t4: Fish : c’est fichu !

Posted by Sébastien Denys on December 11, 2004 05:29 PM, in categorie(s): Team 4: poissons
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Réservoir halieutique et poissons d’élevage.

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Fish : c’est fichu !
Réservoir halieutique et poissons d’élevage.

Aujourd'hui, le développement de la pêche industrielle est devenu la cause principale du déclin du réservoir halieutique. Ainsi, il s'ensuit des conséquences écologiques, économiques, politiques et sociales. Pour tenter de restaurer les stocks d’espèces menacées, des quotas de pêche sont imposés, sans pourtant parvenir à enrayer le phénomène (Nature, Vol 423, 15 mai 03). L'aquaculture est présentée comme une solution à cette déperdition et permettrait le repeuplement des eaux. Mais, l’aquaculture est-elle une réelle solution? En effet, elle nécessite d’importantes quantités de poissons, environ 30.000 tonnes chaque année, pêchées pour fabriquer farines et huiles avec lesquelles sont nourris les poissons carnivores élevés dans les fermes. L’aquaculture a aussi un impact sur l'eutrophisation des eaux. Celle-ci est due aux rejets des produits phytosanitaires, aux déjections des poissons et à l'excès de nourriture. De plus, certains poissons peuvent s'échapper de leur enclos contribuant ainsi à la prolifération de parasites et de maladies mais aussi entrer en compétition avec les espèces indigènes. Enfin, des études récentes ont prouvé que les saumons d’élevages contiendraient plus de polluants organiques (PCB, dioxines, etc.) que les saumons sauvages (Science, Vol 309, 9 janvier 04).

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BAAR Camille
DUBOIS Aurélie
SACRE Delphine

Premier grade Bioingénieur.

Encadrement : Sebastien Denys
Professeur : J-C Grégoire

Séminaire d’Exploration de Controverse
AGRO 030

Réservoir halieutique et poissons d’élevage.
Fish : c’est fichu !

Année académique 2004-2005

Introduction

Aujourd'hui, le développement de la pêche industrielle est devenu la cause principale du déclin du réservoir halieutique. Ainsi, il s'ensuit des conséquences écologiques, économiques, politiques et sociales. Pour tenter de restaurer les stocks d’espèces menacées, des quotas de pêche sont imposés, sans pourtant parvenir à enrayer le phénomène.

L'aquaculture est présentée comme une solution à cette déperdition et permettrait le repeuplement des eaux. Mais, l’aquaculture est-elle une réelle solution? En effet, elle nécessite d’importantes quantités de poissons, environ 30.000 tonnes chaque année, pêchées pour fabriquer farines et huiles avec lesquelles sont nourris les poissons carnivores élevés dans les fermes. L’aquaculture a aussi un impact sur l'eutrophisation des eaux. Celle-ci est due aux rejets des produits phytosanitaires, aux déjections des poissons et à l'excès de nourriture. De plus, certains poissons peuvent s'échapper de leur enclos contribuant ainsi à la prolifération de parasites et de maladies mais aussi entrer en compétition avec les espèces indigènes. Enfin, des études récentes ont prouvé que les saumons d’élevages contiendraient plus de polluants organiques (PCB, dioxines, etc.) que les saumons sauvages.

Les pratiques actuelles des pêcheries industrielles dépassent dangereusement la capacité de régénération naturelle des stocks de poissons de mer. L’industrie de la pêche capture actuellement bien plus de poisson que les océans n’en peuvent produire. On constate une diminution des prises en dépit des efforts de plus en plus soutenus qui sont déployés pour les maintenir. Les gigantesques navires industriels, utilisant des sonars à la pointe de la technologie, sont capables de localiser très précisément les bancs de poisson. Ces navires ont à leur bord des usines de conditionnement et d’emballage du poisson, d’énormes systèmes frigorifiques, des chaînes de production de farine de poisson et des moteurs suffisamment puissants pour tirer leurs énormes engins de pêche à travers les océans.

Selon les nations unies, 71 à 78% des pêcheries de la planète sont déjà exploitées à leur maximum, surexploitées ou fortement épuisées. Selon le WWF, plus d’un tiers des espèces qui nagent dans les eaux du globe seraient menacées d’extinction. A cela s’ajoute que la consommation de poissons ne cesse d’augmenter. Même les peuplades alpines se laissent gagner par l’appel de la marée. Aujourd’hui en moyenne, le Suisse mange 8 kg de poissons par an. Ce phénomène n’est pas propre à la Suisse. Mais le poisson est la seule ressource alimentaire de la planète que l’homme ne peut augmenter. Seul moyen de satisfaire la demande : pêcher toujours plus au risque de vider la mer. Les conséquences de cette surpêche sont nombreuses.

Quand une ou plusieurs populations ichtyologiques de poissons baissent fortement, les dynamiques écologiques de l’océan changent. Les prédateurs des espèces en déclin subissent les impacts négatifs du recul numérique de leurs proies. D’autres espèces peuvent commencer à reprendre à leur compte les rôles qui étaient ceux des groupes menacés à leur niveau antérieur. Une espèce dont le rôle est usurpé par une autre peut se trouver condamnée à l’extinction alors même qu’elle ne fait plus l’objet de prises massives. De plus, des mammifères marins et des oiseaux de mer, sont pris accidentellement dans les équipements de pêche. Certaines pratiques de pêche sont également destructrices des habitats ; ainsi le chalutage de fond qui laboure les fonds océaniques.

L’inéluctabilité de cette réduction de la diversité marine aura forcément des répercussion sur l’emploi dans l’industrie de la pêche : les ressources se faisant rares, il est logique de penser que le déclin de la pêche massive approche à grands pas. Beaucoup de compagnies de pêche verraient leur activité diminuer ou se restreindre au prélèvement d’espèces totalement inconnues jusqu’alors aux yeux des consommateurs. La perte de diversité des espèces est le résultat de négligences politiques. Les mesures de restriction de la pêche par les autorités politiques s’avèrent malheureusement trop timides. Soucieux d’engranger des retombées économiques et politiques à court terme, les gouvernements sont très tentés de maintenir les quotas de pêche à un niveau élevé. De plus, un certain décalage se ressent entre le développement des techniques de pêche sophistiquées lors de la période de haute croissance d’après guerre et l’étude des données recensant un épuisement des ressources halieutiques.

Chapitre I : La surpêche


I. Préserver les jeunes poissons pour assurer la pêche de demain

Depuis plus de vingt ans, on constate une dégradation sensible et continue des stocks essentiels de certaines espèces : on pêche trop intensément et de trop petits poissons. Le nombre élevé des bateaux de pêche et l’accroissement de leur efficacité ont conduit à une intensification de l’exploitation des ressources de la mer. La quantité de poissons adultes ayant diminué, la pêche s’est alors tournée vers des plus petits poissons, réduisant ainsi le nombre de femelles atteignant l’âge de se reproduire, ce qui menace le renouvellement des générations. Parallèlement, la situation économique des entreprises du secteur s’est dégradée :baisse des rendements et chute de la rentabilité. Dans un nombre croissant de zones océaniques, les pêches relèvent de la compétence d’organisations régionales de gestion des pêches. Par contre, dans les eaux continentales, les grandes pêches dans les fleuves et les lacs importants pâtissent souvent d’une mauvaise gestion. Dans la plupart des cas, les pêches continentales relèvent seulement de la juridiction nationale.
Pour remédier à cette situation, une série de mesures ont été prises au niveau européen.

Après plus d’un an de discussion, un règlement sur les mesures de conservation des ressources de la pêche dans les eaux de l’union européenne fut adopté par le Conseil des Ministres de la pêche des quinze pays membres de l’UE lors de la réunion de mars 1998. L’objectif de ces mesures est double : préserver les poissons immatures.

Le nouveau règlement :

· accroît la taille des mailles qu’il convient d’utiliser pour un ensemble de pêcheries, de la mer du Nord au Détroit de Gibraltar ;
· simplifie les règles en vigueur, les rendant plus facilement applicables pour les pêcheurs et donc contrôlables ;
· garanti une plus grande efficacité du système.

