T10:Rapport final
Mai 2004
Alberts Arnaud
Hoofd Catherine
Leclerc Jonathan
Lebrun Jean-François
La chasse à la baleine
1. Introduction
Après avoir lu la notice et parcouru les premiers sites proposés par les moteurs de recherche concernant la chasse à la baleine, nous nous sommes vite rendu compte que nous étions confrontés à des sujets qui nous étaient étrangers. L’expression « chasse à la baleine » , point central de notre controverse, possède en effet différentes significations suivant le protagoniste qui l’utilise. Les pays chasseurs qualifient ainsi celle qu’ils pratiquent de « pêche scientifique », certaines tribus aborigènes la nomment « pêche de subsistance » et enfin les opposants à cette chasse la dénoncent comme illégale et cruelle. Nous avons également observé que les pays pratiquant la chasse à la baleine préféraient utiliser le terme pêche à celui de chasse et ce dans un but d’adoucir cette pratique nous semble-t-il. Pour compléter notre connaissance de la controverse, nos recherches se sont orientées vers deux autres directions : un historique de cette chasse qui nous a permis de situer la chasse à la baleine dans un contexte plus précis et une étude de la commission baleinière qui nous a donné des informations sur la situation actuelle de la controverse et ses aspects juridiques. Ce sont ces deux approches sur le sujet que nous allons tout d’abord vous exposer.
2. Historique
La chasse à la baleine est pratiquée depuis environ 1500 avant JC et les chasseurs cherchaient à ramener de la viande pour subvenir à leurs besoins. Par la suite, de plus en plus de nations se sont lancées dans l’aventure de la chasse baleinière, véritable ruée vers l’huile. Il faut savoir que les produits extraits d’une baleine peuvent êtres utilisés dans des domaines aussi diverses allant des matelas d’enfants aux outils des chirurgiens en passant par les lubrifiants d’horlogerie. (La liste de tous les produits exploitables se trouve en annexe).
Lorsqu’une nouvelle population de baleines était découverte, celle-ci était rapidement exploitée et lorsque les stocks d’une région se trouvaient décimés, les chasseurs se déplaçaient vers d’autres régions. L’histoire de cette chasse a été révolutionnée en 1870 par l’invention du canon-harpon à tête explosive. Les navires baleiniers se sont considérablement développés et modernisés permettant dès lors de traquer des espèces qui étaient jusque là trop rapides pour être commercialement rentables. Le monde de la chasse à la baleine va également voir apparaître des navires-usines ( une quarantaine à l’apogée de la chasse) qui vont décimer les populations de baleines.
Au cours du 20è siècle, le nombre de baleines tuées est estimé à 1.400.000. L’apogée de la chasse se situe dans les années trente et à ce moment-là, elle est très rentable. Mais à force de surinvestir dans la flotte et de vouloir rentabiliser à tout prix toutes les expéditions en mer, le cours mondial de l’huile s’est effondré. Il s’en est donc suivi une réduction de l’effort de chasse et l’établissement de quotas du nombre maximal de captures par saison. Au début des années trente, la première convention pour la réglementation de la chasse à la baleine est créée et la quinzaine de pays qui la composent, cherchent à mettre en place une série de mesures de limitation de la chasse. Cette convention deviendra en 1946 la Commission Baleinière Internationale, créée à l’époque par 14 pays et comptant aujourd’hui 49 membres. Les objectifs que désire atteindre la commission sont les suivants :
- protéger les jeunes de toutes espèces afin de garantir l’existence de futurs reproducteurs
- établir des quotas de capture par l’intermédiaire d’un système de gestion
- créer des réserves intégrales notamment dans les zones de reproduction
- prohiber toutes prises d’animaux appartenant à une espèce en danger.
