saumon d’Atlantique. 99% des poissons proviennent d’élevages norvégiens et écossais, il n’y a donc pas de risque de surpêche. Par contre, l’aquaculture a eu des graves conséquences sur les espèces sauvages, notamment en introduisant des maladies dans l’écosystème. Quant au saumon sauvage d’Alaska, les stocks sont bien gérés par les pêcheurs. La truite est dans la même situation. En général, nous consommons la truite arc-en-ciel d’élevage, et non pas la fario sauvage qui est menacée. Dans le même groupe, on trouve des espèces qui se reproduisent rapidement. Les plus connues étant la sardine et le maquereau. Enfin, trois espèces proviennent de plus en plus d’élevages :le bar, la daurade et le turbot.


1.6 Pêcheurs et aquaculteurs

L’emploi dans les secteurs de la pêche et de l’aquaculture a continué à augmenter dans de nombreux pays au cours des 30 dernières années. En 2000, on estimait que 35 millions de personnes étaient directement engagées dans les pêches et l’aquaculture dans le cadre d’un emploi à plein temps.

Les pêcheurs et les aquaculteurs sont très nombreux en Asie suivie de l’Afrique, de l’Europe, de l’Amérique du Sud, de l’Amérique du Nord et de l’Océanie. En 2000, sur 1,3 milliards de personnes économiquement actives dans l’agriculture dans le monde, les pêcheurs et les aquaculteurs représentaient 2,6% contre 2,3% en 1990. Sur les 35 millions de personnes actives, le nombre de pêcheurs a augmenté d’un taux moyen de 2,2% par an depuis 1990 alors que celui des aquaculteurs a augmenté d’une moyenne annuelle de 7%. Si les ménages employés dans l’aquaculture tiraient en moyenne 64% de leurs revenus d’activités liées à l’aquaculture, celles liées à la pêche représentaient en moyenne 38% du revenu des ménages de pêcheurs.

1.7 Aquaculture le métier

La durée de délivrance d’une concession, en France, est de 35 ans au maximum, mais elle peut être beaucoup plus courte dans certain cas. Cependant, la durée de ces autorisations ou concessions est limitée. C’est ainsi que la loi sur l’eau pose clairement le principe que « l’autorisation peut-être retirée ou modifiée, sans indemnité de la part de l’état exerçant ses pouvoirs de police ». Dans ces conditions, la valeur d’une entreprise piscicole peut être fortement dépréciée quand approche la fin de période d’autorisation (entre 10 et 30 ans en général), surtout si des doutes apparaissent quant à la possibilité que l’autorisation soit renouvelée.

L’aquaculture est exposée à différents types de risques (piscicoles) peuvent être identifiés, comme les risques pathologiques (parasitoses, viroses), écologiques (pollutions, dystrophies, plancton toxique), météorologiques (vent, températures, inondations), les risques techniques et humains (qualification du personnel, maîtrise technique, qualité des équipements électriques), les risques liés aux intrants (aliments, juvéniles), les risques divers (conflits d’utilisation des sites, dégâts accidentels) et enfin les risques commerciaux (perte de marché à la suite de pollution accidentelle du milieu d’élevage). Il est à noter que l’aquaculteur peut s’assurer contre tous ces risques.

L’étude du fonctionnement économique des entreprises aquacoles met en évidence deux caractéristiques originales qui sont, d’une part, la dépendance vis-à-vis du milieu naturel, et, d’autre part, l’insertion de leur production dans le marché fortement concurrentiel des produits aquatiques. Par rapport à la pêche, dont l’activité dépend totalement d’une ressource renouvelable, c’est à dire d’une ressource faisant l’objet d’une exploitation par l’homme sans que celui-ci puisse en influencer le renouvellement (sinon par la réglementation), l’aquaculture permet d’accroître la productivité du milieu naturel et de modifier partiellement le produit, en fonction de la nature de la demande.
Afin de contrôler le plus grand nombre possible des facteurs de production, les entreprises aquacoles mettent en jeu des technologies, des équipements et de la main-d’œuvre de plus en plus spécialisés. C’est ce qu’on appelle le processus d’intensification des techniques de production aquacole.

1.8 Etapes de l’élevage de poissons

1)L’obtention de juvéniles

· On capture dans la nature de jeunes individus qui sont ensuite élevés.
· Ou on peut récolter les œufs déjà fécondés en milieu sauvage. Ensuite, on en assure l’incubation ainsi que l’élevage des larves en milieu artificiel.
· Ou on élève les reproducteurs en enceintes artificielles de façon à ce que leur maturation sexuelle et la ponte aient lieu, soit spontanément, soit après l’intervention de l’homme (par exemple par injection hormonale).Les ovules sont d’abord récupérés dans un bac, puis recouverts de laitance. Enfin de l’eau y est ajoutée afin d’initier la fécondation.

2)Incubation

Après fécondation, les œufs vont séjourner une vingtaine de jours dans un incubateur. Les œufs morts sont éliminés et les embryons vivants transférés dans un bac d’éclosion.

3)L’élevage des larves

C’est l’étape la plus délicate. En effet, le poids de la larve à l’éclosion est de l’ordre du mg et sa bouche ne lui permet que l’ingestion de petites proies de quelques centaines de micromètres. Pour adapter son alimentation à son âge, on élève des algues et des crustacés minuscules. Ce sont des élevages supplémentaires qu’on tente d’éviter en mettant au point des micro-granulés pour larves.

4)Pré grossissement

Juste après la métamorphose, il est rare que le juvénile puisse être transféré directement dans les structures d’élevage définitives où s’effectuent croissance et grossissement. La taille réduite de l’animal à ce stade oblige à passer par un stade intermédiaire de pré grossissement en nurseries.

5)Croissance et finition

En élevage intensif, croissance et finition s’effectuent dans des structures de différents types ( voir structures d’élevages ). Le grossissement dure de un à trois ans. Durant cette période, les poissons sont régulièrement triés et répartis dans différents bassins en fonction de leur taille. Ceci afin d’éviter que de gros poissons n’entravent le développement des petits.


Pour illustrer ces différentes étapes, nous prenons l’exemple de la plus grande ferme piscicole d’Europe : Aquanord

En France, dans la commune de Gravelines, face à la mer, se situe la plus grande ferme piscicole d’Europe. L’entreprise s’appelle Aquanord, ses activités ont commencé en 1983. Tout d’abord il y a eu quatre années pendant lesquelles tous les tests possibles furent réalisés : tests sur les rejets, sur l’alimentation, sur l’oxygène, sur la température. Une station de l’Ifremer était annexée à Aquanord qui était là pour faire tous les contrôles avec l’Institut Pasteur.

Les bassins de la ferme sont alimentés par les quantités d’eau qui traversent la centrale nucléaire voisine. Comme la température de cette eau oscille entre 15 et 22 degrés toute l’année, cela permet d’élever sur les côtes de la Manche, des poissons méditerranéens. Aquanord produit du bar et de la daurade royale.

En pisciculture, l’étape la plus délicate est la reproduction. En décalant l’éclairage dans le temps, on parvient à obtenir, au moment où on le souhaite, les conditions de lumière du printemps. Ainsi, les poissons pondent toute l’année. Tous les ans, l’entreprise récolte des nouveaux animaux en pleine santé, conformes aux niveaux des taux de graisse, de la forme, du taux de croissance. Ainsi, en sélectionnant les plus beaux spécimens, l’écloserie marine d’Aquanord est devenue l’un des plus gros producteurs d’alevins de bars de la planète.

Même si les parents ont été soigneusement sélectionnés, les juvéniles ne grandissent pas tous à la même vitesse, il faut donc les trier régulièrement. L’opération vise à éviter que les plus grands n’accaparent toute la nourriture et empêchent les plus petits de se développer. Les poissons sont donc régulièrement pompés hors de leurs bassins et séparés par tailles. Amenée par camions entiers, l’alimentation est constituée de croquettes composées pour moitié d’huile et de farine de poissons, et pour moitié de végétaux. Quel que soit l’âge, le régime est le même, seule change la grandeur des croquettes. Pour obtenir un kilo de bar ou de daurade, on compte environ 2 kg de nourriture. Il faut attendre 14 mois pour que les bars atteignent une taille commercialisable. Les poissons ne sont récoltés qu’à partir de 2 ans et sont tués par immersion dans un bain d’eau glacée. Aquanord s’inscrit dans la même logique industrielle que celle qui préside aux autres élevages intensifs. Le but est de pouvoir satisfaire en tout temps, la demande des grands distributeurs européens, sans dépendre ni de la saison, ni de la météo en mer. Le produit est constant, de taille standard et parfaitement frais. Cependant, il y a des difficultés liées à ce type d’élevage. Il est difficile d’élever des poissons parce que chaque poisson a un mode de reproduction qui est différent. Il faut en moyenne 20 ans pour parvenir à élever une espèce de poisson. Comme il y a énormément d’espèces en mer, il est certain que l’aquaculture ne pourra remplacer la pêche mais elle restera une activité complémentaire de celle-ci. Pourtant en 2002, Aquanord a vendu 2400 tonnes de poissons. Cela représente autant de daurades et le tiers des bars que les pêcheurs français ont capturé en mer cette année là.

1.9 Structures d’élevages

1.9.1 Pour la pisciculture marine

A l’origine, les premiers essais de pisciculture marine avaient recours à des installations simples et des sites très abrités et faciles d’accès (bassins à marée, étangs, littoral protégé). Les inconvénients de ces choix sont vite apparus : caractère fermé des sites, manque de renouvellement d’eau, proximité des apports terrigènes…, entraînant des accidents, de mauvaises performances d’élevage et des potentialités limitées. Depuis, l’amélioration des connaissances et le perfectionnement constant du matériel et des techniques tendent à rationaliser les options. Selon les espèces et les sites, le grossissement se fait actuellement surtout en cages flottantes et en bassins de ciment.

· Les cages flottantes

Des structures flottantes portant des cages en filets sont ancrées directement en mer. Le renouvellement en eau est naturel, mais il convient de noter que la circulation horizontale est freinée par les filets et que la circulation verticale peut être augmentée par le mouvement circulaire des poissons. Dans le monde, l’élevage en cages flottantes assure l’essentiel de la production piscicole intensive en mer ( 80%).