Ainsi l’Union européenne agit sur plusieurs fronts à la fois : réduction des capacités et des efforts de pêche, protection des jeunes poissons, meilleure application de la réglementation, responsabilité de l’ensemble du secteur de la pêche, ainsi que des consommateurs.

Les prévisions mondiales concernant les limites maximales des pêches de capture se vérifient de plus en plus lors de ces dernières années. On s’inquiète également du fait que le rythme et l’orientation de la recherche et les systèmes d’information sur les pêches qui l’appuient évoluent lentement alors qu’il est plus que jamais nécessaire de comprendre les rapports entre pêche et environnement et entre aménagement des pêches et développement. C’est parce que l’on a pris conscience du fait que la surcapacité de pêche et l’ampleur mondiale des opérations halieutiques continuent d’avoir des effets néfastes sur les stocks de poisson que l’on reconnaît plus facilement que l’aménagement des pêches et des investissements à long terme doivent tenir en compte l’environnement et les changements climatiques. Le manque fréquent de données fondamentales sur les pêches de subsistance et artisanales, contribue à l’échec des tentatives d’aménagement et d’élaboration de politiques visant à empêcher la surexploitation, la diminution des stocks et l’augmentation de l’insécurité alimentaire rurale et de la pauvreté.


II. Situation mondiale des pêches et de l’aquaculture (FAO)

La production mondiale des pêches de capture et de l’aquaculture ainsi que les disponibilités de poisson à des fins alimentaires sont actuellement à leur plus haut niveau, en fournissant plus de 15% du total des protéines animales. En 2000, les pêches de capture, en milieu marin, s’élevaient à 86 millions de tonnes. La Chine est le plus gros producteur avec 41,6 millions de tonnes en 2000 dont 24,6 millions proviennent de l’aquaculture.

La population mondiale, à l’exception de la Chine, a augmenté plus rapidement que la production totale de poisson destiné à l’alimentation, d’où une diminution des disponibilités mondiales de poisson par habitant qui sont passées de 14,6 kg en 1987 à 13,1kg en 2000.

La relative stabilité de la situation des captures mondiales masque des disparités régionales. Dans le Pacifique Nord-Ouest, le total des captures déclaré a doublé pour atteindre 23 millions de tonnes en 2000 dont la part de la Chine atteint les 60%.

A l’inverse des pêches de capture, la production aquacole a continué d’augmenter de façon notable.

TABLEAU 1Production et utilisation des pêches mondiales
1996 1997 1998 1999 2000 2001*
en millions de tonnes
PRODUCTION
PÊCHES CONTINENTALES
Pêches de capture 7,4 7,5 8,0 8,5 8,8 8,8
Aquaculture 15,9 17,5 18,5 20,1 21,4 22,4
Total des pêches continentales 23,3 25,0 26,5 28,6 30,2 31,2
PÊCHES MARINES
Pêches de capture 86,1 86,4 79,3 84,7 86,0 82,5
Aquaculture 10,8 11,1 12,0 13,3 14,2 15,1
Total des pêches marines 96,9 97,5 91,3 98,0 100,2 97,6
Total des pêches de capture 93,5 93,9 87,3 93,2 94,8 91,3
Total de l’aquaculture 26,7 28,6 30,5 33,4 35,6 37,5
Total des pêches mondiales 120,2 122,5 117,8 126,6 130,4 128,8
UTILISATION
Consommation humaine 88,0 90,8 92,7 94,4 96,7 99,4
Utilisations non alimentaires 32,2 31,7 25,1 32,2 33,7 29,4
Population (milliards) 5,7 5,8 5,9 6,0 6,1 6,1
Disponibilité par habitant de poisson
destiné à l’alimentation (kg) 15,3 15,6 15,7 15,8 16,0 16,2
A l’exclusion des plantes aquatiques*Estimations préliminaires.



En 2000 les captures de poisson ont été d’environ 78 millions de tonnes soit 0,8 millions de plus qu’en 1998. Les captures d’Asie et d’Afrique ont quant à elles augmenter au cours de ces dernières années. Celles d’Europe, d’Amérique du Nord, d’Amérique du Sud et d’Océanie sont restées relativement stables. C’est dans les pays en voie de développement qu’a lieu l’essentiel des captures en eaux continentales qui constituent dans la majorité des cas une importante source de protéines animales.

TABLEAU 3Production des pêches continentales par catégorie économique
Catégorie économique Production en 2000 (millions de tonnes) Pourcentage de la production mondiale
Chine 2,23 25,4
Autres pays ou zones
en développement 5,93 67,4
Economies en transition 0,41 4,6
Pays industrialisés 0,23 2,6
Total 8,80


En 2000, la production totale des pêches marines était de 86 millions de tonnes, retrouvant ainsi des niveaux proches des maximums historiques de 1997. L’évolution récente du total des débarquements mondiaux provenant des ressources des pêches marines naturelles peut s’expliquer en grande partie par le déclin puis la reprise rapide qui ont suivi le passage d’EI Nino en 1998. La situation mondiale des principaux stocks de poissons marins, pour lesquels on dispose de données d’évaluation, suit la tendance générale observée les années précédentes.

Dans l’ensemble, parallèlement à l’intensification de l’effort de la pêche, le nombre des ressources halieutiques sous-exploitées et modérément exploitées continue à diminuer. Quant aux stocks totalement exploités, ils restent relativement stables, alors que le nombre de stock surexploités, épuisés et en voie de reconstitution sont en hausse.

On estime que 25% des principaux stocks ou groupes d’espèces, pour lesquels on dispose de données, sont sous-exploités ou modérément exploités. Environ 47% des principaux stocks ou groupes d’espèces sont pleinement exploités et font, par conséquent, l’objet de captures ayant atteint leurs limites maximales. Ainsi, près de la moitié des stocks marins mondiaux n’offre aucun espoir raisonnable de nouvelle expansion. Dix-huit autres pour cent seraient déjà surexploités.

Les perspectives d’expansion ou d’augmentation de la production provenant de ces stocks sont négligeables, et il est de plus en plus probable qu’ils continueront de diminuer, de même que les captures, si aucune mesure corrective n’est prise pour réduire la surexploitation. Les 10% restants sont largement épuisés. La reconstitution des stocks suppose des réductions spectaculaires et durables de la pression sur les pêches et/ou l’adoption de mesures visant à éliminer les conditions qui ont contribué à la surexploitation ou à l’épuisement du stock.

Poissons par secteur de pêche

Dans le cadre de ce dossier, nous nous limiterons à quelques zones de pêche :

Le total des captures de l’Atlantique Nord-Ouest est resté relativement stable ces 10 dernières années. Par contre, le fait que les stocks d’églefin, de saumon mâle et de cabillaud n’aient pas réagi aux mesures d’aménagement rigoureuses qui ont été adoptées dans cette zone est particulièrement inquiétant.

Dans l’Atlantique Sud-Est, l’essentiel des variations est causé par des fluctuations de l’abondance et, par conséquent, des captures de petits pélagiques, en particulier le maquereau du Cape, l’anchois d’Afrique et le pilchard d’Afrique australe. Après avoir été sérieusement épuisés, les stocks de ces deux dernières espèces montrent des signes de rétablissement.

Dans l’Atlantique Centre-Est et dans le pacifique Nord-Ouest, le total des captures s’est stabilisé à des niveaux relativement élevés.

Dans l’Atlantique Sud-Ouest, les captures totales annuelles diminuent. Cette zone est sérieusement touchée par l’épuisement des stocks et par conséquent par la baisse des captures de l’un des stocks les plus important, le merlu d’Argentine.

Dans le pacifique Sud-Ouest, le total des captures annuelles a brusquement baissé suite au passage d’EI Nino et de l’épuisement des stocks d’anchois du Pérou notamment.