Les espèces de baleines en danger sont reprises dans la liste suivante :
•La baleine franche de l’Atlantique : gravement menacée : 300-350 individus
•La baleine franche du Pacifique : gravement menacée : < 1000 individus
•La baleine franche australe : faibles risques : environ 7000 individus
•La baleine franche boréale : faibles risques mais menacée dans certaines régions
•La baleine franche pygmée : menacée
•Le rorqual bleu : menacé
•Le rorqual commun : menacé
•Le rorqual de Bryde : menacé
•Le rorqual boréal ou de Sei
•La baleine grise : menacée
•La baleine à bosse : vulnérable
•Le petit rorqual : faibles risques
•Le petit rorqual de l’Antarctique : faibles risques
•Le cachalot : vulnérable
Il est important de remarquer que cette commission est formée de nations qui pratiquent la chasse à la baleine et que donc, dans les premières années de son existence, celle-ci avait principalement des buts économiques.
Le rôle que cette commission a joué dans l’histoire de la chasse à la baleine et ses différentes décisions vont être exposées maintenant.
3. Commission Baleinière Internationale
Tout d’abord nous avons retracé un petit historique nous éclairant sur les buts recherchés par cette commission, les explications sur sa fondation et les pays la constituants. La chasse à la baleine étant en vigueur depuis maintenant deux siècles a commencé à se développer avec l’apparition du canon lance-harpon dans la seconde partie du 19ème siècle et la motorisation des navires. Pour parvenir à gérer les ressources de cette chasse devenues rares, la commission baleinière internationale est créée à la fin de la deuxième guerre mondiale (en 1946). Des quotas de chasse sont alors répartis selon des règles précises et dans un premier temps les pays membres de la commission baleinière, au nombre de 14, instaurent la Blue Whale Unit (BWU), une unité de base calculée sur le tonnage moyen de la baleine bleue. Comme il n’y avait, dans cette restriction, aucune distinction de l’espèce ni de l’âge des grands cétacés ce système sera abandonné 25 ans plus tard en raison du danger qu’il représente pour les « stocks de baleines » et donc pour l’industrie. Au fur et à mesure des années, le comité scientifique de la CBI essaie de recommander de restreindre la chasse à certaines espèces par peur de disparition totale d’espèce. Leurs demandes ne seront que rarement écoutées par la commission pour qui ces espèces sont rentables. La chasse et les abus ne feront qu’amplifier durant la deuxième partie du 20ème siècle jusqu’à ce qu’un moratoire interdisant toute pêche à la baleine entre en vigueur en 1986 mais il ne sera pas respecté par des pays comme le Japon, la Norvège, la Russie, l’Islande et la Corée du Sud. Ce moratoire permettait à la commission de se donner comme mandat de recenser les différentes populations de baleines pour pouvoir réviser la législation concernant les captures autorisées. Les infractions à cette décision seront défendues, pour certaines, par les termes de « pêche scientifique ».
Aujourd’hui, les pays membres de la CBI sont divisés en quatre tendances :
- Les pays à tradition baleinière (Japon, Norvège, Corée,…) associés à des nations qui ont des intérêts économiques indirects dans la chasse baleinière (St-Vincent et les Grenadines, Dominique, Grenade, Sainte-Lucie,…)
- Les pays disposants d’un quota de capture à titre de chasse baleinière de subsistance (Danemark pour le Groenland, les Etats-Unis pour l’Alaska…)
- Les pays protecteurs qui ne chassent pas ou plus et soutiennent des résolutions de conservation et de protection (Allemagne, France, Italie, Pays-Bas, Suède,...)
- Les pays surprenant par leurs votes sur certaines résolutions (Espagne, Finlande, Irlande, Suisse, Chine ,…)
Après avoir saisi le sens de cette association et suivi son développement, nous nous sommes intéressés, plus particulièrement, à la dernière commission ayant eu lieu à Berlin, en juin 2003. Ce qui en est ressorti reste assez mitigé car les accords entre les 49 pays la composant restent difficiles. Cependant, lors de cette commission, la CBI a décidé de s’occuper davantage des dangers qui pèsent sur les peuplements baleiniers indépendants de la chasse tels que la destruction des habitats, les substances chimiques polluantes, les changements climatiques, les « prises accessoires » dans les filets de pêche, les perturbations de plus en plus fréquentes dues au bruit (pollution sonore) et même les collisions avec les bateaux. Pour s’occuper de tt ça, un nouveau comité devrait être mis en place mais il n’a pas reçu les entières satisfactions de tous les pays, comme le Japon, l’Islande ou la Norvège qui trouvent que l’optique de la commission n’est plus la même en passant d’un point de vue de « gestion de chasse » à un point de vue « protection – conservation » et qu’ils ne trouveront pas leur compte. Le Japon a d’ailleurs menacé de se retirer de la commission ce qui est pris au sérieux par les pays membres sachant que ce pays a une importance majeur dans la contribution qu’il paye représentant 8% du budget de la commission (128.563 euros). Car évidemment, chaque pays qui chassent paient davantage que les autres.