· Les bassins de ciment

Le système d’élevage en bassins de ciment requiert des installations fixes à terre, avec des bâtiments, des circuits d’eau alimentés par pompage, de l’oxygène liquide. Il offre, par contre, des possibilités de contrôle du milieu d’élevage et du poisson. Les coûts de pompage en limitent néanmoins l’implantation.

· Les bassins en terre

Les bassins en terre sont utilisés pour l’élevage semi-intensif et ont recours à l’eau salée souterraine. Ce système est en voie de disparition.

· Les systèmes en circuits fermés

Ces systèmes réutilisent l’eau usée qui est recyclée à 100% (l’eau est filtrée dans une série de filtres, ensuite ré oxygénée et enfin appauvrie en CO2) .Mais ce système reste réservé à l’élevage des jeunes stades (Ecloseries) et à quelques espèces comme l’anguille ou le turbot.

1.9.2 Pour la pisciculture en eau douce

· Pisciculture en milieu ouvert sur rivière

Elle opère en bordure d’un cours d’eau, dont elle dérive l’eau par un barrage. Après passage dans les bassins où sont contenus les poissons, l’eau va être restituée intégralement à la rivière.

· Elevage en étang

L’élevage en étang est une forme de pisciculture extensive : les poissons mangent ce qu’ils trouvent dans l’eau et se font même manger par des prédateurs. Le pisciculteur veille et contrôle uniquement les étapes de la production. Afin de récupérer les poissons, l’étang sera vidangé par ouverture de ses vannes.

· Polyculture

Ce type d’élevage est pratiqué en Asie du Sud-Est et en Afrique. Celui-ci est mené parallèlement à l’élevage du bétail (canards, cochons,....) et à la culture de céréales, d’arbres fruitiers,….
L’éleveur place dans ses étangs plusieurs espèces de poissons qui n’ont pas la même alimentation. Les excréments du bétail servent d’engrais pour les plantes aquatiques ou ils sont épandus sur les champs de céréales; une partie de ces végétaux servira d’alimentation aux poissons. Lors du nettoyage des étangs, on récupère les boues, constituées de végétaux morts et de déjections de poissons, afin qu’elles servent d’engrais pour les cultures.
Il est à noter que les rizières peuvent servir de parcs à poissons dont les excréments enrichissent l’environnement.


1.10 Spécificités physiologiques des poissons

Les poissons présentent simultanément des besoins nutritionnels, déterminant la qualité des nutriments apportés par l’alimentation, et énergétiques, déterminant les quantités d’aliment et d’oxygène nécessaire, auxquels s’ajoutent des besoins minéraux pour le squelette et les écailles, et vitaminiques. Tout animal vivant produit ainsi des déchets en quantité plus ou moins importante selon que la couverture de ses besoins est adaptée à son métabolisme, lui-même sous le contrôle de facteurs génétiques et environnementaux. Les poissons présentent cependant quelques originalités dont celle qu’ils sont des animaux à sang froid.

Les poissons sont dits: poïkilothermes ou ectothermes car ils ne contrôlent pas la température de leur corps. Cette particularité présente l’avantage d’être peu consommateur d’énergie, mais l’inconvénient c’est que ses animaux sont « inféodés » aux conditions du milieu dans lequel ils vivent.

Ainsi, différentes conséquences sont importantes pour l’aquaculteur :
-Puisque chaque espèce possède une préférence thermique qui dépend de son stade de développement ; le choix d’une espèce à élever est fonction du milieu dans lequel elle doit vivre.
-Un individu peut tolérer des températures proches de sa préférence thermique ; il a des capacités d’adaptation qui peuvent atteindre leurs limites pour des températures plus éloignées qui tendent vers un seuil de létalité.
-Il est également à noter que les performances de croissance sont directement dépendantes de la température du milieu.

Mortalité estivale de post-smots

Axe de gauche :Somme des températures journalières sur la période estivale.

Les agents pathogènes et épidémiologie :

Pour tout organisme vivant, l’état de bonne santé est le fruit d’un équilibre entre cet organisme, son environnement et les bio agresseurs. En élevage intensif, l’apparition de pathologies, signe de la rupture de cet équilibre, peut venir de trois sources essentielles :

· Environnementale, par excès ou déficit de diverses substances ;
· Nutritionnelle, par excès ou déficit de divers nutriments ou de produits indésirables ;
· Infectieuse, au sens large du terme, par la présence en quantité anormale de bio agresseurs.

Cette pathologie, au sens large, concerne aussi bien les parasites que les bactéries et les virus. Lors de l’intensification des élevages, des conditions très favorables à l’existence de pathogènes sont créées par l’augmentation, dans un volume restreint, du nombre des animaux réceptifs.

1.11 La chimiothérapie en aquaculture :

L’emploi de la chimiothérapie en aquaculture est appelé à demeurer incontournable. En effet, les mesures alternatives comme l’utilisation de souches génétiquement résistantes, les vaccins et immunostimulants sont en cours de développement ou de portée limitée, en raison des difficultés technico-économiques de leur application. Par ailleurs, l’expansion de nouvelles : filières, bar, turbot, tilapia,… et l’apparition de nouveaux agents pathogènes rendent le recours aux médicaments indispensable. L’objectif de la thérapeutique en élevage est de réduire la population de bio agresseurs à un niveau supportable par leurs hôtes, sur une durée compatible avec le développement de leurs capacités de défense. Sa mise en pratique repose sur le choix d’un principe actif. Cette prise de décision nécessite la prise en compte des relations quantitatives qui unissent l’espèce traitée, l’agent pathogène et le médicament utilisé.

2. Analyse du problème

2.1 Arguments favorables à l’aquaculture

- La pisciculture pourrait être une alternative au rapport pêche/consommation. En effet, notre consommation moyenne de poissons par habitant dans l’union européenne ne cesse de croître régulièrement et ce par démarche nutritionnelle ou par réaction aux multiples scandales de sécurité sanitaire rencontrés dans les filières animaux terrestres. De plus, nos ressources mondiales halieutiques se raréfient sous la pression de notre activité de pêche dont les moyens et l’intensité n’ont cessé d’augmenté.

- Les poissons d’élevage s’avèrent être mieux contrôlés que ceux pêchés en mer. En France, la certification AB (lebel « bio ») existe depuis août 2000; les critères : une eau de bonne qualité, une alimentation qui provient à 30% de l’agriculture biologique et à 65% de farines et huiles de poisson, une limitation de la quantité de poissons sauvages utilisés. Le surcoût est de 30%.

- D’un point de vue goût les poissons sauvages et d’élevage seraient à égalité. Des tests de dégustation effectués notamment par des personnels formés par l’Ifremer donnent toujours les mêmes résultats : quand le jury connaît la provenance du produit, le poisson sauvage l’emporte haut la main. Mais dans le cas contraire aucune distinction n’apparaît !

- De plus, la pisciculture est également une grande source d’emplois.

- La pisciculture peut être également utilisée dans le but de repeupler des zones où certaines espèces sont en voie de disparition ou qui n’y existent plus :

Nous parlerons de la pisciculture d’Erezée dont l’idée du projet date de 1987 et qui a été construite dans une ancienne pâture de 5ha 85a, bordée de l’Aisne, cours d’eau de bonne qualité et qui possède de petites sources intermittentes.
La création de cette pisciculture pilote est justifiée par la nécessité pour la région wallonne de disposer d’une pisciculture de référence. Le principal objectif de ce projet est de réaliser une pisciculture dont le but est de produire des espèces de repeuplement, non produites par les pisciculteurs wallons et ayant disparu ou ayant tendance à se raréfier des eaux publiques : le saumon atlantique, la truite fario de souche indigène et l’ombre.
La création de ce stock de géniteurs est permise grâce à la capture de saumons adultes lors de leur remontée pour frayer. Ainsi, deux saumons qui furent capturés au barrage de Lixhe, ont déjà produit 6000 petits saumoneaux. Ceux-ci seront élevés dans la station afin d’obtenir une reproduction artificielle annuelle sans retour à la mer (l’aller-retour mer-rivière dure trois ans).
En ce qui concerne l’aspect pédagogique, l’étage supérieur de la pisciculture sera aménagé ultérieurement afin de sensibiliser le public au thème de la rivière et de la pisciculture par la présentation des espèces de poissons, de la qualité de l’eau, de la reproduction artificielle, la présence d’aquarium,…


2.2 Arguments en défaveur de l’aquaculture

- L’aquaculture contribue au dépeuplement des océans car les principales espèces que nous consommons sont carnivores : elles s’alimentent naturellement d’autres poissons. Il faut 1 à 12 kg de poissons pour produire 1 kg de poisson voulu. En d’autres termes, pour nourrir les poissons d’élevage, il faut aller pêcher.

- Une pisciculture intensive et productiviste pourrait avoir des problèmes similaires à ceux rencontrés lors de l’élevage intensif d’animaux comme les porcs et les volailles.

La qualité :

* Les poissons d’élevage seraient davantage contaminés que les poissons sauvages. Des taux de dioxines, d’ organochlorés, de PCB,…plus importants ont été dosés dans les poissons d’élevage.
Les déchets contribuent à dégrader la qualité intrinsèque de l’environnement et de l’élevage.
Les poissons d’élevage sont très sensibles à cette dégradation et cela peut entraîner des désordres métaboliques graves.
Cependant il faut noter qu’aussi bien les poissons d’élevage que les poissons sauvages sont exposés à de nombreux polluants industriels, à des hydrocarbures, des pesticides, des métaux lourds. Ces divers produits s’accumulent principalement dans les graisses des animaux et leurs proportions dans l’animal s’amplifient au cours de la chaîne alimentaire de sorte que des concentrations non négligeables sont atteintes ; ce qui aurait des conséquences sur la santé des consommateurs. Il est à noter que même les poissons élevés dans des bassins qui ne sont pas en contact avec l’environnement ne sont pas exempts de ces produits toxiques puisqu’ils sont nourris à base de farine et d’huile de poissons pêchés en pleine mer.
* Les poissons d’élevage contiendraient moins d’acide gras oméga 3 et plus d’oméga 6 que les poissons sauvages. Cette teneur moindre en oméga 3 serait une conséquence du fait que les poissons d’élevage sont plus gras que les poissons sauvages. Cependant, la teneur en oméga 3 est plus élevée dans la plupart des aliments. L’acide gras oméga 3 aurait des propriétés thérapeutiques contre l’obésité, les maladies cardio-vasculaires,…

Impacts sur l’environnement

Des rejets aussi bien en eaux douces qu’en mer sont une source pollution.
· la nourriture non consommée par les poissons (de 10 à 30% selon la méthode de nourrissage)
· des produits du métabolisme des poissons (excréments, urines)
· des traitements chimiques utilisés pour éviter l'accumulation de déchets sur les filets
· des antibiotiques pour traiter les maladies et des désinfectants pour éviter la prolifération des algues et des bactéries.