Quant au thon, la plupart des stocks sont totalement exploités dans tous les océans et certains sont surexploités, voire épuisés. C’est la surcapacité des flottes de thoniers qui en serait responsable dans plusieurs de ces zones. La situation des stocks de thon rouge du Nord et du sud de l’Atlantique, de l’océan Pacifique et de l’océan Indien, est particulièrement préoccupante. Ils sont dans la plupart des cas surexploités et gravement épuisés.

En ce qui concerne les stocks d’hoplostète orange, de béryx et de saint-pierre, pêchés en zones profondes à des latitudes élevées, la situation est aussi inquiétante. La plupart de ces stocks augmente lentement. Ces derniers sont constitués d’espèces qui vivent longtemps et qui sont donc particulièrement susceptibles d’être épuisées surtout lorsque leur répartition, leur abondance et leur dynamique sont largement inconnues.


Chapitre II : L’aquaculture


L’aquaculture est-elle la solution au problème de la surpêche ?

Avant de répondre à cette question, nous allons dans un premier temps exposer les différentes techniques de l’aquaculture ainsi que la production aquacole. Dans un deuxième temps, nous envisagerons les avantages et inconvénients liés à cette technique.


I. Généralités

1.1 Un petit bout d’histoire…
La pisciculture est née en Chine il y a environ 4000 ans. Plus tard, les romains construisaient des vivriers remplis d’eau salée dans lesquels ils versaient des poissons qu’ils avaient pêchés pour avoir du poisson frais en permanence. En Europe, le développement de la pisciculture en étang accompagne au Moyen - Âge celui des abbayes. Au quinzième siècle, la valliculture est pratiquée en Italie. Cette technique consiste à maintenir en enceinte close des poissons capturés lors de leur remontée vers les eaux saumâtres. Au milieu du 18ème siècle, l’allemand Jacobi réussissait les premières fécondations artificielles de salmonidés ainsi que les premiers élevages. Il faut ensuite attendre un contexte de " fièvre aquimaniaque " prônant un rivage converti partout en fermes aquatiques pour que les premières " piscifactures marines" soient crées (en 1878 aux Etats - Unis et en 1883 en Norvège).En 1925, la première expérience de sélection sur la truite mouchetée a lieu en ne retenant que les individus résistants à une bactérie. Suite à cela, les pisciculteurs effectueront systématiquement une sélection des poissons les plus gros. L'"aquaculture nouvelle", qui fait référence au développement de la pisciculture en mer, s'est développée à la fin des années 70 au Japon avec l'engraissement de la sériole et en Norvège avec les premiers essais d'élevage de truites en cages. Dans les années 80, des sélections génétiques ont permis l’obtention d’espèces monosexuées et triploïdes. Le mono sexage est une pratique visant à obtenir des populations du même sexe car, selon les espèces, le mâle ou la femelle s’avère de plus grande taille. En 1985, les premiers poissons transgéniques apparaissent dans plusieurs pays.
1.2 Subdivisions de l’aquaculture

L’aquaculture se compose de trois grandes familles :

· L’élevage de poissons en eau douce (dulçaquicole).

· L’élevage des poissons marins : cette technique est plus récente car initiée dans les années 70 et techniquement plus complexe. Elle s’est développée d’abord à partir de salmonidés (gros œufs) ou de la capture de juvéniles sauvages (sériole au japon).

· L’élevage de mollusques marins : il s’agit d’une activité plus traditionnelle qui ne requiert pas l’alimentation des animaux puisque les mollusques sauvages se nourrissent des nutriments naturels du milieu, ce qui peut entraîner de fortes fluctuations du fait des risques écologiques. Ainsi, il est à noter que la conchyliculture ainsi que l’ostréiculture ne posent aucun problème écologique majeur contrairement à la pisciculture et à la crevetticulture.

1.3 Productions

En 10 ans, les quantités de poissons issus de la pêche n’ont quasiment pas augmenté alors que la production de poissons d’élevage a doublé entre 1992 et 2002 (en effet, celle-ci est passée de moins de 10 millions de tonnes à plus de 25 millions de tonnes).

1.3.1 En milieu continental

La carpe est l’espèce la plus élevée au monde. La Chine en produit à elle seule 11 millions de tonnes par an. Ensuite vient le tilapia qui est élevé dans les pays intertropicaux du globe. Et enfin en troisième position se trouve le saumon atlantique qui est principalement produit en Norvège.

Graphique montrant la production des espèces les plus élevées dans les fermes piscicoles :


Carte montrant la production ainsi que la répartition des différentes espèces élevées dans le monde :

1.3.2 En milieu marin
La production de poissons marins est récente par rapport aux autres productions aquacoles. Les premières productions significatives datent du début des années 80. On constate cependant que la production de sériole, initialement la plus importante, tend à diminuer car elle est toujours tributaire de l'approvisionnement en juvéniles sauvages pêchés. Par contre, l'ensemble des autres espèces voit une augmentation considérable de la production (+ 1700 % depuis 1984) avec une diversification (catégorie "autres") de plus en plus importante. Les principales espèces produites sont : les chinchards, la dorade japonaise, le bar et la daurade européens, d'autres percidés, les mulets ..

Graphique montrant l’évolution dans le temps de la production piscicole marine de diverses espèces :


Graphique de la production de diverses espèces au fil des années :


Production aquacole de la Chine (en jaune) au cours du temps :

1.4 Coût de production

A partir de ce graphique, nous pouvons constater l’importance relative du poste « aliment » dans le coût de production du saumon. Il tend à se rapprocher de celui d’une filière d’élevage terrestre classique et montre le niveau de maîtrise bio-technique atteint par cette filière piscicole.

1.5 Quels sont les poissons que l’on peut manger sans mauvaise conscience ?

La réponse n’est pas simple. Certaines espèces devraient être temporairement bannies de nos assiettes pour leur laisser le temps de se reproduire. Dans d’autres cas, c’est face à la provenance ou au mode de pêche qu’il faudrait s’abstenir. Certaines espèces sont clairement à éviter. Le cabillaud est l’un des poissons les plus consommés en Suisse. Pourtant, dans l’océan Atlantique, les stocks sont descendus à des niveaux alarmants. Pour l’UICN ( Union mondiale pour la nature), l’espèce est classée comme vulnérable. Seule exception, les poissons provenant des eaux islandaises et norvégiennes, mais la provenance est rarement indiquée. L’églefin ou le Haddock, est souvent pêché dans les même filets que la morue et avec les mêmes conséquences dévastatrices. L’espèce est également classée comme vulnérable. La baudroie, ou la lotte, est un poisson qui se reproduit à un âge avancé. Les individus capturés sont extrêmement vulnérables à la surpêche et jouent un rôle au sein de l’écosystème. Plusieurs espèces figurent sur la liste rouge et font l’objet d’une réglementation internationale. Cependant, un grand nombre d’espèces ne sont pas gravement menacées, mais les biologistes considèrent que la pression de la pêche est à la limite de ce que les stocks peuvent supporter. Ces poissons sont en sursis. Il s’agit de la sole, de la sole limande, de la plie, du colin, du merlu et du hareng. Dans cette même catégorie pourrait figurer le thon. La famille comporte une vingtaine d’espèces, dont certaines figurent sur la liste rouge. Le thon en boîte pose relativement peu de problème, pour autant que la pêche préserve les dauphins. En revanche, certains thons rouges de méditerranée sont victimes de l’appétit des consommateurs japonais et pourraient disparaître rapidement. Enfin, un certain nombre d’espèces sont relativement bien préservées. Le saumon vient en tête des ventes helvétiques. L’espèce la plus consommée est le saumon d’Atlantique. 99% des poissons proviennent d’élevages norvégiens et écossais, il n’y a donc pas de risque de surpêche. Par contre, l’aquaculture a eu des graves conséquences sur les espèces sauvages, notamment en introduisant des maladies dans l’écosystème. Quant au saumon sauvage d’Alaska, les stocks sont bien gérés par les pêcheurs. La truite est dans la même situation. En général, nous consommons la truite arc-en-ciel d’élevage, et non pas la fario sauvage qui est menacée. Dans le même groupe, on trouve des espèces qui se reproduisent rapidement. Les plus connues étant la sardine et le maquereau. Enfin, trois espèces proviennent de plus en plus d’élevages :le bar, la daurade et le turbot.