De plus, lors de cette commission, la création de deux sanctuaires pour les baleines à été refusée car elle n’a pas obtenu les trois-quarts des votes nécessaires à leur adoption. Sur les 49 pays présents, 24 pays l’avaient approuvés et 17 l’ont refusés. En effet, un sanctuaire dans le Pacifique Sud avait été proposé pour la troisième fois par l’Australie et la Nouvelle-Zélande voulant contrecarrer les défenseurs d’une levée du moratoire de 1986 (le Japon, l’Islande et la Norvège). Le deuxième sanctuaire, refusé quasi selon les mêmes pourcentages, avait été proposé par le Brésil et l’Argentine. Ceci contribuerait à étendre les zones de protections baleinières restreintes à l’antarctique et l’Océan Indien.
Enfin, c’est au cours de cette réunion que les quotas de chasse de subsistance pour les communautés autochtones des Etats-Unis, du Groenland, de la Russie et de St-Vincent et des Grenadines ont été établis.
La Norvège est le seul pays membre de la CBI à toujours autoriser la chasse commerciale à la baleine. Le Japon tue jusqu’à 700 baleines par an officiellement à des fins scientifiques, mais ses adversaires l’accusent d’user de ce prétexte pour faire de la chasse commerciale. Nous avons ensuite voulu y voir plus clair afin de retirer ce qui était, pour nous, le plus proche de la vérité.
4. Pêche scientifique
Une des premières significations que nous allons discuter est celle employée par certains pays chasseurs, comme le Japon et l’Islande, qui, pour rentrer dans la légalité, pratiquent ce qu’ils appellent une “pêche scientifique”. En effet, la convention signée par les membres de la CBI en 1946 prévoit que chaque pays membre peut s’octroyer des permis de pêche scientifique. Une manière de faire avancer la science ou d’adoucir les opinions publiques ? Japon et Islande capturent alors quelques centaines de cétacés par an afin d’en examiner les entrailles. Cela leur permet de mieux comprendre leur mode de vie ainsi que leur impact sur les populations de poissons et les autres carnivores marins. Aussi, étant donné que la baleine se situe au bout de la chaîne alimentaire, sa chair présente une importante concentration en éléments chimiques lourds, et l’abatage de cétacés peut donc donner d’importantes informations sur l’état de pollution des océans.
D’autres arguments sont aussi avancés par ces deux pays et les autres pays chasseurs, comme la Norvège principalement, qui a formulé une objection au moratoire de la CBI. La chasse à la baleine a pour eux un impact économique important et son arrêt pur et simple mettrait en péril leur système économique. Elle a aussi un rôle très important à jouer dans la lutte contre la pénurie alimentaire mondiale prévue depuis quelques années. Ils se justifient aussi par le fait que c’est la chasse réalisée autrefois par les Occidentaux qui a amené les différentes espèces en voie d’extinction et que ceux-ci sacrifiaient des milliers de cétacés pour en extraire l’huile alors qu’eux récupèrent absolument tout du précieux animal. Les Japonais avancent même des arguments religieux – depuis l’ère Meiji, le Bouddhisme interdit toute consommation de mammifère à quatre pattes – et des arguments culturels – cette chasse fait partie d’une tradition qui date de centaines voire de milliers d’années. Ils accusent enfin les Etats-Unis de vouloir se créer un monopole pour la production de lubrifiant industriel, car ceux-ci ont mis au point un lubrifiant synthétique qui deviendrait le seul produit sur le marché si l’huile de baleine était interdite.