Ce sont principalement les aliments non consommés, les excréments et les urines, qui contiennent du phosphate et des nitrates, qui ont un impact sur l’environnement. Lorsque ceux-ci sont présents en trop grande quantité, ils contribuent à la prolifération intensive d’algues et de bactéries au détriment d’autres espèces animales et végétales qui meurent par manque d’oxygène. Selon les experts de l'ONU, l'aquaculture intensive produit 110 kg d'azote par tonne de poissons produits, 12 kg de phosphore.

Flux entrant et sortant à travers une cage
Les conséquences de la pisciculture sur son environnement sont récapitulées dans le schéma ci-dessous.

Source Ifremer A. Dosdat
Bilan du phosphore et de l'azote

Devenir du phosphore et l'azote principaux facteurs d'impact sur l'environnement.
Il y a 63% des aliments contenant du phosphore qui sédimentent sur le fond ainsi que 14% des aliments riches en azote. Ce sont donc des quantités importantes qui sont perdues pour la nourriture des poissons.


En kg par tonne de production

Source Ifremer Yves Harache 1993 (ENEL, 1987)
Effets théoriques des apports trophiques d’une pisciculture marine en cage :

Sur les fonds marins, les particules solides se déposent sous les installations piscicoles et tendent à s’accumuler dans le sédiment. L’accumulation enrichit le sédiment dans les 15 premiers centimètres en carbone et en nutrilites. L’enrichissement de sédiment en matière organique a pour conséquence directe l’augmentation de la biomasse bactérienne, avec un glissement progressif des formes aérobies vers les anaérobies. Dans ces conditions, il peut y avoir formation de gaz tels le méthane et l’hydrogène sulfuré, qui peuvent être relargués dans la colonne d’eau. Mais l’impact mesurable sur le fond reste toujours limité dans l’espace et ne dépasse guère une centaine de mètres autour des installations.

Les effluents non traités, excréments, déchets contaminés, produits chimiques,…provoquent un grand nombre de maladies infectieuses qui sont combattues avec des produits chimiques (antibiotiques, organophosphorés composés hormonaux mis dans l’eau) qui a leur tour aggravent la pollution de l’eau sans pour autant éradiquer les maladies. L’utilisation de ces produits pourrait, en outre, augmenter le risque de la poly-résistance bactérienne.

Eaux continentales

1) Impact sur la qualité des eaux :

L’enrichissement des eaux de rejet est surtout dû à l’ammoniaque, aux phosphates et aux nitrites. Les valeurs minimales et maximales de l’ammoniaque et le profil journalier des concentrations dépendent directement de la conduite de l’alimentation dans la pisciculture et des paramètres déterminant le transit de l’azote dans le poisson ( taille des poissons, température). La gestion de l’eau et de la matière solide jouent dans le cas des nitrites et du phosphore un rôle aussi important que la conduite de l’alimentation : répartition de l’eau dans les bassins et temps de séjour moyen de l’eau, mode de brassage de l’eau, collecte des matières décantables, fréquence de nettoyage et produits utilisés, captage des matières en suspension,…
Les mécanismes de l’impact des piscicultures restent discutés : les mesures physico-chimiques dont on dispose ne suffisent pas à expliquer l’intégralité des altérations observées.

2) Impact sur les fonds :

Les modifications des fonds de rivière sont la forme d’impact la plus visible. Les dépôts peuvent être réduits à une simple couche brunâtre recouvrant les cailloux du lit. Ces dépôts sont fréquemment mucilagineux. Ils sont le plus souvent accompagnés du développement de champignons et d’algues filamenteuses. L’importance des dépôts varie en fonction de l’activité de la pisciculture mais aussi en fonction du type d’aliment utilisé. Le mode de distribution de l’aliment peut diminuer ou augmenter ces phénomènes de dépôts, suivant qu’il se trouve adéquat ou non au type d’aliment utilisé. L’influence des caractéristiques physiques de la rivière reste mal connue. Le caractère mucilagineux des matières décantées peut expliquer que, même en zone de courants rapides, des modifications du fond ont pu être observées. Inversement, l’absence de dépôts n’est pas un critère de l’absence de nuisances car l’utilisation massive de médicaments peut contribuer au « nettoyage » de la rivière. Pour ces raisons, il est utile de disposer de critères moins discutables que la présence ou non d’algues filamenteuses. A cet effet, les procédures de mesures physico-chimiques doivent être précisées et définies pour être fiables dans le contexte de la pisciculture et l’utilisation de bio-indicateurs reconnus doit être préconisée.

3) Impact social :

Le développement à grande échelle de la pisciculture intensive aboutirait à la baisse des prix du poisson, cela déstabiliserait le marché du poisson et provoquerait la perte d’emplois de milliers de pêcheurs artisanaux.

4) Rapports avec la faune sauvage :

Les poissons d’élevages sont presque tous génétiquement identiques (à cause des sélections effectuées sur ceux-ci).Lorsqu’ils s’échappent de leur enclos, ceux-ci peuvent être envahissants et contribuer ainsi au déclin des espèces sauvages. (Par exemple, on estime que chaque année plusieurs dizaines de milliers de saumons d’élevages arrivent à s’échapper de leurs fermes et rejoignent le milieu naturel). Ils peuvent aussi se reproduire avec les espèces sauvages. Cela pourrait contribuer à réduire la diversité génétique locale, la résistance aux maladies et menacer les taux de reproduction. Il y a, en outre, des risques d’échanges de pathogènes et de parasites entre les poissons d’élevages et ceux de la faune sauvage.

Cela posera encore plus de problèmes si les poissons génétiquement modifiés sont autorisés. En effet, les poissons transgéniques produisent plus d’hormones de croissance que les autres et sont donc plus gros. Par conséquent, ils pourraient transmettre leurs caractéristiques à leurs congénères sauvages en se reproduisant avec eux. Du fait de la rapidité de leur croissance, les espèces sauvages pourraient être victimes de la voracité des ces poissons transgéniques. Parmi ces derniers, seul un tiers d’entre eux parviendraient à l’âge adulte (on observe une faiblesse de vitalité des poissons génétiquement modifiés ), ce qui provoquerait le risque de disparition de l’espèce.

- Résidus d’antibiotiques dans les produits de l’aquaculture :

Les antibiotiques sont utilisés en aquaculture, tant pendant la production qu’au stade de la transformation, tant pour prévenir (usage prophylactique) que pour traiter (usage thérapeutique) des maladies bactériennes. Les antibiotiques ont aussi été recommandés et utilisés comme désinfectants dans la manutention de poissons mais cette pratique s’est révélée peu efficace et n’est généralement pas approuvée par les services d’inspection du poisson. Malheureusement, l’usage des antibiotiques en aquaculture n’a pas toujours été utilisé à bon escient. La FAO, l’Organisation Mondiale de la Santé et plusieurs gouvernements ont déjà soulevé la question de l’utilisation irresponsable des antibiotiques. De nombreux gouvernements dans le monde ont introduit concernant l’emploi des antibiotiques dans l’agriculture en général et dans le secteur aquacole, des réglementations nationales qu’ils ont modifiées ou rendues plus strictes.

Préoccupation pour la santé publique

Quand les antibiotiques sont ingérés à l’insu du consommateur, sous forme de résidus dans les produits alimentaires, il n’est pas possible de quantifier ou de suivre la quantité ingérée. Ceci qui peut avoir des effets directs sur la santé, comme une anémie aplasique. En outre, l’absorption non intentionnelle d’antibiotiques favorise l’installation d’une résistance aux antibiotiques chez les bactéries pathogènes pour l’être humain. Mais ce problème important n’a toujours pas reçu l’attention voulue des autorités concernées. La conscience des risques pour la santé humaine résultant directement et indirectement de la consommation tant active que passive d’antibiotiques a conduit à interdire l’emploi de certains antibiotiques dans la production d’aliments d’origine animale. Pour les antibiotiques dont les risques sont connus, des limites maximales de résidus ont été établies.


2.3 Solutions

Il est à noter que l’impact d’une pisciculture sur l’environnement, peut-être considérablement limitée par les techniques d’élevage utilisées ( comme par exemple tout ce qui concerne l’alimentation), mais aussi en fonction du choix d’implantation du site d’élevage.

Comment diminuer la pollution de ces fermes ?