1.6 Pêcheurs et aquaculteurs

L’emploi dans les secteurs de la pêche et de l’aquaculture a continué à augmenter dans de nombreux pays au cours des 30 dernières années. En 2000, on estimait que 35 millions de personnes étaient directement engagées dans les pêches et l’aquaculture dans le cadre d’un emploi à plein temps.

Les pêcheurs et les aquaculteurs sont très nombreux en Asie suivie de l’Afrique, de l’Europe, de l’Amérique du Sud, de l’Amérique du Nord et de l’Océanie. En 2000, sur 1,3 milliards de personnes économiquement actives dans l’agriculture dans le monde, les pêcheurs et les aquaculteurs représentaient 2,6% contre 2,3% en 1990. Sur les 35 millions de personnes actives, le nombre de pêcheurs a augmenté d’un taux moyen de 2,2% par an depuis 1990 alors que celui des aquaculteurs a augmenté d’une moyenne annuelle de 7%. Si les ménages employés dans l’aquaculture tiraient en moyenne 64% de leurs revenus d’activités liées à l’aquaculture, celles liées à la pêche représentaient en moyenne 38% du revenu des ménages de pêcheurs.

1.7 Aquaculture le métier

La durée de délivrance d’une concession, en France, est de 35 ans au maximum, mais elle peut être beaucoup plus courte dans certain cas. Cependant, la durée de ces autorisations ou concessions est limitée. C’est ainsi que la loi sur l’eau pose clairement le principe que « l’autorisation peut-être retirée ou modifiée, sans indemnité de la part de l’état exerçant ses pouvoirs de police ». Dans ces conditions, la valeur d’une entreprise piscicole peut être fortement dépréciée quand approche la fin de période d’autorisation (entre 10 et 30 ans en général), surtout si des doutes apparaissent quant à la possibilité que l’autorisation soit renouvelée.

L’aquaculture est exposée à différents types de risques (piscicoles) peuvent être identifiés, comme les risques pathologiques (parasitoses, viroses), écologiques (pollutions, dystrophies, plancton toxique), météorologiques (vent, températures, inondations), les risques techniques et humains (qualification du personnel, maîtrise technique, qualité des équipements électriques), les risques liés aux intrants (aliments, juvéniles), les risques divers (conflits d’utilisation des sites, dégâts accidentels) et enfin les risques commerciaux (perte de marché à la suite de pollution accidentelle du milieu d’élevage). Il est à noter que l’aquaculteur peut s’assurer contre tous ces risques.

L’étude du fonctionnement économique des entreprises aquacoles met en évidence deux caractéristiques originales qui sont, d’une part, la dépendance vis-à-vis du milieu naturel, et, d’autre part, l’insertion de leur production dans le marché fortement concurrentiel des produits aquatiques. Par rapport à la pêche, dont l’activité dépend totalement d’une ressource renouvelable, c’est à dire d’une ressource faisant l’objet d’une exploitation par l’homme sans que celui-ci puisse en influencer le renouvellement (sinon par la réglementation), l’aquaculture permet d’accroître la productivité du milieu naturel et de modifier partiellement le produit, en fonction de la nature de la demande.
Afin de contrôler le plus grand nombre possible des facteurs de production, les entreprises aquacoles mettent en jeu des technologies, des équipements et de la main-d’œuvre de plus en plus spécialisés. C’est ce qu’on appelle le processus d’intensification des techniques de production aquacole.

1.8 Etapes de l’élevage de poissons

1)L’obtention de juvéniles

· On capture dans la nature de jeunes individus qui sont ensuite élevés.
· Ou on peut récolter les œufs déjà fécondés en milieu sauvage. Ensuite, on en assure l’incubation ainsi que l’élevage des larves en milieu artificiel.
· Ou on élève les reproducteurs en enceintes artificielles de façon à ce que leur maturation sexuelle et la ponte aient lieu, soit spontanément, soit après l’intervention de l’homme (par exemple par injection hormonale).Les ovules sont d’abord récupérés dans un bac, puis recouverts de laitance. Enfin de l’eau y est ajoutée afin d’initier la fécondation.

2)Incubation

Après fécondation, les œufs vont séjourner une vingtaine de jours dans un incubateur. Les œufs morts sont éliminés et les embryons vivants transférés dans un bac d’éclosion.

3)L’élevage des larves

C’est l’étape la plus délicate. En effet, le poids de la larve à l’éclosion est de l’ordre du mg et sa bouche ne lui permet que l’ingestion de petites proies de quelques centaines de micromètres. Pour adapter son alimentation à son âge, on élève des algues et des crustacés minuscules. Ce sont des élevages supplémentaires qu’on tente d’éviter en mettant au point des micro-granulés pour larves.

4)Pré grossissement

Juste après la métamorphose, il est rare que le juvénile puisse être transféré directement dans les structures d’élevage définitives où s’effectuent croissance et grossissement. La taille réduite de l’animal à ce stade oblige à passer par un stade intermédiaire de pré grossissement en nurseries.

5)Croissance et finition

En élevage intensif, croissance et finition s’effectuent dans des structures de différents types ( voir structures d’élevages ). Le grossissement dure de un à trois ans. Durant cette période, les poissons sont régulièrement triés et répartis dans différents bassins en fonction de leur taille. Ceci afin d’éviter que de gros poissons n’entravent le développement des petits.


Pour illustrer ces différentes étapes, nous prenons l’exemple de la plus grande ferme piscicole d’Europe : Aquanord

En France, dans la commune de Gravelines, face à la mer, se situe la plus grande ferme piscicole d’Europe. L’entreprise s’appelle Aquanord, ses activités ont commencé en 1983. Tout d’abord il y a eu quatre années pendant lesquelles tous les tests possibles furent réalisés : tests sur les rejets, sur l’alimentation, sur l’oxygène, sur la température. Une station de l’Ifremer était annexée à Aquanord qui était là pour faire tous les contrôles avec l’Institut Pasteur.

Les bassins de la ferme sont alimentés par les quantités d’eau qui traversent la centrale nucléaire voisine. Comme la température de cette eau oscille entre 15 et 22 degrés toute l’année, cela permet d’élever sur les côtes de la Manche, des poissons méditerranéens. Aquanord produit du bar et de la daurade royale.

En pisciculture, l’étape la plus délicate est la reproduction. En décalant l’éclairage dans le temps, on parvient à obtenir, au moment où on le souhaite, les conditions de lumière du printemps. Ainsi, les poissons pondent toute l’année. Tous les ans, l’entreprise récolte des nouveaux animaux en pleine santé, conformes aux niveaux des taux de graisse, de la forme, du taux de croissance. Ainsi, en sélectionnant les plus beaux spécimens, l’écloserie marine d’Aquanord est devenue l’un des plus gros producteurs d’alevins de bars de la planète.

Même si les parents ont été soigneusement sélectionnés, les juvéniles ne grandissent pas tous à la même vitesse, il faut donc les trier régulièrement. L’opération vise à éviter que les plus grands n’accaparent toute la nourriture et empêchent les plus petits de se développer. Les poissons sont donc régulièrement pompés hors de leurs bassins et séparés par tailles. Amenée par camions entiers, l’alimentation est constituée de croquettes composées pour moitié d’huile et de farine de poissons, et pour moitié de végétaux. Quel que soit l’âge, le régime est le même, seule change la grandeur des croquettes. Pour obtenir un kilo de bar ou de daurade, on compte environ 2 kg de nourriture. Il faut attendre 14 mois pour que les bars atteignent une taille commercialisable. Les poissons ne sont récoltés qu’à partir de 2 ans et sont tués par immersion dans un bain d’eau glacée. Aquanord s’inscrit dans la même logique industrielle que celle qui préside aux autres élevages intensifs. Le but est de pouvoir satisfaire en tout temps, la demande des grands distributeurs européens, sans dépendre ni de la saison, ni de la météo en mer. Le produit est constant, de taille standard et parfaitement frais. Cependant, il y a des difficultés liées à ce type d’élevage. Il est difficile d’élever des poissons parce que chaque poisson a un mode de reproduction qui est différent. Il faut en moyenne 20 ans pour parvenir à élever une espèce de poisson. Comme il y a énormément d’espèces en mer, il est certain que l’aquaculture ne pourra remplacer la pêche mais elle restera une activité complémentaire de celle-ci. Pourtant en 2002, Aquanord a vendu 2400 tonnes de poissons. Cela représente autant de daurades et le tiers des bars que les pêcheurs français ont capturé en mer cette année là.