Mais d’autres sources soulignent les buts cachés de cette pêche scientifique. Tout d’abord, le Japon est accusé de tenter de relancer le commerce de la viande dans son pays, en allant même jusqu’à pratiquer des séances de dégustation gratuite en ville. Le comité scientifique de la CBI a publié en 2002 un article où il souligne que le programme du Japon n’est pas nécessaire pour la gestion des populations de baleines et que des informations plus utiles pourraient être récoltées sans tuer les animaux. Un second but serait aussi le renouvellement des delphinariums, car la mortalité y est fortement élevée et la commande de nouveaux individus est donc très importante.
5. Chasse illégale et cruelle.
Etudions maintenant la deuxième signification “chasse illégale et cruelle” et voyons quels sont les arguments des pays qui s’opposent à cette chasse comme les Etats-Unis, une majeure partie de l’Europe, l’Australie, … Tout d’abord, ils ne font pas confiance aux pays chasseurs, estimant qu’ils tentent d’obtenir des permis de chasse scientifiques avec pour but de pratiquer une chasse commerciale. Ils estiment aussi que le Japon notamment essaie de mettre des pressions diplomatiques sur leurs pays voisins afin d’obtenir plus de voix à la commission baleinière. Pour peut-être mieux dissimuler ces pressions, le Japon a notamment demandé à la CBI que les votes soient réalisés de manière secrète. Les organisations environnementales, comme le WWF et Greenpeace luttent, elles, pour préserver ces cétacés, réellement menacés d’extinction de par une pêche intensive et une faible fécondité, mais aussi par tous les effets néfastes de l’activité humaine. Cependant WWF reconnaît le besoin des populations aborigènes, indigènes ou autochtones de chasser la baleine pour assurer leur subsistance, lorsque ces peuples sont liés depuis des temps anciens à la chasse baleinière par des liens socio-culturels forts, quand les produits de la chasse sont exclusivement destinés à la consommation locale, et qu’un plan de gestion préventif, sans menace pour les populations de baleines, est mis en place pour garantir une exploitation durable. Ils s’opposent surtout à la reprise du commerce international de viande de baleine et de produits dérivés. Par ailleurs, ces animaux sont très intelligents et développent un système de communication perfectionné dont nous avons encore beaucoup à apprendre. De plus, ces organisations oeuvrent pour le maintien de la diversité biologique. Ils dénoncent enfin également l’extrême cruauté de cette chasse. La baleine ne souffrirait-elle pas autant que nous et mérite-t-elle le massacre dont elle est victime ? La mort par harpon explosif ne survient en effet qu’au terme de 10 à 20 minutes d’une sanglante agonie. On sait aussi qu’une deuxième mise à mort est prévue sur le navire, à l’aide d’un fusil de chasse ou d’un harpon électrique, mais que dans bien des cas, les animaux sont dépecés encore vivants sous la scie électrique. Nous avons aussi appris que les chasseurs tiraient en premier lieu sur les bébés afin d’attirer tout le groupe, qui vient porter secours au pauvre animal, sous le tir des harpons.
Selon le point de vue scientifique, les opposants à cette chasse avancent aussi que la chair de baleine est impropre à la consommation, étant donné sa teneur en polluants.
6. Pêche de subsistance
Enfin, intéressons-nous à la troisième définition, la pêche de subsistance. Nous avons enfin essayé d’en savoir un peu plus sur les Makah et autres autochtones à qui la chasse à la baleine a été permise. Dans nombre de cas, la CBI a attribué des quotas de chasse aborigène de subsistance, bien que cette chasse ait des traits nettement commerciaux.
En 1996, les Indiens Makah qui vivent sur la côte pacifique américaine, ont informé le gouvernement américain qu’ils allaient reprendre la chasse à la baleine grise, interrompue il y a 70 ans. Balancés entre leurs convictions “anti-chasse” et leur compréhension des aborigènes, les Etats-Unis ont essayé d’obtenir des quotas de pêche sous le couvert de “chasse aborigène de subsistance”, tout comme l’ont fait les Russes Chukchis et certains autres peuples comme les habitants de Bequia.