L’impact de la pisciculture sur le milieu, dépend essentiellement des législations en vigueur dans le pays où les élevages se situent. Il est à noter que les concentrations en polluants sont plus élevés dans les poissons des fermes européennes car les poissons leur servant d’aliments sont pêchés dans les zones Nord Atlantiques où se situent un grand nombre d’industries polluantes. Et c’est en Amérique du Sud que les taux en contaminant (PCB, dioxine, …) sont les moins élevés et il est à noter que la concentration de certains de ceux-ci est parfois similaire à celles contenues dans les poissons sauvages. Ces contaminants auraient diverses conséquences pour le consommateur : pour de très gros mangeurs de poissons, ces substances peuvent avoir des effets cancérigènes, inhiber la croissance, perturber la reproduction et plusieurs systèmes endocriniens. Mais les taux de contamination restent inférieurs aux normes au-delà desquelles il y a danger.
L’usage d’antibiotiques dans l’élevage de saumon a été divisé par plus de cent grâce à la systématisation de la vaccination.
L’amélioration des composés d’alimentation des poissons d’élevages a de plus permis une diminution sensible des émissions de composés azotés et des quantités nécessaires à la production d’un kilo de produit fini. La révolution « bleue-verte » a comme moteur la filière de nutrition qui commercialise désormais des produits moins polluants et moins riches en poissons naturels. Pour diminuer les déchets en nitrates, les scientifiques proposent de baisser l’apport en protéine tout en augmentant les acides gras car il existe une relation linéaire entre l’ingestion de protéines et l’excrétion d’azote. Pour les phosphates, les huiles et farines de poisson sont de plus en plus remplacés par des matières végétales. Ainsi les aliments pour poissons d’élevage sont aujourd’hui composés de 60-65% de farines et d’huiles de poissons, d’environ 35% de végétaux (blé, soja et pois), et de vitamines ainsi que d’oligo-éléments indispensables à la bonne santé du poisson. Certains industriels qui ont déjà réussi à diminuer à 30% le taux de farines et d’huiles, assurent qu’ils pourront faire beaucoup mieux dans les années à venir. Cette diminution est primordiale pour le développement d’une pisciculture durable qui ne soit pas nuisible aux poissons sauvages.
Des expérimentations d’élevage ont permis de combiner plusieurs espèces dans un même bassin pour diminuer certaines déjections polluantes. En employant le Tilapia Mariae (poisson d’origine africaine), une entreprise de Floride produisant des crevettes a pu annuler ses impacts négatifs sur l’environnement. Ce poisson est maintenant élevé intensivement aux Etats-Unis et il présente un succès croissant sur le marché. En effet, cette espèce offre un avantage de taille, elle se nourrit des déjections de certaines espèces ainsi que de petits végétaux et elle est capable de vivre dans les eaux boueuses.
Pour lutter contre la pollution et pour préserver le tourisme en zones littorales, des professionnels et des experts de l’Ifremer ont une solution : faire prendre le large aux élevages. Mais pour l’instant, l’investissement pour de telles structures est encore trop important.


Que faire pour que les niveaux de résidus d’antibiotiques dans les poissons restent acceptables ?

Il existe deux stratégies possibles pour faire en sorte que les niveaux de résidus d’antibiotiques dans les organismes aquatiques restent acceptables. D’une part limiter l’usage des antibiotiques dans les entreprises aquacoles et d’autre part fixer et faire appliquer des limites maximales de résidus (LMR) dans les produits de l’aquaculture.

· Limiter l’emploi des antibiotiques. L’aquaculture est obligée, dans certains cas spécifiques et identifiés, de recourir aux antibiotiques. La réglementation de leur disponibilité dans le commerce est une façon de s’assurer qu’ils sont employés de manière responsable.


TABLEAU 10Modalités éventuelles d’achat et d’utilisation des antibiotiques en aquaculture et effets résiduels consécutifs
Type d’antibiotiques Achat et utilisation Résidus dans le poisson
Antibiotiques spécifiquement approuvés pour un emploi dans l’aquaculture (conformément à la notice d’étiquetage) Vente libre Sur ordonnance Dans les limites des niveaux fixés par les autorités réglementaires
Antibiotiques à utiliser «autrement que selon la notice d’étiquetage»1 Antibiotiques approuvés pour l’aquaculture (sur prescription d’un professionnel) Dans les limites des niveaux fixés par les autorités réglementaires
Antibiotiques à utiliser dans les cas d’urgence et pour la recherche Utilisation temporaire et seulement après approbation spécifique de professionnels qualifiés Aucun résidu dans les produits commercialisés, ou dans les limites des niveaux fixés par les autorités réglementaires
Tous autres antibiotiques Interdits Absents
1 L’utilisation autrement que selon la notice d’étiquetage se définit comme «une utilisation de médicaments dans des conditions qui ne sont pas conformes à la notice d’étiquetage.»


· Etablissement et application de LMR : La limite maximale pour les résidus de médicaments vétérinaires (LMRMV) est définie comme la concentration maximale de résidu résultant de l’emploi d’un médicament vétérinaire exprimé en mg/kg de poids frais. La LMRMV se fonde sur le type et la quantité de résidu considérée comme exempte de tout risque toxicologique pour la santé humaine. Elle est exprimée en dose journalière acceptable. La LMRMV tient compte également d’autres risques sanitaires pertinents, ainsi que de considérations de technologie alimentaire. Une LMR peut être abaissée de manière à être compatible avec le bon usage des médicaments vétérinaires.

Exemple d’une activité récente :

Au Canada, les antibiotiques approuvés pour une utilisation aquacole sont l’oxytétracycline, le sulfadiazine, le sulfadiméthoxyne et le florfénicol. Les réglementations ne se limitent pas à approuver les types d’antibiotiques qui peuvent être utilisés, elles spécifient aussi l’espèce, le diagnostic, la dose et la durée du traitement ainsi que la période de retrait à observer quand un antibiotique est utilisé comme agent thérapeutique. Les antibiotiques approuvés peuvent être achetés et utilisés sous deux conditions : en vente libre ou sur ordonnance délivrée par un praticien qualifié. Il importe que des renseignements concernant l’emploi correct et responsable des antibiotiques soient fournis aux aquaculteurs.

TABLEAU 14Médicaments actuellement approuvés et leurs LMR au Canada
Médicament Espèce Tissus LMRA1
Oxytétracycline Salmonidés
Tissus comestibles 0,1 µg/g
Langouste
Sulfadi-méthoxine Tissus comestibles 0,1 µg/g
Salmonidés
Ormétoprim Tissus comestibles 0,5 µg/g
Muscle/peau 1,0 µg/g
Sulfadiazine Tissus comestibles 0,1 µg/g
Salmonidés
Triméthoprime Tissus comestibles 0,1 µg/g
Muscle/peau 1,0 µg/g
Tricaïne méthanesulfonate Salmonidés Tissus comestibles 0,02 µg/g
Formaldéhyde Salmonidés nd2
Florfénicol Salmonidés Tissus comestibles 0,1 µg/g3
Notes:1 LMRA = LMR administrative.2 Substance biologique régulée, partout présente dans la nature.3 La LMR spécifiée concerne le métabolite, l’amine de florfénicol.

Comment garder une diversité génétique dans les élevages ?

Grâce au pacage marin :

Egalement appelé « sea-ranching », il repose sur la capacité qu’on les saumons à retourner après migration, au point d’où ils ont été lâchés.
La technique consiste à élever des juvéniles en eau douce et à les relâcher au stade « smolt » lorsque leur comportement les conduit à descendre les rivières.
Les adultes seront pêchés lors de la migration de retour; mais la pêche en mer se déroule de manière à laisser suffisamment de reproducteurs remonter les rivières pour avoir à la fois reproduction naturelle et une possibilité de prélèvements d’œufs destinés à « boucler le cycle » en condition de production intensive. Il est à noter que l’essentiel de la pêche de saumons du pacifique est basé sur cette technique. Mais ce mode d’exploitation n’est donc pas envisageable pour des espèces non migratrices pour lesquelles seule une production intensive est pratiquée.

Comment empêcher la reproduction des poissons d’élevage avec les poissons sauvages?

Tous les poissons d’élevage sont presque identiques génétiquement. Lorsqu’ils s’évadent des fermes (on estime que par an plusieurs de milliers de saumons d’élevage s’échappent de leur enclos) et se croisent avec des populations autochtones, ils finissent par réduire la diversité génétique locale. Les solutions ? Empêcher les poissons de s’enfuir ou de se reproduire. Pour cela, la stérilisation par triploïdie est recommandée mais la technique n’est pas efficace à 100%.
La triploïdie consiste à ajouter un exemplaire de chaque chromosome dans les cellules du poisson et ce grâce à un choc thermique, ce qui rend le poisson stérile.
Trois avantages à cela :

· L’éleveur ne peut pas employer ce poisson comme reproducteur, ce qui protège ainsi le travail du sélectionneur.
· La qualité de sa chair reste constante contrairement aux poissons « normaux » chez qui la maturation sexuelle entraîne, parfois, la formation de tissus fades ou mous.
· Ces triploïdes réputés « stériles » ne peuvent s’hybrider avec les populations sauvages s’ils s’échappent.

Comment limiter le taux des poissons pêchés pour servir à l’alimentation des espèces élevées ?

Aujourd’hui, environ 12% des prises en mer et en rivières sont pêchés par an afin de nourrir les poissons d’élevage. La raréfaction des bancs de poissons océaniques s’intensifie en grande partie à cause du fait que les différents gouvernements ne parviennent pas à mettre en place et à appliquer des quotas de pêche. Il faut savoir que puisque l’économie de la pêche est très orientée vers la capture d’espèces ayant un débouché commercial immédiat; tous les ans, des millions de tonnes de poissons (considérés comme non marchandables) sont rejetés morts à la mer. Pourtant toutes ces espèces pourraient être utilisées comme source d’alimentation aux poissons d’élevage ce qui aurait pour effet d’augmenter sensiblement les réserves mondiales et ce sans exercer une pression supplémentaire sur le milieu.
En Asie, la pisciculture produit essentiellement des poissons végétariens comme le Tilapia et la Carpe; ce qui n’est pas le cas de l’Europe, par exemple, qui produit surtout des carnivores tels que le saumon et la truite. Afin de diminuer les besoins en poissons sauvages pour servir d’aliments utilisés dans les fermes piscicoles (il en faut 2 à 12 kg de petits poissons -du krill et de l’anchois principalement- pour fournir un1 kg de poisson d’élevage, selon les espèces) on eut l’idée de transformer des poissons carnivores en végétariens en les nourrissant à partir de soja, de maïs et de tournesol. Mais cette transformation qui possède également l’avantage de diminuer les taux de phosphore et d’azote dans les excréments des poissons, présente aussi quelques inconvénients comme des troubles de la digestion, une diminution de l’absorption d’éléments nécessaires tels que le zinc et le fer, une obligation d’apporter certains suppléments tels que de la méthionine, ainsi qu’une réduction de l’acide gras Oméga

Posted by Sébastien Denys at 05:29 PM | Comments (0)

December 10, 2004

t2: Problématiques des accords commerciaux communautaires pour l'alimentation animale

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Publié sur le site d'ActuScience:

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Problématiques des accords commerciaux communautaires pour l'alimentation animale

Actuellement, l'alimentation du bétail, nettement énergétique via le maïs demande un complément protéique important qui est comblé par le soja. Cette problématique est due pour certains au système de production intensive appliqué par l'Europe et remplaçant les systèmes traditionnels de production. Cette production intensive induit des conséquences indésirables en terme de santé animale et publique ainsi qu'environnementales. Après la crise de l'encéphalopathie spongiforme bovine (vache folle) l'utilisation de farines animales a été interdite comme alimentation pour le bétail par les autorités communautaires. Cela a créé une plus grande demande d'aliments protéagineux végétaux dont l'Europe en était déjà déficitaire et dépendait déjà de la production étrangère (principalement des Etats Unis). Dans le cadre du commerce mondial, l'Europe s'était engagée, avant ces problèmes, au travers de l'accord commercial de Blair-House à limiter sa production subventionnée pour les cultures protéagineuses.