1.9 Structures d’élevages

1.9.1 Pour la pisciculture marine

A l’origine, les premiers essais de pisciculture marine avaient recours à des installations simples et des sites très abrités et faciles d’accès (bassins à marée, étangs, littoral protégé). Les inconvénients de ces choix sont vite apparus : caractère fermé des sites, manque de renouvellement d’eau, proximité des apports terrigènes…, entraînant des accidents, de mauvaises performances d’élevage et des potentialités limitées. Depuis, l’amélioration des connaissances et le perfectionnement constant du matériel et des techniques tendent à rationaliser les options. Selon les espèces et les sites, le grossissement se fait actuellement surtout en cages flottantes et en bassins de ciment.

· Les cages flottantes

Des structures flottantes portant des cages en filets sont ancrées directement en mer. Le renouvellement en eau est naturel, mais il convient de noter que la circulation horizontale est freinée par les filets et que la circulation verticale peut être augmentée par le mouvement circulaire des poissons. Dans le monde, l’élevage en cages flottantes assure l’essentiel de la production piscicole intensive en mer ( 80%).

· Les bassins de ciment

Le système d’élevage en bassins de ciment requiert des installations fixes à terre, avec des bâtiments, des circuits d’eau alimentés par pompage, de l’oxygène liquide. Il offre, par contre, des possibilités de contrôle du milieu d’élevage et du poisson. Les coûts de pompage en limitent néanmoins l’implantation.

· Les bassins en terre

Les bassins en terre sont utilisés pour l’élevage semi-intensif et ont recours à l’eau salée souterraine. Ce système est en voie de disparition.

· Les systèmes en circuits fermés

Ces systèmes réutilisent l’eau usée qui est recyclée à 100% (l’eau est filtrée dans une série de filtres, ensuite ré oxygénée et enfin appauvrie en CO2) .Mais ce système reste réservé à l’élevage des jeunes stades (Ecloseries) et à quelques espèces comme l’anguille ou le turbot.

1.9.2 Pour la pisciculture en eau douce

· Pisciculture en milieu ouvert sur rivière

Elle opère en bordure d’un cours d’eau, dont elle dérive l’eau par un barrage. Après passage dans les bassins où sont contenus les poissons, l’eau va être restituée intégralement à la rivière.

· Elevage en étang

L’élevage en étang est une forme de pisciculture extensive : les poissons mangent ce qu’ils trouvent dans l’eau et se font même manger par des prédateurs. Le pisciculteur veille et contrôle uniquement les étapes de la production. Afin de récupérer les poissons, l’étang sera vidangé par ouverture de ses vannes.

· Polyculture

Ce type d’élevage est pratiqué en Asie du Sud-Est et en Afrique. Celui-ci est mené parallèlement à l’élevage du bétail (canards, cochons,....) et à la culture de céréales, d’arbres fruitiers,….
L’éleveur place dans ses étangs plusieurs espèces de poissons qui n’ont pas la même alimentation. Les excréments du bétail servent d’engrais pour les plantes aquatiques ou ils sont épandus sur les champs de céréales; une partie de ces végétaux servira d’alimentation aux poissons. Lors du nettoyage des étangs, on récupère les boues, constituées de végétaux morts et de déjections de poissons, afin qu’elles servent d’engrais pour les cultures.
Il est à noter que les rizières peuvent servir de parcs à poissons dont les excréments enrichissent l’environnement.


1.10 Spécificités physiologiques des poissons

Les poissons présentent simultanément des besoins nutritionnels, déterminant la qualité des nutriments apportés par l’alimentation, et énergétiques, déterminant les quantités d’aliment et d’oxygène nécessaire, auxquels s’ajoutent des besoins minéraux pour le squelette et les écailles, et vitaminiques. Tout animal vivant produit ainsi des déchets en quantité plus ou moins importante selon que la couverture de ses besoins est adaptée à son métabolisme, lui-même sous le contrôle de facteurs génétiques et environnementaux. Les poissons présentent cependant quelques originalités dont celle qu’ils sont des animaux à sang froid.

Les poissons sont dits: poïkilothermes ou ectothermes car ils ne contrôlent pas la température de leur corps. Cette particularité présente l’avantage d’être peu consommateur d’énergie, mais l’inconvénient c’est que ses animaux sont « inféodés » aux conditions du milieu dans lequel ils vivent.

Ainsi, différentes conséquences sont importantes pour l’aquaculteur :
-Puisque chaque espèce possède une préférence thermique qui dépend de son stade de développement ; le choix d’une espèce à élever est fonction du milieu dans lequel elle doit vivre.
-Un individu peut tolérer des températures proches de sa préférence thermique ; il a des capacités d’adaptation qui peuvent atteindre leurs limites pour des températures plus éloignées qui tendent vers un seuil de létalité.
-Il est également à noter que les performances de croissance sont directement dépendantes de la température du milieu.

Mortalité estivale de post-smots

Axe de gauche :Somme des températures journalières sur la période estivale.

Les agents pathogènes et épidémiologie :

Pour tout organisme vivant, l’état de bonne santé est le fruit d’un équilibre entre cet organisme, son environnement et les bio agresseurs. En élevage intensif, l’apparition de pathologies, signe de la rupture de cet équilibre, peut venir de trois sources essentielles :

· Environnementale, par excès ou déficit de diverses substances ;
· Nutritionnelle, par excès ou déficit de divers nutriments ou de produits indésirables ;
· Infectieuse, au sens large du terme, par la présence en quantité anormale de bio agresseurs.

Cette pathologie, au sens large, concerne aussi bien les parasites que les bactéries et les virus. Lors de l’intensification des élevages, des conditions très favorables à l’existence de pathogènes sont créées par l’augmentation, dans un volume restreint, du nombre des animaux réceptifs.

1.11 La chimiothérapie en aquaculture :

L’emploi de la chimiothérapie en aquaculture est appelé à demeurer incontournable. En effet, les mesures alternatives comme l’utilisation de souches génétiquement résistantes, les vaccins et immunostimulants sont en cours de développement ou de portée limitée, en raison des difficultés technico-économiques de leur application. Par ailleurs, l’expansion de nouvelles : filières, bar, turbot, tilapia,… et l’apparition de nouveaux agents pathogènes rendent le recours aux médicaments indispensable. L’objectif de la thérapeutique en élevage est de réduire la population de bio agresseurs à un niveau supportable par leurs hôtes, sur une durée compatible avec le développement de leurs capacités de défense. Sa mise en pratique repose sur le choix d’un principe actif. Cette prise de décision nécessite la prise en compte des relations quantitatives qui unissent l’espèce traitée, l’agent pathogène et le médicament utilisé.

2. Analyse du problème

2.1 Arguments favorables à l’aquaculture

- La pisciculture pourrait être une alternative au rapport pêche/consommation. En effet, notre consommation moyenne de poissons par habitant dans l’union européenne ne cesse de croître régulièrement et ce par démarche nutritionnelle ou par réaction aux multiples scandales de sécurité sanitaire rencontrés dans les filières animaux terrestres. De plus, nos ressources mondiales halieutiques se raréfient sous la pression de notre activité de pêche dont les moyens et l’intensité n’ont cessé d’augmenté.

- Les poissons d’élevage s’avèrent être mieux contrôlés que ceux pêchés en mer. En France, la certification AB (lebel « bio ») existe depuis août 2000; les critères : une eau de bonne qualité, une alimentation qui provient à 30% de l’agriculture biologique et à 65% de farines et huiles de poisson, une limitation de la quantité de poissons sauvages utilisés. Le surcoût est de 30%.

