pourt3: une étude qui dédouane les insecticides
Posted by Sébastien Denys on October 25, 2004 03:17 PM, in categorie(s):
Team 3: abeillles
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Deux articles du Figaro relate les résultats d'une étude qui dédouane les deux insecticides. Les apiculteurs contestent ces résulats.
Suit un commentaire d'un apiculteur Wallon dont la thèse semble intéressante à explorer:
"Et voici la fin de ma réflexion: c'est précisément suite à un stress
d'intoxication Gaucho ou Régent que le varroa se multiplie! Dans cette
optique, l'infestation de varroa est précisément la suite d'un choc
d'intoxication."
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ENVIRONNEMENT Une étude nationale dédouane clairement les deux
insecticides, qui avaient été interdits au printemps dernier
Mortalité des abeilles : Gaucho et Régent hors de cause
Yves Miserey
[12 octobre 2004]
Le Figaro a pu se procurer le recensement des troubles constatés en
2004 chez les populations d'abeilles pour l'ensemble de la France. Une
version partielle de ce bilan réalisé par les 95 services vétérinaires
départementaux de la métropole circulait déjà depuis un mois. Elle ne
portait que sur une cinquantaine de départements mais elle avait donné
lieu à de nombreux commentaires. En effet, elle révélait que la plupart
des problèmes constatés dans les ruchers en 2004 ne sont dus ni au
Régent ni au Gaucho.
Une constatation plutôt dérangeante, car ces deux semences enrobées
contenant des molécules insecticides (le Fipronil, dans le Régent
produit par BASF et l'Imidaclopride, dans le Gaucho de Bayer) ont été
interdites par le ministère de l'Agriculture au printemps dernier sous
la pression des apiculteurs. En effet, depuis 1998, ces derniers
accusent les deux insecticides d'être à l'origine de l'affaiblissement
des abeilles, un phénomène qui touche toute l'Europe, même des régions
où ces produits ne sont pas utilisés.
L'étude intégrale confirme donc ce que l'on savait déjà partiellement,
même si un peu moins de la moitié des cas de mortalités n'ont pas pu
être identifiés. Plus troublant encore, on ne signale aucune mortalité
d'abeilles dans les Landes où le maïs Gaucho est abondamment cultivé.
Dans le Loiret, où les apiculteurs avaient dénoncé les méfaits du
Gaucho et du Régent, les services vétérinaires attribuent clairement
l'origine de l'affaiblissement des colonies à la loque, la varroase,
les mauvaises pratiques sanitaires apicoles, le climat défavorable et
le blocage des pontes.
La réaction des apiculteurs est sans surprise. «Cette étude n'a pas
grande signification. Ce n'est pas une enquête sur le Gaucho, estime
Paul Bonnaffé, apiculteur professionnel et responsable de la Fédération
des coopératives apicoles. Et bon nombre d'apiculteurs ne déclarent pas
leurs pertes de ruches.»
La réaction des scientifiques est elle aussi sans surprise. «Cette
étude confirme ce qu'a déjà montré notre étude prospective menée il y a
deux ans. On ne constate pas de mortalités d'abeilles à cause du Gaucho
à de faibles doses», déclare Jean-Paul Faucon, de l'Afssa (Agence
française de sécurité sanitaire des aliments). Il relève par ailleurs
que dans le cadre de leur campagne anti-Gaucho et anti-Régent, les
apiculteurs ont tout intérêt à alerter les services vétérinaires.
Evidemment, cette étude nationale va relancer la controverse qui
oppose les apiculteurs aux industriels BASF et Bayer ainsi qu'aux
semenciers français producteurs de tournesol et de maïs. Le ministère
de l'Agriculture a assuré hier qu'elle serait transmise pour examen à
la Com'tox (Commission d'étude de la toxicité des produits
phytosanitaires) et à l'Afssa.
Pourquoi n'a-t-elle pas été rendue publique ? Certains avancent le
fait que le ministère a voulu éviter de provoquer la colère des
apiculteurs qui tiennent leur congrès national à Mende, du 14 au 17
octobre...
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Les apiculteurs contestent les conclusions de l'enquête
Muriel Frat
[12 octobre 2004]
Biaisé pour les uns, sans surprise pour les autres, le bilan dressé
par la direction des services vétérinaires relance la polémique sur le
Gaucho et le Regent TS, deux insecticides accusés par les apiculteurs
de décimer leurs abeilles.
Les semenciers exigent du ministre de l'Agriculture la levée de la
suspension de l'usage du Gaucho pour le traitement des semences de
maïs, décidé le 25 mai. «Au vu de ces résultats qui corroborent ce que
nous disons depuis longtemps sur l'absence de lien entre le produit et
la mort des abeilles, nous demandons à Hervé Gaymard de revoir sa
position», déclare Luc Esprit, président de la fédération nationale de
la production de semences. Ou au moins d'autoriser des dérogations dans
les régions à forte présence de taupins, les petits coléoptères qui
grignotent les racines de maïs.»