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Problématiques des accords commerciaux communautaires pour l'alimentation animale

Introduction

Actuellement, l'alimentation du bétail, nettement énergétique via le maïs demande un complément protéique important qui est comblé par le soja. La problématique est due pour certains au système de production intensive appliqué par l'Europe et remplaçant les systèmes traditionnels de production. Cette production intensive induit des conséquences indésirables en terme de santé animale et publique ainsi qu'environnementales. Après la crise de l'encéphalopathie spongiforme bovine (vache folle) l'utilisation de farines animales a été interdite comme alimentation pour le bétail par les autorités communautaires. Cela a créé une plus grande demande d'aliments protéagineux végétaux dont l'Europe en était déjà déficitaire et dépendait déjà de la production étrangère (principalement des Etats Unis). Dans le cadre du commerce mondial, l'Europe s'était engagée, avant ces problèmes, au travers de l'accord commercial de Blair-House à limiter sa production subventionnée pour les cultures protéagineuses.

- Blair House et agenda 2000
- PAC et OCM pour les oléo-protéagineux
- Marché du soja
- Problématiques des subventions
- Quid des farines animales ?

Pour plus d’informations, veuillez visiter le site d’imbroglio
www.imbroglio.be/controverses_3


L’accord de Brair-House

L'accord mettait fin au contentieux (vieux de 4 ans) Americano-Européen sur les oléagineux.

La communauté s’engageait à limiter la surface de culture subventionnée, tout en garantissant que l’aide était spécifique pour les différentes cultures. L’accord prévoyait que si la surface cultivée était dépassée, l’aide devrait être réduite pour les oléagineux.

Elle imposerait aussi aux agriculteurs un taux de jachère, applicable à toutes les terres cultivables, comme condition pour obtenir les aides communautaires. Au début, ce taux était de 15%, mais il serait re-examiné chaque année pour tenir en compte la production et le développement du marché. Depuis son implémentation, il a varié entre 5 et 15%.

La production d'oléagineux à des fins différentes de l’alimentation humaine ou animale (bioéthanol, par exemple) sur les terres mises en jachère serait possible jusqu'à concurrence d'un certain niveau correspondant à un plafond de sous-produits de 1 million de tonnes de tourteaux exprimés en équivalent tourteaux de soja, à condition d’avoir créé un système effectif de contrôle. Pendant la période 1992-99, 7 à 18% des grains oléagineux on été produits en terres en jachère.

Selon l'accord, la Communauté offrirait une concession tarifaire pour l'importation de 500.000 tonnes de maïs.

L’agenda 2000

L’un des objectifs de la réforme de l’an 2000, était d’aligner graduellement les aides pour les oléo-protéagineux, avec celles des céréales et des terres mises en jachère pour éliminer le caractère spécifique pour chaque culture, présent dans l’accord de Blair-House. Après une période de transition de deux ans, les aides financières seraient identiques pour les cultures mentionnées, et découplées des prix internationaux. Cette harmonisation, a eu comme résultat, une augmentation des aides de plus de 17% pour les céréales, et une diminution autour de 30% pour les oléo-protéagineux !

L’Europe a donc opté, en signant ces accords pour une politique de dépendance tout en gardant son système intensif d’élevage.
L’Europe n’a-t-elle pas trop cédé pour pouvoir atteindre le marché mondial ?

Sources :
Cahiers de la PAC, Commission Européenne, direction générale de l'agriculture
Special Report No 6/202 communautés européennes COUR DES COMPTES

LA PAC et les Organisations communes de marché (OCM) Pour les Oléo-protéagineux.

En 1962, les 6 Etats membres de la Communauté économique européenne, alors déficitaires pour la plupart de leurs productions agricoles, mettent en place la politique agricole commune (PAC) dont les objectifs figuraient déjà dans le Traité de Rome: accroître la productivité; assurer un niveau de vie équitable à la population agricole; stabiliser les marchés; garantir les approvisionnements; assurer des prix convenables pour le consommateur.
Le succès de cette politique tient à la mise en place d'un véritable marché commun: unicité du marché (suppression des barrières douanières, harmonisation des règles sanitaires et des normes techniques), unité des prix (instauration de mécanismes régulateurs), préférence communautaire (achats de produits d'origine communautaire) et solidarité financière (ressources affectées à des dépenses communes et non en fonction des contributions des Etats membres).
Les Organisations communes de marché (OCM): chaque produit ou groupe de produits fait l'objet d'un règlement de marché destiné à orienter les productions, à stabiliser les prix et à garantir la sécurité des approvisionnements: en 1967, céréales, fruits et légumes, viande porcine, oeufs et volailles; en 1968, viande bovine, produits laitiers, produits horticoles; en 1970, vin, lin et chanvre; depuis 1971, houblon, semences, coton, tabac...
Le financement est assuré par le Fonds européen d'orientation et de garantie agricole (FEOGA) dont les ressources sont constituées de prélèvements obligatoires, de droits de douane perçus aux frontières externes, depuis 1971 d'une fraction de la TVA de chaque Etat membre, et d'une ressource complémentaire fondée sur le PNB depuis 1994. Il soutient les prix agricoles, l'installation de jeunes agriculteurs, la diversification des activités en zone rurale.
Une (OCM) pour les huiles et les graisses a été créée en 1966, pour faire face à la forte demande du marché commun des huiles végétales et des graisses et à la baisse totale de la production. Sa fonction principale était d’assurer aux producteurs des rémunérations justes. 98% du soutient financier pour colza, tournesol et soja était constitué par une aide payée à l’industrie de trituration pour chaque tonne utilisée d’origine communautaire. Cette aide était fixée par le concile à fin d’assurer que les prix des oléo-protéagineux communautaires restaient plus élevés que ceux du marché mondial.

En 1988, les Etats-Unis ont demandé au GATT d’établir une commission pour examiner ses plaintes arguant que l’aide à la production en Europe était discriminatoire envers les importations dans l’UE. La conclusion de la commission, adoptée le 25 Janvier 1990, soutenait les réclamations des Etats-Unis et ceci, sommé aux considérations budgétaires a conduit à la réforme de 1991. Cette réforme met fin à l’aide apportée à l’industrie de trituration, et amène les prix payés aux producteurs à l’équilibre par rapport aux prix du marché mondial. Pour compenser les diminutions de revenu que cela représenterait pour les agriculteurs, la réforme a introduit des subsides qui seraient payés directement aux agriculteurs.

Pour plus de détails concernant les reformes de la PAC, consulter « La réforme de la politique agricole commune » sur le site ActuSciences http://www.ulb.ac.be/inforsciences/actusciences/dossiers/pac/index.html

La réforme de 1991 n’a pas fermé la dispute entre l’Europe et les Etats-Unis. Les Etats-Unis ont proposé que la commission originale qui avait traité sa plainte détermine si les mesures prises avaient ramené les régulations de l’UE en conformité avec les principes du GATT. Le 21 Mars de 1992, la commission détermina que l’injustice continuait. C’est comme ça, que des nouvelles négociations bilatérales ont eu lieux, aboutissant à l’accord de Blair-House.

Sources : Special Report No 6/202 communautés européennes COUR DES COMPTES ; " Le GATT et l'agriculture Européenne " ;article Politique agricole commune – PAC http://www.info-europe.fr/europe.web.

Le marché du soja


La demande grandissante de soja et de ses produits à l'échelle mondiale a soutenu la production sud-américaine. En 2000-2001, l'interdiction de toute utilisation de farines de viande ou d'os et de produits dérivés dans l'alimentation du bétail et de la volaille en UE a stimulé la demande de soja. En 2001-2002, la consommation de soja en Asie a progressé pour la même raison. Les mesures gouvernementales de ces pays ont provoqué un mouvement de remplacement de l'alimentation protidique à base animale par une alimentation à base de tourteau de soja.
En Amérique du Sud, on s'attend à ce que les disponibilités de soja augmentent en 2002-2003 à cause de la hausse de production qu'ont connue le Brésil, l'Argentine et le Paraguay. En raison de sa production accrue, l'Amérique du Sud a supplanté les États-Unis (É.-U.) comme le premier fournisseur de soja au monde. Les échanges de soja sud-américain devraient marquer une forte hausse par suite de l'accroissement des exportations des trois pays. Au niveau mondial, on prévoit que les triturateurs absorberont sans problème la hausse des disponibilités de soja d'Amérique du Sud et des É.-U., de sorte qu'on devrait assister à une augmentation du prix du soja américain en 2002-2003

AMÉRIQUE DU SUD : SOJA TRANSGÉNIQUE
Le Brésil a adopté des règles provisoires qui permettent la commercialisation du soja transgénique récolté en 2002-2003. Le gouvernement brésilien autorisera la vente de soja transgénique jusqu'au 31 janvier 2004, mais en 2003-2004, il appliquera l'interdiction actuelle d'ensemencer les terres en soja transgénique. D'ici là, les producteurs doivent faire certifier leur récolte comme étant transgénique ou conventionnelle. On estime qu'en 2002-2003, le soja transgénique représente environ 30 % de la récolte brésilienne. En Argentine, la production de soja transgénique est autorisée et connaît une grande popularité auprès des producteurs. En 2002-2003, le soja transgénique y représente environ 90 % de la récolte. Cela a généré beaucoup de problèmes dus à la monoculture (entre autres l’augmentation de la résistance de certains organismes aux grandes concentrations d’herbicides) et aux faibles contrôles de la part des autorités (cf article du New Scientist rédigé par Sue Branford [Au cours des huit dernières années, une énorme proportion de terres arables en Argentine
a été consacrée à la culture du soja transgénique. De nombreuses plaintes ont été déposées en raison des dommages causés aux récoltes par le glyphosate et d’autres herbicides. “Nous n’avons aucune idée des préjudices subis à l’échelle du pays, car les autorités n’exercent pas
un contrôle suffisant”, dénonce Walter Pengue, un agroécologiste de
l’université de Buenos Aires.]