- D’un point de vue goût les poissons sauvages et d’élevage seraient à égalité. Des tests de dégustation effectués notamment par des personnels formés par l’Ifremer donnent toujours les mêmes résultats : quand le jury connaît la provenance du produit, le poisson sauvage l’emporte haut la main. Mais dans le cas contraire aucune distinction n’apparaît !

- De plus, la pisciculture est également une grande source d’emplois.

- La pisciculture peut être également utilisée dans le but de repeupler des zones où certaines espèces sont en voie de disparition ou qui n’y existent plus :

Nous parlerons de la pisciculture d’Erezée dont l’idée du projet date de 1987 et qui a été construite dans une ancienne pâture de 5ha 85a, bordée de l’Aisne, cours d’eau de bonne qualité et qui possède de petites sources intermittentes.
La création de cette pisciculture pilote est justifiée par la nécessité pour la région wallonne de disposer d’une pisciculture de référence. Le principal objectif de ce projet est de réaliser une pisciculture dont le but est de produire des espèces de repeuplement, non produites par les pisciculteurs wallons et ayant disparu ou ayant tendance à se raréfier des eaux publiques : le saumon atlantique, la truite fario de souche indigène et l’ombre.
La création de ce stock de géniteurs est permise grâce à la capture de saumons adultes lors de leur remontée pour frayer. Ainsi, deux saumons qui furent capturés au barrage de Lixhe, ont déjà produit 6000 petits saumoneaux. Ceux-ci seront élevés dans la station afin d’obtenir une reproduction artificielle annuelle sans retour à la mer (l’aller-retour mer-rivière dure trois ans).
En ce qui concerne l’aspect pédagogique, l’étage supérieur de la pisciculture sera aménagé ultérieurement afin de sensibiliser le public au thème de la rivière et de la pisciculture par la présentation des espèces de poissons, de la qualité de l’eau, de la reproduction artificielle, la présence d’aquarium,…


2.2 Arguments en défaveur de l’aquaculture

- L’aquaculture contribue au dépeuplement des océans car les principales espèces que nous consommons sont carnivores : elles s’alimentent naturellement d’autres poissons. Il faut 1 à 12 kg de poissons pour produire 1 kg de poisson voulu. En d’autres termes, pour nourrir les poissons d’élevage, il faut aller pêcher.

- Une pisciculture intensive et productiviste pourrait avoir des problèmes similaires à ceux rencontrés lors de l’élevage intensif d’animaux comme les porcs et les volailles.

La qualité :

* Les poissons d’élevage seraient davantage contaminés que les poissons sauvages. Des taux de dioxines, d’ organochlorés, de PCB,…plus importants ont été dosés dans les poissons d’élevage.
Les déchets contribuent à dégrader la qualité intrinsèque de l’environnement et de l’élevage.
Les poissons d’élevage sont très sensibles à cette dégradation et cela peut entraîner des désordres métaboliques graves.
Cependant il faut noter qu’aussi bien les poissons d’élevage que les poissons sauvages sont exposés à de nombreux polluants industriels, à des hydrocarbures, des pesticides, des métaux lourds. Ces divers produits s’accumulent principalement dans les graisses des animaux et leurs proportions dans l’animal s’amplifient au cours de la chaîne alimentaire de sorte que des concentrations non négligeables sont atteintes ; ce qui aurait des conséquences sur la santé des consommateurs. Il est à noter que même les poissons élevés dans des bassins qui ne sont pas en contact avec l’environnement ne sont pas exempts de ces produits toxiques puisqu’ils sont nourris à base de farine et d’huile de poissons pêchés en pleine mer.
* Les poissons d’élevage contiendraient moins d’acide gras oméga 3 et plus d’oméga 6 que les poissons sauvages. Cette teneur moindre en oméga 3 serait une conséquence du fait que les poissons d’élevage sont plus gras que les poissons sauvages. Cependant, la teneur en oméga 3 est plus élevée dans la plupart des aliments. L’acide gras oméga 3 aurait des propriétés thérapeutiques contre l’obésité, les maladies cardio-vasculaires,…

Impacts sur l’environnement

Des rejets aussi bien en eaux douces qu’en mer sont une source pollution.
· la nourriture non consommée par les poissons (de 10 à 30% selon la méthode de nourrissage)
· des produits du métabolisme des poissons (excréments, urines)
· des traitements chimiques utilisés pour éviter l'accumulation de déchets sur les filets
· des antibiotiques pour traiter les maladies et des désinfectants pour éviter la prolifération des algues et des bactéries.

Ce sont principalement les aliments non consommés, les excréments et les urines, qui contiennent du phosphate et des nitrates, qui ont un impact sur l’environnement. Lorsque ceux-ci sont présents en trop grande quantité, ils contribuent à la prolifération intensive d’algues et de bactéries au détriment d’autres espèces animales et végétales qui meurent par manque d’oxygène. Selon les experts de l'ONU, l'aquaculture intensive produit 110 kg d'azote par tonne de poissons produits, 12 kg de phosphore.

Flux entrant et sortant à travers une cage
Les conséquences de la pisciculture sur son environnement sont récapitulées dans le schéma ci-dessous.

Source Ifremer A. Dosdat
Bilan du phosphore et de l'azote

Devenir du phosphore et l'azote principaux facteurs d'impact sur l'environnement.
Il y a 63% des aliments contenant du phosphore qui sédimentent sur le fond ainsi que 14% des aliments riches en azote. Ce sont donc des quantités importantes qui sont perdues pour la nourriture des poissons.


En kg par tonne de production

Source Ifremer Yves Harache 1993 (ENEL, 1987)
Effets théoriques des apports trophiques d’une pisciculture marine en cage :

Sur les fonds marins, les particules solides se déposent sous les installations piscicoles et tendent à s’accumuler dans le sédiment. L’accumulation enrichit le sédiment dans les 15 premiers centimètres en carbone et en nutrilites. L’enrichissement de sédiment en matière organique a pour conséquence directe l’augmentation de la biomasse bactérienne, avec un glissement progressif des formes aérobies vers les anaérobies. Dans ces conditions, il peut y avoir formation de gaz tels le méthane et l’hydrogène sulfuré, qui peuvent être relargués dans la colonne d’eau. Mais l’impact mesurable sur le fond reste toujours limité dans l’espace et ne dépasse guère une centaine de mètres autour des installations.

Les effluents non traités, excréments, déchets contaminés, produits chimiques,…provoquent un grand nombre de maladies infectieuses qui sont combattues avec des produits chimiques (antibiotiques, organophosphorés composés hormonaux mis dans l’eau) qui a leur tour aggravent la pollution de l’eau sans pour autant éradiquer les maladies. L’utilisation de ces produits pourrait, en outre, augmenter le risque de la poly-résistance bactérienne.

Eaux continentales

1) Impact sur la qualité des eaux :

L’enrichissement des eaux de rejet est surtout dû à l’ammoniaque, aux phosphates et aux nitrites. Les valeurs minimales et maximales de l’ammoniaque et le profil journalier des concentrations dépendent directement de la conduite de l’alimentation dans la pisciculture et des paramètres déterminant le transit de l’azote dans le poisson ( taille des poissons, température). La gestion de l’eau et de la matière solide jouent dans le cas des nitrites et du phosphore un rôle aussi important que la conduite de l’alimentation : répartition de l’eau dans les bassins et temps de séjour moyen de l’eau, mode de brassage de l’eau, collecte des matières décantables, fréquence de nettoyage et produits utilisés, captage des matières en suspension,…
Les mécanismes de l’impact des piscicultures restent discutés : les mesures physico-chimiques dont on dispose ne suffisent pas à expliquer l’intégralité des altérations observées.