La firme Bayer, propriétaire du Gaucho, réclame elle aussi un
assouplissement de la suspension de son produit : «Afin de sauver la
filière, nous souhaitons que les pouvoirs publics l'autorisent pour les
semences destinées à l'exportation, commente François Thiboust,
directeur des affaires publiques de BayerCropScience France. De son
côté, BASF-France, qui produit le Regent TS, autre insecticide
interdit, «invite Hervé Gaymard à revenir sur une décision plus
politique que scientifique».
Une démarche que le ministre de l'Agriculture refusait, hier,
d'envisager : «Pour le moment, nous portons les nouvelles données à la
connaissance des instances scientifiques que sont l'Agence française de
sécurité sanitaire des aliments et la Commission des toxiques, explique
l'entourage d'Hervé Gaymard. Et nous demandons instamment à la
Commission européenne, qui doit réévaluer l'usage du produit pour le
traitement du maïs en 2006, d'aller plus vite que prévu.» Le ministère
précise que «la suspension des produits résulte d'une application du
principe de précaution proportionné puisque les agriculteurs ont été
autorisés à finir leurs semis de printemps.»
Mettant en cause le sérieux du bilan des services vétérinaires, les
anti-insecticides plaident pour le maintien des interdictions. «Cette
étude est superbidon, c'est de la filouterie d'Etat, s'emporte Philippe
de Villiers, président du conseil général de Vendée et auteur d'un
livre sur le sujet *. Les questionnaires des directions des services
sanitaires devaient répondre à une problématique de maladie et pas
d'intoxication. Les 111 cas d'intoxication comptabilisés en Vendée
apparaissent comme un seul cas dans le bilan national. On a affaire à
une manipulation supplémentaire.»
Même tonalité de la part des apiculteurs : «Ce bilan n'est pas
sérieux, renchérit Henri Clément, vice-président de l'Union nationale
de l'apiculture (Unap). Les services vétérinaires n'ont pas les
personnels nécessaires pour mener une enquête fiable. On essaie de
dédouaner le Gaucho et le Regent TS, ça fait partie d'une campagne
d'intoxication.»
* Quand les abeilles meurent, les jours de l'homme sont comptés, Albin
Michel.
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-------- Original Message --------
Subject: Re: débat sur la mortalité des abeilles
Date: Sat, 16 Oct 2004 03:56:29 +0200
From: Benoît Dupret
Reply-To: abeilles@fundp.ac.be
To:
References: <200410141725.i9EHPSR01458@guri.is.scarlet.be>
<714E62FC-1E1E-11D9-9C6B-0030654A3240@bluewin.ch>
Pas de commentaire sur les chiffres qui me paraissent effectivement
grotesques.
Mais nous avons tout de même un certain recul par rapport à varroa.
Et précisément, en rapport avec les intoxications, je me suis fait les
réflexions suivante:
J'ai recueilli plusieurs fois des colonies bien implantées dans de vieilles
bâtisses ou des toits qui devaient être réfectionnés. Les pompiers étaient
prêts à intoxiquer les abeilles et ces colonies qui subsistaient depuis des
années sans traitement antivarroa, m'intriguaient.
Cette année, je n'ai pratiquement pas de varroa dans mes 15 colonies, sauf
une complètement envahie. Mais cette colonie provient d'un autre apiculteur
qui est plutôt "rentre-dedans" avec ses abeilles.
Par ailleurs, j'ai aussi lu comment les abeilles pouvaient se prémunir de
aethinea mais que ce système de défense tombait en cas de stress.
Et bien, je crois que c'est la même chose avec varroa. Les abeilles qu'on ne
perturbe pas, qu'on ne stresse pas, s'en prémunissent mais que survienne un
stress et la défense tombe et c'est l'envahissement qui peut être fatal.
Et voici la fin de ma réflexion: c'est précisément suite à un stress
d'intoxication Gaucho ou Régent que le varroa se multiplie! Dans cette
optique, l'infestation de varroa est précisément la suite d'un choc
d'intoxication.
Bien sûr, il reste l'intoxication caractérisée, tellement brutale qu'on ne
parle même plus de varroa. Mais entre les deux il y a ce problème.
Dès lors, si les abeilles sauvages, chez nous survivent bien à varroa, que
les chimistes (dans le sens péjoratif du terme) nous disent exactement
quelle sont les mauvaise pratiques qu'ils répertorient si facilement sur
leurs tablettes. Les mauvaises pratiques qu'ils évoquent ne sont-elles pas
tout simplement les pesticides?
Pour ma part, suivant le principe de précaution, a priori, derrière
"mauvaise pratique" j'inscris "pesticide", sauf précision probante.
Benoît Dupret,
Tilff, Belgique.