Le Paraguay interdit toujours l'ensemencement des terres en soja transgénique, mais une grande partie des producteurs ne tiennent pas compte de cette interdiction, car le soja transgénique leur permet de réduire le coût des intrants de culture de 30 à 40 $US la tonne.

Source :
http://www.agr.gc.ca
Problématiques des subventions

L'agriculture européenne est une agriculture soutenue financièrement par les gouvernements. Les prix d'achats sont garentis aux agriculteurs quel que soit le cours du marché lors de la vente du produit fini.

Prenons un exemple concrêt:
Supposons que pour produire une tonne de blé, le paysans doit débourser 60€ et que son bénéfice soit de 40€. Cela l'oblige à vendre son blé à 100€. Si les conditions climatiques de l'année ont été favorables à la culture du blé, les rendements sont plus élevés que prévu et la production est donc plus grande. Tous les producteurs de blé ont, cette même année, produit plus que ce qu'ils avaient prévu. Sur le marché, il y a donc trop de blé à vendre ce qui fait baisser le prix auquel les consommateurs achètent le produit. Cela implique que la tonne de blé vendue au consommateur l'est à 50€. Cela ne permet donc
pas à notre agriculteurs de rembourser ce qu'il a dû investir dans la culture et cela lui permet encore moins de subvenir à ses besoins.
L'Etat a donc décidé d'aider ces agriculteurs en subventionnant les productions, cela signifie que, quel que soit le prix de vente au consommateur, le paysan gagne ses 100€. (Si le marché est à 60€ la tonne, c'est l'état qui comble les 40€ manquant).
Ce système coûte énormémént à l'Etat mais permet aux agriculteurs de continuer leurs activités.
Tous les pays du monde n'ont pas l'argent pour subventionner leur agriculture, ce n'est l'apanage que des pays riches ce qui défavorise les pays plus pauvres car les agriculteurs n'ont aucune aide leur permettant de garentir leur subsistance.
De plus, sur le plan du marché mondial, des taxes à l'importation rendent les produits étrangés plus cher que les produits nationnaux ce qui empêche aux pays plus pauvres de venir vendre leurs produits sur le sol des pays plus riches.


Liens utiles
http://www.fao.org/french/newsroom/focus/2003/wto.htm

Quid des farines animales?


La réponse se trouve dans l'histoire de l'évolution du régime alimentaire humain de ces dernières décennies.
Avec l'augmentation du niveau de vie dans certains pays, les habitudes alimentaires ont changé et la quantité de viande consommée a fortement augmenté.
La demande augmentant, l'offre devait suivre et l'utilisation de divers aliments pour le bétail (maïs fourrager, pâturages, farines animales,...) furent utilisés.
Dans le même temps, divers accords commerciaux entre divers producteurs et consommateurs de ces aliments pour le bétail se sont conclus.
Des équilibres commerciaux se sont construits lentements, mais lorsqu'un événement de grande empleur et rapide se produit, les accords, toujours en vigueur doivent être respectés.

Lors de l'affaire des farines animales contaminées (épizootie d'encéphalite spongiforme bovine (ESB)), du jour au lendemain, l'utilisation de cette source de nourriture animale ne pouvait plus être utilisée ce qui entrainait des déficits alimentaires.

Mais les farines ne peuvent-elles pas être traitées de telle sorte à ne plus présenter de risque pour la santé ?


Liens utiles
http://www.fao.org/DOCREP/MEETING/004/Y7022F/Y7022F00.HTM#P38_5416

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t1: Réforme sucrière

Pour qui l'addition sera-t-elle la plus salée?

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Réforme sucrière: Pour qui l'addition sera-t-elle la plus salée?

Le sucre est produit à partir de deux matières premières: la canne à sucre cultivée par les pays du Sud et la betterave cultivée dans les pays du Nord. L'Union Européenne garantit des taux préférentiels aux pays ACP (accords de Cotonou), tandis que la production de sucre à l'intérieur de l'Union est subventionnée et protégée par un système de quotas. En septembre 2002, le Brésil, l'Australie et la Thaïlande, qui comptent parmi les plus gros exportateurs de sucre portent plainte devant l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) contre ces subventions. Ces quotas sont également remis en cause dans le cadre de la réforme de la Politique Agricole Commune (PAC) suite à l'élargissement de l'Union Européenne. Un contexte qui conduit à d'importantes restructurations industrielles dans le secteur sucrier. Ces restructurations auront des conséquences importantes, non seulement au sein de l'Union mais également dans tous les autres pays producteurs. La controverse que nous allons explorer consiste à s'interroger sur l'impact qu'auront ces changements de manière globale. Au cours de nos recherches, beaucoup d'autres controverses sont apparues. Nous ne les avons pas approfondies mais il nous semble important d'au moins les citer.

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Réforme sucrière:
Pour qui l'addition sera-t-elle la plus salée?

1. Introduction.

Le sucre est produit à partir de deux matières premières: la canne à sucre cultivée par les pays du Sud et la betterave sucrière cultivée dans les pays du Nord. L'Union Européenne garantit des taux préférentiels aux pays ACP (accords de Cotonou), tandis que la production de sucre à l'intérieur de l'Union est subventionnée et protégée par un système de quotas.
En septembre 2002, le Brésil, l'Australie et la Thaïlande, qui comptent parmi les plus gros exportateurs mondiaux de sucre portent plainte devant l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) contre ces subventions. Les quotas sont également remis en cause dans le cadre de la réforme de la Politique Agricole Commune (PAC) suite à l'élargissement de l'Union Européenne. Un contexte qui conduit à d'importantes restructurations industrielles dans le secteur sucrier.
Ces restructurations auront des conséquences importantes, non seulement au sein de l'Union, mais également dans tous les autres pays producteurs. La controverse que nous allons explorer consiste à s'interroger sur l'impact qu'auront ces changements de manière globale. Au cours de nos recherches, beaucoup d'autres controverses sont apparues. Nous ne les avons pas approfondies mais il nous semble important d'au moins les citer.

2. Développement.
2.1. Présentation du marché du sucre.
Le sucre est produit par plus de 130 pays à travers le monde. La canne apporte environ 65 à 70% de la production totale. Celle-ci s’élevait en 2002 à 143 millions de tonnes.
La canne à sucre est principalement produite dans les zones tropicales et subtropicales, au sein des pays en développement alors que la betterave sucrière est une plante des régions tempérées, cultivée presque exclusivement dans les pays développés. Les seules exceptions à la règle sont la Chine et les Etats-Unis qui produisent indifféremment les deux types de plantes.
Le sucre est depuis longtemps, et de plus en plus, un aliment clé entrant dans la composition d’une grande quantité de produits (boissons gazeuses, chocolat, gâteaux, confitures, céréales, yoghourts, marinades, etc.). Cela explique les augmentations importantes de rendement, poussées par le besoin d’augmenter la production, de ces deux cultures au cours des 40 dernières années.

Le marché mondial du sucre est qualifié de « maigre ». Acheteurs et vendeurs sont peu nombreux et les prix varient fortement en fonction des quantités de sucre disponibles sur le marché.
On considère que près de 30% de la production mondiale de sucre est commercialisée sur le marché international. Le Brésil est depuis 1995 le premier exportateur avec une part de marché de 18%. Il a ainsi dépassé l’Union Européenne qui occupait cette position depuis longtemps. Les autres gros producteurs mondiaux sont l’Australie, la Thaïlande, Cuba, l’Ukraine et le Guatemala.
On peut observer une forte concentration de la production dans les grands pays producteurs durant les 20 dernières années : en 1980, les 10 plus grands producteurs arrivaient à 56% de la production totale pour passer à 70% en 2001.
Les pays en voie de développement représentent plus de 60% de la consommation globale de sucre et ce sont ces pays qui seront sans doute la principale source d’augmentation de la demande.
2.2. Politiques économiques.
2.2.1. L’union européenne.
L’UE protège sa production de betterave sucrière à travers des subventions très importantes (notamment des subventions à l’exportation) et des taxes d’importation élevées sur le sucre de canne en provenance des pays du Sud. Les pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) bénéficient d’accords préférentiels sur des quotas fixés. Toutes ces mesures ont été prises dans le cadre de la politique agricole commune (PAC). Par ailleurs, les prix garantis par l’UE à ses producteurs sont en moyenne deux fois et demie plus élevés que ceux du marché mondial !
Ces exportations subventionnées contribuent à augmenter les quantités disponibles sur le marché international et donc à maintenir le prix mondial à un niveau faible, affectant ainsi les revenus de nombreux producteurs du Sud ne bénéficiant, eux, d’aucune aide comparable.

Plus en détails :
Les quotas de production de sucre de l'Union européenne se répartissent en trois catégories : A, B et C. Ils sont destinés à régir la production et les échanges de sucres, d'isoglucoses et de sirops d'inuline.

- Les quotas A et B (de 2001/02 à 2005/06)
La production sous quota A et B est garantie par un prix minimum d'achat et des restitutions à l'exportation. Les quotas sont alloués pour chaque pays qui les répartit entre les entreprises sucrières. En principe la quantité du quota A correspond à la consommation de sucre estimée pour la campagne en cours dans l'Union européenne et le quota B correspond aux exportations bénéficiant de restitutions.
Ces quotas sont définis pour le sucre (blanc ou brut), l'isoglucose et le sirop d'inuline. Des organismes d'interventions achètent les quantités qui leur sont offertes dès que le prix intra-communautaire atteint les prix minimums.
Des restitutions à l'exportation sont versées afin de compenser la différence entre le prix intra européen et le prix mondial du sucre. A l'inverse un prélèvement à l'exportation est perçu lorsque le prix mondial est supérieur de 10% au prix intra-communautaire.
- Le sucre C
Il couvre les quantités produites hors quotas (A et B cumulés) et ne bénéficient d'aucune garantie. Les quantités en surplus peuvent être exportées sur le marché mondial sans restitutions. Le producteur peut cependant choisir de reporter cette quantité sur l'année de commercialisation suivante en le stockant au minimum 12 mois et l'intégrer ainsi au quota A de l'année suivante.