2) Impact sur les fonds :

Les modifications des fonds de rivière sont la forme d’impact la plus visible. Les dépôts peuvent être réduits à une simple couche brunâtre recouvrant les cailloux du lit. Ces dépôts sont fréquemment mucilagineux. Ils sont le plus souvent accompagnés du développement de champignons et d’algues filamenteuses. L’importance des dépôts varie en fonction de l’activité de la pisciculture mais aussi en fonction du type d’aliment utilisé. Le mode de distribution de l’aliment peut diminuer ou augmenter ces phénomènes de dépôts, suivant qu’il se trouve adéquat ou non au type d’aliment utilisé. L’influence des caractéristiques physiques de la rivière reste mal connue. Le caractère mucilagineux des matières décantées peut expliquer que, même en zone de courants rapides, des modifications du fond ont pu être observées. Inversement, l’absence de dépôts n’est pas un critère de l’absence de nuisances car l’utilisation massive de médicaments peut contribuer au « nettoyage » de la rivière. Pour ces raisons, il est utile de disposer de critères moins discutables que la présence ou non d’algues filamenteuses. A cet effet, les procédures de mesures physico-chimiques doivent être précisées et définies pour être fiables dans le contexte de la pisciculture et l’utilisation de bio-indicateurs reconnus doit être préconisée.

3) Impact social :

Le développement à grande échelle de la pisciculture intensive aboutirait à la baisse des prix du poisson, cela déstabiliserait le marché du poisson et provoquerait la perte d’emplois de milliers de pêcheurs artisanaux.

4) Rapports avec la faune sauvage :

Les poissons d’élevages sont presque tous génétiquement identiques (à cause des sélections effectuées sur ceux-ci).Lorsqu’ils s’échappent de leur enclos, ceux-ci peuvent être envahissants et contribuer ainsi au déclin des espèces sauvages. (Par exemple, on estime que chaque année plusieurs dizaines de milliers de saumons d’élevages arrivent à s’échapper de leurs fermes et rejoignent le milieu naturel). Ils peuvent aussi se reproduire avec les espèces sauvages. Cela pourrait contribuer à réduire la diversité génétique locale, la résistance aux maladies et menacer les taux de reproduction. Il y a, en outre, des risques d’échanges de pathogènes et de parasites entre les poissons d’élevages et ceux de la faune sauvage.

Cela posera encore plus de problèmes si les poissons génétiquement modifiés sont autorisés. En effet, les poissons transgéniques produisent plus d’hormones de croissance que les autres et sont donc plus gros. Par conséquent, ils pourraient transmettre leurs caractéristiques à leurs congénères sauvages en se reproduisant avec eux. Du fait de la rapidité de leur croissance, les espèces sauvages pourraient être victimes de la voracité des ces poissons transgéniques. Parmi ces derniers, seul un tiers d’entre eux parviendraient à l’âge adulte (on observe une faiblesse de vitalité des poissons génétiquement modifiés ), ce qui provoquerait le risque de disparition de l’espèce.

- Résidus d’antibiotiques dans les produits de l’aquaculture :

Les antibiotiques sont utilisés en aquaculture, tant pendant la production qu’au stade de la transformation, tant pour prévenir (usage prophylactique) que pour traiter (usage thérapeutique) des maladies bactériennes. Les antibiotiques ont aussi été recommandés et utilisés comme désinfectants dans la manutention de poissons mais cette pratique s’est révélée peu efficace et n’est généralement pas approuvée par les services d’inspection du poisson. Malheureusement, l’usage des antibiotiques en aquaculture n’a pas toujours été utilisé à bon escient. La FAO, l’Organisation Mondiale de la Santé et plusieurs gouvernements ont déjà soulevé la question de l’utilisation irresponsable des antibiotiques. De nombreux gouvernements dans le monde ont introduit concernant l’emploi des antibiotiques dans l’agriculture en général et dans le secteur aquacole, des réglementations nationales qu’ils ont modifiées ou rendues plus strictes.

Préoccupation pour la santé publique

Quand les antibiotiques sont ingérés à l’insu du consommateur, sous forme de résidus dans les produits alimentaires, il n’est pas possible de quantifier ou de suivre la quantité ingérée. Ceci qui peut avoir des effets directs sur la santé, comme une anémie aplasique. En outre, l’absorption non intentionnelle d’antibiotiques favorise l’installation d’une résistance aux antibiotiques chez les bactéries pathogènes pour l’être humain. Mais ce problème important n’a toujours pas reçu l’attention voulue des autorités concernées. La conscience des risques pour la santé humaine résultant directement et indirectement de la consommation tant active que passive d’antibiotiques a conduit à interdire l’emploi de certains antibiotiques dans la production d’aliments d’origine animale. Pour les antibiotiques dont les risques sont connus, des limites maximales de résidus ont été établies.


2.3 Solutions

Il est à noter que l’impact d’une pisciculture sur l’environnement, peut-être considérablement limitée par les techniques d’élevage utilisées ( comme par exemple tout ce qui concerne l’alimentation), mais aussi en fonction du choix d’implantation du site d’élevage.

Comment diminuer la pollution de ces fermes ?

L’impact de la pisciculture sur le milieu, dépend essentiellement des législations en vigueur dans le pays où les élevages se situent. Il est à noter que les concentrations en polluants sont plus élevés dans les poissons des fermes européennes car les poissons leur servant d’aliments sont pêchés dans les zones Nord Atlantiques où se situent un grand nombre d’industries polluantes. Et c’est en Amérique du Sud que les taux en contaminant (PCB, dioxine, …) sont les moins élevés et il est à noter que la concentration de certains de ceux-ci est parfois similaire à celles contenues dans les poissons sauvages. Ces contaminants auraient diverses conséquences pour le consommateur : pour de très gros mangeurs de poissons, ces substances peuvent avoir des effets cancérigènes, inhiber la croissance, perturber la reproduction et plusieurs systèmes endocriniens. Mais les taux de contamination restent inférieurs aux normes au-delà desquelles il y a danger.
L’usage d’antibiotiques dans l’élevage de saumon a été divisé par plus de cent grâce à la systématisation de la vaccination.
L’amélioration des composés d’alimentation des poissons d’élevages a de plus permis une diminution sensible des émissions de composés azotés et des quantités nécessaires à la production d’un kilo de produit fini. La révolution « bleue-verte » a comme moteur la filière de nutrition qui commercialise désormais des produits moins polluants et moins riches en poissons naturels. Pour diminuer les déchets en nitrates, les scientifiques proposent de baisser l’apport en protéine tout en augmentant les acides gras car il existe une relation linéaire entre l’ingestion de protéines et l’excrétion d’azote. Pour les phosphates, les huiles et farines de poisson sont de plus en plus remplacés par des matières végétales. Ainsi les aliments pour poissons d’élevage sont aujourd’hui composés de 60-65% de farines et d’huiles de poissons, d’environ 35% de végétaux (blé, soja et pois), et de vitamines ainsi que d’oligo-éléments indispensables à la bonne santé du poisson. Certains industriels qui ont déjà réussi à diminuer à 30% le taux de farines et d’huiles, assurent qu’ils pourront faire beaucoup mieux dans les années à venir. Cette diminution est primordiale pour le développement d’une pisciculture durable qui ne soit pas nuisible aux poissons sauvages.
Des expérimentations d’élevage ont permis de combiner plusieurs espèces dans un même bassin pour diminuer certaines déjections polluantes. En employant le Tilapia Mariae (poisson d’origine africaine), une entreprise de Floride produisant des crevettes a pu annuler ses impacts négatifs sur l’environnement. Ce poisson est maintenant élevé intensivement aux Etats-Unis et il présente un succès croissant sur le marché. En effet, cette espèce offre un avantage de taille, elle se nourrit des déjections de certaines espèces ainsi que de petits végétaux et elle est capable de vivre dans les eaux boueuses.
Pour lutter contre la pollution et pour préserver le tourisme en zones littorales, des professionnels et des experts de l’Ifremer ont une solution : faire prendre le large aux élevages. Mais pour l’instant, l’investissement pour de telles structures est encore trop important.


Que faire pour que les niveaux de résidus d’antibiotiques dans les poissons restent acceptables ?