2.2.2. Les pays ACP (Afrique-Caraïbe-Pacifique).

L'Accord de Cotonou est entré en vigueur en avril 2003 pour une période de 20 ans (avec une révision tous les 5 ans). Il définit un cadre spécifique ouvrant l'accès à des conditions préférentielles réciproques entre l'Union européenne et les 78 Etats-membres du groupe des pays A.C.P.. Un accès privilégié est accordé à certains pays A.C.P. sous forme de quotas d'importation à droits préférentiels. Parmi ceux-ci, Maurice et Fidji se voient octroyer les quotas les plus importants avec respectivement 40% et 13,4% du quota global.
Les quantités de sucre de canne (blanc ou brut) sont convenues (exprimées en équivalent sucre blanc) pour chaque période de douze mois.
Ce sucre peut être importé hors droits de douane sur le marché européen. Il bénéficie d'un prix garanti négocié annuellement entre l'Union européenne et les pays A.C.P. En pratique, à l'intérieur du quota, ce prix garanti est le même que le prix d'intervention. Le sucre des pays A.C.P. bénéficie donc des mêmes conditions que celles accordées au sucre européen. Le prix qui découle de cette négociation est la clé de l'avantage accordé au sucre A.C.P..
Il existe un cas particuliers entre l'Union européenne et l'Inde (pays non A.C.P.) à qui elle fournit un accès libre de droits de douane pour un quota de 10 000 tonnes.

2.2.3. Le Brésil
.
Avec actuellement 320 usines traitant au total 389millions de tonnes de canne à sucre en 2004, soit 40% de la production mondiale, le Brésil,, est le premier producteur mondial devant l'Inde et l'Australie, il est également le premier exportateur mondial devant l’Union Européenne.

2.2.4 La politique sucrière des Etats-Unis

La politique agricole américaine en matière de sucre se décompose en deux instruments principaux : le système de quotas à droits réduits (Tariff Rate Quota, TRQ) qui permet de réguler l'offre sur le marché américain et le programme des "price support loan"qui garantit un prix minimum aux transformateurs et aux producteurs.
Cette politique est assez similaire à celle de l’union européenne. Le système de quotas à droits réduits permet à une quarantaine de pays de bénéficier d’un système dépourvu de doit de douane et à un prix supérieur au marché mondial. Comme pour l’UE, la quantité totale de sucre bénéficiant de ce système est limitée.
A l’intérieur du pays, les revenus des producteurs et des transformateurs sont garantis par plusieurs systèmes (prêts, subsides,...) Aux USA le prix du sucre est moins élevé qu’en Europe mais encore bien supérieur au prix actuel dans l’Union

2.3. La réforme de la PAC.


Le 27 septembre 2002, le Brésil, l’Australie et le Thaïlande ont adressé une plainte à l’OMC (Organisation mondiale du commerce). Cette plainte porte sur la politique de l’UE qui, d’une part, protège de manière très ferme son marché et, d’autre part, subventionne les producteurs européens et ceux des anciennes colonies. Ces trois pays faisaient valoir que les subventions européennes entraînaient des "distorsions graves dans le commerce mondial de sucre".
Ainsi l’UE, importante exportatrice de sucre blanc, se voit accusée de faire plonger le cours mondial du sucre.
L’OMC a donné raison à ces trois pays et donc contraint L’UE à entamer une réforme de sa politique commerciale du sucre. C’est dans cette optique que l’UE a fait une proposition de réforme en juillet 2004.

Suite à la plainte déposée auprès de l’OMC par 3 pays gros producteurs de sucre en 2002 (Brésil, Thailande et Australie), suite aussi à son élargissement et à sa longue immobilité en ce qui concerne sa ploitique sucrière, l’Union Européenne s’est vue obligée de réformer de manière assez importante sa politique sucrière.

L’UE a déjà proposé un projet de réforme qui est résumé ici :

Selon le projet, d'ici à fin 2007, le prix garanti du sucre tomberait en deux étapes de son niveau actuel de 632 euros la tonne à 506 puis 421 euros la tonne.
- Le quota annuel de production pour l'ensemble de l'UE, aujourd'hui de 17,4 millions de tonnes, sera réduit de 1,3 million en 2005/06 , puis de 500 000 tonnes sur trois ans pour tomber à 14, 6 millions de tonnes en 2008/09.
- Les exportations subventionnées seront encore plus drastiquement réduites pour passer de 2,4 millions de tonnes annuelles à seulement 400 000 tonnes.
- Bruxelles prévoit de compenser partiellement, à hauteur de 60%, les pertes de revenus engendrées pour les producteurs européens. Une enveloppe de 895 millions d'euros de compensation est prévue sur la période 2005-07, dont le plus gros ira aux deux principaux pays producteurs, l'Allemagne et la France. Elle sera portée à 1, 34 milliard d'euros en 2007/08.
- La restructuration prévoit aussi une transférabilité des quotas d’une zone de production à une autre.

CONSEQUENCES (PROBABLES) DE LA REFORME

- Pour l’UE

Une baisse directe de revenu va découler de cette réforme ; pour le producteur (l’agriculteur), ainsi que pour les transformateurs. (sucreries). Des restructurations ont déjà lieu ; pour être plus compétitifs, trois groupes sucriers ont récemment fusionnés en Belgique. D’autre part, certaines sucreries ont dû fermer, mettant bon nombre de travailleurs à la porte.
L’agriculteur a encore le choix de planter autre chose que de la betterave, mais de toute manière il en souffrira car la culture de la betterave est plus rentable qu’aucune autre. De plus cette plante racine occupe une place prépondérante dans une rotation, tant au niveau fertilisation que maintien de la structure du sol.( tête de rotation)
Une des conséquences au niveau européen est de voir la production se concentrer sur quelques régions plus compétitives, formant de cette manière d’énormes pôles industriels et ne laissant aucune chance aux industries mineures et éliminant les zones (très nombreuses jadis) traditionnelles de production de sucre. Ce mouvement , qui est déjà observable risque de s’amplifier considérablement du fait de la réforme. (transferabilité des quotas)

- Pour les pays ACP et PMA

Dans ces pays, on observe avec beaucoup d’attention et d’un œil très critique les décisions de l’Union. En effet , pour ces pays, des intérêts énormes sont mis en jeu ; l’abolition, ou même la restriction des ventes de sucre à prix préférentiels à l’Europe pourrait avoir des conséquences catastrophiques. Dans certains pays, l’industrie sucrière, subventionnée par l’Europe, occupe un rôle prépondérant ; elle permet parfois de voir se développer des infrastructures liées à l’éducation, à la santé, sans compter le nombre d’emplois qu’elle fournit aux travailleurs locaux.
Pour le moment, ces pays ne sont pas satisfaits du projet de réforme : Le point principal est la réduction des prix qui aura des conséquences pour ces pays, L’UE ne propose aucun mécanisme d’ajustement face à ces bouleversements.


2.4. Les controverses.

En parcourant nos différentes sources d’informations (Internet pour la majeure partie), nous nous sommes rendus compte que le sujet que nous traitions était au centre de nombreuses controverses que nous allons maintenant citer et quelque peu développer :


- La réforme telle qu’elle est présentée à l’heure actuelle entraînera-t-elle les conséquences espérées, à savoir favoriser le développement économique du plus grand nombre?
Il nous semble assez évident que la réponse à cette question est non, en effet la réforme risque de simplement déplacer le déséquilibre actuel sans vraiment établir d’équilibre durable.

- Est-il possible de combiner le développement social de nos agriculteurs et des paysans du Sud ?
On se rend effectivement compte qu’il est très difficile de concilier la protection des intérêts des agriculteurs européens tout en garantissant une aide au développement pour les pays moins avancés envers lesquels l’Europe a des engagements sérieux. Et s’il est impossible de faire cette conciliation, sur quelles bases peut-on privilégier l’un ou l’autre des acteurs?

- Le développement économique entraîne-t-il toujours un développement social en parallèle ?
Cette hypothèse est bien souvent soutenue mais il faut se poser la question de savoir si cette réforme va permettre un développement des conditions de vie et de santé et d’éducation des coupeurs de canne brésiliens (par exemple) ou si elle va encore augmenter le chiffre d’affaire des grosses entreprises souvent étrangères qui gèrent les plantations. C’est donc le problème de fond de la redistribution des richesses qui est évoqué ici, et il semblerait que le projet de réforme ne garantisse pas la résolution de ce problème, loin de là.

- Quid du problème de santé publique ?
La surconsommation de sucre fait de plus en plus parler d’elle. Dans cette optique, quel est l’avenir de la filière sucrière?

3. Conclusion.

Toutes ces questions controversées et bien d’autres encore n’ont pas de bonne ou de mauvaise réponse, ce sont néanmoins des questions importantes sur lesquelles il est intéressant de se pencher afin de découvrir la complexité et la diversité des raisonnements qui tentent d’y répondre.
Ce séminaire d’exploration de controverses nous a permis d’acquérir des connaissances sur un sujet qui peut paraître assez spécialisé (qui s’intéresse à la réforme du secteur sucrier si ce n’est les planteurs de betteraves ?...) mais qui au final touche à des questions fondamentales comme le montrent les différentes controverses soulevées.
Nous avons également pu nous rendre compte qu’il est assez facile de trouver des positions communes à une large échelle mais que plus on va vers les intérêts particuliers, plus ces positions communes se transforment en rivalités. Il est autrement dit très difficile de trouver un système « gagnant-gagnant » face à la logique du « gagnant-perdant », surtout lorsque les intérêts des uns ont plus de poids que ceux des autres.

4. Sources.
-www.fao.org
-www.protegez-vous.qc.ca
-http://r0.unctad.org/infocomm/francais/sucre/ecopol.htm
-http://www.autresbresils.net/dossiers/sucre1.htm
-http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=83&art_id=188514
-http://europa.eu.int/scadplus/leg/fr/lvb/l11066.htm
-http://www.ictsd.org/pass_synthese/02-11/story1.htm

Posted by team_3_1 at 03:41 PM | Comments (0)

December 05, 2004

t2 : Quid des farines animales?²

Quid des farines animales?

uel est le rapport avec notre sujet, le maïs?
La réponse se trouve dans l'histoire de l'évolution du régime alimentaire humain de ces dernières décennies.
Avec l'augmentation du niveau de vie dans certains pays, les habitudes alimentaires ont changé et la quantité
de viande consommée a fortement augmenté.
La demande augmentant, l'offre devait suivre et l'utilisation de divers aliments pour le bétail
(maïs fourrager, pâturages, farines animales,...) furent utilisés.
Dans le même temps, divers accords commerciaux entre divers producteurs et consommateurs de ces aliments
pour le bétail se sont conclus.
Des équilibres commerciaux se sont construits lentements, mais lorsqu'un événement de grande empleur et rapide se produit,
les accords, toujours en vigueur doivent être respectés.

Lors de l'affaire des farines animales contaminées (épizootie d'encéphalite spongiforme bovine (ESB)), du jour au lendemain,
l'utilisation de cette source de nourriture animale ne pouvait plus être utilisée ce qui entrainait des déficits alimentaires.
La solution logique aurait été de produire plus des autres sources alimentaires, mais les divers traités commerciaux
empêchaient cette solution d'être appliquée (cf Accords de Blair-House qui limite la quantité de surface subventionnée).

Liens utiles

Consommation viandeuse
http://www.fao.org/DOCREP/MEETING/004/Y7022F/Y7022F00.HTM#P38_5416

Traité de Blair-House

Posted by team_3_2 at 03:01 PM | Comments (0)

December 01, 2004

pourt3: Belpomme et produits phytos

Deux textes qui rapporte le point de vue du Pr Belpomme. Celui-ci s'exprime
régulièrement sur la scène publique à l'occasion de son livre "Ces maladies
créée par l'homme".

Le texte sur apiservice commence par distinguer les approches du risque avant de
se poursuivre sur le cas qui nous préoccupe.

-------- Original Message --------
Subject: Produits phyto
Date: Wed, 24 Nov 2004 08:47:19 +0100
From: Charles Gueldre
Reply-To: abeilles@fundp.ac.be
To: Liste abeilles

Suite à :
http://www.apiservices.com/abeille-de-france/articles/produits_phytosanitaires_sante_humaine.htm


http://www.lalibre.be/article.phtml?id=12&subid=124&art_id=194222

Charles GUELDRE
rue Surfossé, 54
B4621 Retinne
Belgium

Tel. mobile :+32 (0)473 200 808
Tel. fixe : +32 (0)43 582 584
Fax : +32 (0)43 582 585

--------------------------
Cancérologie

Et l'Homme créa les maladies...
LAURENCE DARDENNE
Mis en ligne le 24/11/2004
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Trois quarts des cancers seraient aujourd'hui liés à des facteurs environnementaux.
Entre autres responsables, les pesticides.
A ce rythme, l'espèce humaine pourrait disparaître d'ici un siècle, selon le
PrBelpomme, cancérologue.

D.R.

ENTRETIEN

Cancérologue de renommée mondiale, le Pr Dominique Belpomme est l'un des
principaux instigateurs de l'Appel de Paris - qu'il engage tout le monde à
signer - qui proclame que le développement de nombreuses maladies actuelles est
consécutif à la dégradation de l'environnement et que la pollution chimique
constitue une menace grave pour l'enfant et pour la survie de l'Homme.

A l'invitation de l'asbl «Nature et progrès», ce professeur de cancérologie à
l'Université de Paris V, chargé de mission pour la mise en oeuvre du «Plan
cancer» en France, donnera une conférence intitulée «Ces maladies créées par
l'Homme: cancers et environnement»(1).

Pour Dominique Belpomme, il ne fait aucun doute que les causes
environnementales, pesticides en tête, doivent être sérieusement et d'urgence
prises en considération.

Que sait-on au juste des liens entre cancer et environnement?

Ces liens sont établis à partir des tenseurs scientifiques, c'est-à-dire des
arguments incontournables au niveau de la logique. On estime par exemple qu'il y
a dans nos pays entre 20 et 25pc des cancers qui sont liés au tabac. Il reste
donc au moins trois quarts des cancers pour lesquels il faut expliquer
l'incidence croissante. Si on considère uniquement les facteurs liés au mode de
vie, c'est-à-dire l'alcoolisme, le déséquilibre du régime alimentaire, le
surpoids, la sédentarité, les traitements de substitution hormonale..., aucun de
ces facteurs n'est mutagène. Or, pour développer un cancer, il doit
impérativement y avoir des mutations. Et où se trouvent-elles? Si elles ne sont
pas dans le mode de vie, elles ne peuvent se trouver que dans l'environnement.

Par ailleurs, on sait pertinemment que non seulement les rayonnements (ionisants
ou non-ionisants) mais également de nombreux produits chimiques sont mutagènes.
Depuis la dernière guerre, nous avons introduit dans l'environnement entre 80000
et 100000 molécules dont nous n'avons pas contrôlé suffisamment le
retentissement sur la santé humaine. A peine 5000 ont été étudiées au niveau
toxicologique, dont moins de 1000 l'ont été pour leurs propriétés cancérigènes.
Nous savons en revanche que les listes de molécules considérées comme
probablement, potentiellement ou certainement cancérigènes par les différents
organismes internationaux s'allongent d'année en année.

Pouvez-vous nous donner quelques exemples précis de facteurs environnementaux
nocifs?

Pour ce qui concerne les rayonnements, on sait que les cancers thyroïdiens sont
liés à la radioactivité et que les mélanomes le sont aux ultraviolets. Au niveau
des produits chimiques, nul n'ignore que l'amiante est cancérigène et
responsable des cancers bronchiques et de la plèvre. On vient également de
démontrer que les dioxines étaient indiscutablement mutagènes. Il en va de même
pour les pesticides, perturbateurs endocriniens qui peuvent agir tout simplement
en stimulant la multiplication de cellules mutées. On est aujourd'hui en
présence d'une pollution chimique diffuse, multiforme avec des effets cocktail,
c'est-à-dire que les effets interagissent, s'additionnent et ont des actions
synergiques. Il ne fait donc à présent aucun doute que les trois quarts des
cancers sont liés à l'environnement.

Et moins que l'intensité des doses, ce sont la répétition et la durée des
expositions qu'il faut prendre en considération.

Vous avez déclaré que si l'on continue avec les pesticides et d'autres produits
chimiques à ce rythme, l'espèce humaine risque de disparaître d'ici un siècle.
Selon quel scénario?

Voyant l'expérience de certaines espèces animales qui ont disparu à cause des
pesticides ou d'autres produits tels que les PCB, l'homme n'étant pas exclu de
ce continuum biologique et n'étant qu'une espèce parmi les autres, on peut en
effet penser que nous allons droit vers l'extinction de l'espèce humaine. Pas
tellement à cause du cancer mais surtout au niveau de la stérilité masculine
(particulièrement importante chez les agriculteurs), qui est croissante
actuellement, avec, en toile de fond, l'effet de serre.

Comment explique-t-on le fait que les cancers de l'enfant, principalement des
leucémies et des tumeurs cérébrales, augmentent chaque année de 1pc aux
Etats-Unis et de 0,8pc en Europe depuis ces 30 dernières années?

Cela démontre que, contrairement à ce que l'on dit, le cancer n'est pas
nécessairement et uniquement lié à l'âge. L'enfant est en fait contaminé à trois
niveaux: avant la naissance, à l'insu de sa mère, par des polluants organiques
persistants, éventuellement mutagènes ou immunosuppresseurs qui s'accumulent
chez la mère et passent la barrière placentaire au cours de la grossesse,
contaminant le foetus; après la naissance, le bébé est encore contaminé à l'insu
de sa mère par l'allaitement; enfin, l'enfant est particulièrement fragile car,
par rapport à son poids, la quantité d'air respiré et d'eau ingérée est beaucoup
plus importante. Or, s'ils sont pollués...

On remarque par ailleurs l'apparition de déficits immunitaires chez les enfants
ainsi que l'augmentation de maladies du système nerveux central.

Le cas des enfants d'agriculteurs est particulièrement préoccupant...

Ils ont en effet un taux de malformations congénitales multiplié par quatre. Si
cela touche surtout les garçons, les filles ne sont pas épargnées, certaines
naissant par exemple avec des seins d'adolescente.

La conférence aura lieu à Bruxelles, le vendredi 10 décembre à 20h, dans
l'auditorium H 1309 de l'Université Libre de Bruxelles, campus du Solbosch,
avenue Franklin Roosevelt à 1050 Bruxelles. Rens.: Nature et progrès Belgique,
081/32.20.54.

E-mailphilippe.gondry@natpro.be. Webhttp://www.natpro.be

© La Libre Belgique 2004


Posted by Sébastien Denys at 01:00 PM | Comments (0)

pourt3: Rupture apiculture/agriculture: lien pommes/abeilles

Bonjour,
Nous évoquions la question des relations apiculture/arboriculture et le rôle des
abeilles dans la pollinisation des arbres fruitiers... Ci-dessous deux liens
vers des recherches menées au Canada qui apporte des données sur ce point.
Bien à vous,
Sébastien

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http://www.agrireseau.qc.ca/apiculture/Documents/conservation_des_pommes_et_la_pollinisation.pdf

Conservation des pommes et la pollinisation
L'importance de la pollinisation dans la mise à fruits et la qualité des pommes
a été
jusqu'à présent bien démontrée. En plus d'améliorer les qualités originales des
fruits, les
pommes mieux pollinisées se conserveraient mieux. Cet article présente les
résultats d'une
étude menée au Centre de recherche et d'expérimentation de Deschambault sur la
conservation de la pomme en fonction du taux de pollinisation.


http://www.agrireseau.qc.ca/apiculture/Documents/Densité_de_ruches_pollinisation_et_rendements.pdf

Dans les vergers de pommiers de l'île d'Orléans
Cet article résume le rapport final d'un projet de recherche intitulé
Détermination du
nombre optimal de colonies d'abeilles pour la pollinisation dans les vergers de
pommiers du
Québec. Pour plus de détails, ce rapport est disponible au Centre de recherche et
d'expérimentation de Deschambault, MAPAQ

Posted by Sébastien Denys at 12:58 PM | Comments (0)