Il existe deux stratégies possibles pour faire en sorte que les niveaux de résidus d’antibiotiques dans les organismes aquatiques restent acceptables. D’une part limiter l’usage des antibiotiques dans les entreprises aquacoles et d’autre part fixer et faire appliquer des limites maximales de résidus (LMR) dans les produits de l’aquaculture.

· Limiter l’emploi des antibiotiques. L’aquaculture est obligée, dans certains cas spécifiques et identifiés, de recourir aux antibiotiques. La réglementation de leur disponibilité dans le commerce est une façon de s’assurer qu’ils sont employés de manière responsable.


TABLEAU 10Modalités éventuelles d’achat et d’utilisation des antibiotiques en aquaculture et effets résiduels consécutifs
Type d’antibiotiques Achat et utilisation Résidus dans le poisson
Antibiotiques spécifiquement approuvés pour un emploi dans l’aquaculture (conformément à la notice d’étiquetage) Vente libre Sur ordonnance Dans les limites des niveaux fixés par les autorités réglementaires
Antibiotiques à utiliser «autrement que selon la notice d’étiquetage»1 Antibiotiques approuvés pour l’aquaculture (sur prescription d’un professionnel) Dans les limites des niveaux fixés par les autorités réglementaires
Antibiotiques à utiliser dans les cas d’urgence et pour la recherche Utilisation temporaire et seulement après approbation spécifique de professionnels qualifiés Aucun résidu dans les produits commercialisés, ou dans les limites des niveaux fixés par les autorités réglementaires
Tous autres antibiotiques Interdits Absents
1 L’utilisation autrement que selon la notice d’étiquetage se définit comme «une utilisation de médicaments dans des conditions qui ne sont pas conformes à la notice d’étiquetage.»


· Etablissement et application de LMR : La limite maximale pour les résidus de médicaments vétérinaires (LMRMV) est définie comme la concentration maximale de résidu résultant de l’emploi d’un médicament vétérinaire exprimé en mg/kg de poids frais. La LMRMV se fonde sur le type et la quantité de résidu considérée comme exempte de tout risque toxicologique pour la santé humaine. Elle est exprimée en dose journalière acceptable. La LMRMV tient compte également d’autres risques sanitaires pertinents, ainsi que de considérations de technologie alimentaire. Une LMR peut être abaissée de manière à être compatible avec le bon usage des médicaments vétérinaires.

Exemple d’une activité récente :

Au Canada, les antibiotiques approuvés pour une utilisation aquacole sont l’oxytétracycline, le sulfadiazine, le sulfadiméthoxyne et le florfénicol. Les réglementations ne se limitent pas à approuver les types d’antibiotiques qui peuvent être utilisés, elles spécifient aussi l’espèce, le diagnostic, la dose et la durée du traitement ainsi que la période de retrait à observer quand un antibiotique est utilisé comme agent thérapeutique. Les antibiotiques approuvés peuvent être achetés et utilisés sous deux conditions : en vente libre ou sur ordonnance délivrée par un praticien qualifié. Il importe que des renseignements concernant l’emploi correct et responsable des antibiotiques soient fournis aux aquaculteurs.

TABLEAU 14Médicaments actuellement approuvés et leurs LMR au Canada
Médicament Espèce Tissus LMRA1
Oxytétracycline Salmonidés
Tissus comestibles 0,1 µg/g
Langouste
Sulfadi-méthoxine Tissus comestibles 0,1 µg/g
Salmonidés
Ormétoprim Tissus comestibles 0,5 µg/g
Muscle/peau 1,0 µg/g
Sulfadiazine Tissus comestibles 0,1 µg/g
Salmonidés
Triméthoprime Tissus comestibles 0,1 µg/g
Muscle/peau 1,0 µg/g
Tricaïne méthanesulfonate Salmonidés Tissus comestibles 0,02 µg/g
Formaldéhyde Salmonidés nd2
Florfénicol Salmonidés Tissus comestibles 0,1 µg/g3
Notes:1 LMRA = LMR administrative.2 Substance biologique régulée, partout présente dans la nature.3 La LMR spécifiée concerne le métabolite, l’amine de florfénicol.

Comment garder une diversité génétique dans les élevages ?

Grâce au pacage marin :

Egalement appelé « sea-ranching », il repose sur la capacité qu’on les saumons à retourner après migration, au point d’où ils ont été lâchés.
La technique consiste à élever des juvéniles en eau douce et à les relâcher au stade « smolt » lorsque leur comportement les conduit à descendre les rivières.
Les adultes seront pêchés lors de la migration de retour; mais la pêche en mer se déroule de manière à laisser suffisamment de reproducteurs remonter les rivières pour avoir à la fois reproduction naturelle et une possibilité de prélèvements d’œufs destinés à « boucler le cycle » en condition de production intensive. Il est à noter que l’essentiel de la pêche de saumons du pacifique est basé sur cette technique. Mais ce mode d’exploitation n’est donc pas envisageable pour des espèces non migratrices pour lesquelles seule une production intensive est pratiquée.

Comment empêcher la reproduction des poissons d’élevage avec les poissons sauvages?

Tous les poissons d’élevage sont presque identiques génétiquement. Lorsqu’ils s’évadent des fermes (on estime que par an plusieurs de milliers de saumons d’élevage s’échappent de leur enclos) et se croisent avec des populations autochtones, ils finissent par réduire la diversité génétique locale. Les solutions ? Empêcher les poissons de s’enfuir ou de se reproduire. Pour cela, la stérilisation par triploïdie est recommandée mais la technique n’est pas efficace à 100%.
La triploïdie consiste à ajouter un exemplaire de chaque chromosome dans les cellules du poisson et ce grâce à un choc thermique, ce qui rend le poisson stérile.
Trois avantages à cela :

· L’éleveur ne peut pas employer ce poisson comme reproducteur, ce qui protège ainsi le travail du sélectionneur.
· La qualité de sa chair reste constante contrairement aux poissons « normaux » chez qui la maturation sexuelle entraîne, parfois, la formation de tissus fades ou mous.
· Ces triploïdes réputés « stériles » ne peuvent s’hybrider avec les populations sauvages s’ils s’échappent.

Comment limiter le taux des poissons pêchés pour servir à l’alimentation des espèces élevées ?

Aujourd’hui, environ 12% des prises en mer et en rivières sont pêchés par an afin de nourrir les poissons d’élevage. La raréfaction des bancs de poissons océaniques s’intensifie en grande partie à cause du fait que les différents gouvernements ne parviennent pas à mettre en place et à appliquer des quotas de pêche. Il faut savoir que puisque l’économie de la pêche est très orientée vers la capture d’espèces ayant un débouché commercial immédiat; tous les ans, des millions de tonnes de poissons (considérés comme non marchandables) sont rejetés morts à la mer. Pourtant toutes ces espèces pourraient être utilisées comme source d’alimentation aux poissons d’élevage ce qui aurait pour effet d’augmenter sensiblement les réserves mondiales et ce sans exercer une pression supplémentaire sur le milieu.
En Asie, la pisciculture produit essentiellement des poissons végétariens comme le Tilapia et la Carpe; ce qui n’est pas le cas de l’Europe, par exemple, qui produit surtout des carnivores tels que le saumon et la truite. Afin de diminuer les besoins en poissons sauvages pour servir d’aliments utilisés dans les fermes piscicoles (il en faut 2 à 12 kg de petits poissons -du krill et de l’anchois principalement- pour fournir un1 kg de poisson d’élevage, selon les espèces) on eut l’idée de transformer des poissons carnivores en végétariens en les nourrissant à partir de soja, de maïs et de tournesol. Mais cette transformation qui possède également l’avantage de diminuer les taux de phosphore et d’azote dans les excréments des poissons, présente aussi quelques inconvénients comme des troubles de la digestion, une diminution de l’absorption d’éléments nécessaires tels que le zinc et le fer, une obligation d’apporter certains suppléments tels que de la méthionine, ainsi qu’une réduction de l’acide gras Oméga


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