Alors en 1997, la tribu a été autorisée à chasser 5 baleines grises par an sur une population de plus de 20.000 spécimens, sous la responsabilité des autorités américaines qui doivent veiller à ce que cette chasse corresponde bien à la définition "aborigène de subsistance": une tradition ININTERROMPUE répondant à des besoins culturels et alimentaires. Depuis, juristes et ONGs mettent en oeuvre toutes les procédures possibles pour faire de cette chasse un acte illégal. Alors, pour mieux faire passer la pilule, les USA avaient proposé en 1997, de prendre ce quota sur celui des Russes Chukchis qui disposent de 120 baleines grises en chasse aborigène. La proposition a été refusée par la commission à Shimonoseki. En effet, la tradition des Makah avait été arrêtée dans les années 20, lorsque la pêche à la baleine commerciale a décimé les populations globales de baleine. Les Indiens Makah ont chassé la baleine pendant plus de 1500 ans et leurs droits de chasse sont confirmés par un traité passé en 1855 avec le gouvernement américain. On a relevé contre eux que leur dernière chasse à la baleine remonte à 70 ans, mais c'est le délai qui s'est avéré nécessaire pour que la population revienne à son niveau initial après quelques courtes décennies de surexploitation par des baleiniers de la tribu des Anglo-Saxons qui avaient envahi le territoire Makah.
Une étude récente (fin 2001) effectuée par le NMFS (National Marine Fisheries Service) démontre que la chasse faite par les Makah n’a aucun effet sur la population de baleine grise, n’endommage pas l’habitat, ne menace pas d’autres espèces et que la viande ne présente aucun danger pour la consommation humaine. Donc en 1998, ils ont repris la chasse et n’ont réussi à tuer qu’un seul animal depuis (fin 2001). Cet événement a soulevé bien des controverses au sein des environnementalistes. En effet, les Makah espèrent, avec leur action, relancer la pêche à la baleine.
Mais les Japonais ont récemment réussi à repousser la demande des quotas alloués depuis des décennies aux Eskimos d’Alaska et aux Chukchis de Russie.
7. Conclusion
Au terme de toutes ces recherches, il nous est difficile d’établir un bilan précis. En effet, l’ampleur de ce sujet étant telle, avec le temps qui nous était imparti, nous avons uniquement pu nous faire une idée globale de cette controverse et investiguer les points qui nous sont apparus comme primordiaux. Par exemple, en ce qui concerne la Commission Baleinière, nous nous sommes focalisés sur la dernière réunion mais les précédentes auraient certainement pu nous apporter de nouvelles informations ainsi que des débats intéressants entre les différents partis.
Cette controverse comporte énormément d’enjeux économiques et politiques. Différents niveaux s’y côtoient : les scientifiques doivent tenter de se faire comprendre par des politiciens et leur point de vue est souvent négligé.
Notre idée de ce qu’est une controverse a également évolué au fil des séances. Nous savions au départ que c’était un débat d’idées entre des intervenants aux points de vue opposés mais nous nous sommes rendu compte que des connaissances préalables sont avant tout nécessaires et que, même si au départ notre avis sur la question est tranché, il ne faut pas négliger que chaque solution apportée peut soulever de nouveaux problèmes. Nous avons également noté une difficulté dans l’exécution des recherches : les documents trouvés sont rarement impartiaux et il faut arriver à faire la part des choses avant d’en retirer des informations. De plus, il y a ce qu’on pourrait appeler une pollution d’Internet : la plupart des sites sont créés par des opposants à la chasse à la baleine et il est très difficile de parvenir à trouver des arguments avancés par les pays prônant cette même chasse.
Quoi qu’il en soit, cette année des milliers de baleines seront tuées. En effet, sous le couvert de pêche scientifique, le Japon possède actuellement des permis pour chasser 700 baleines, l'Islande en possède pour chasser une cinquantaine de baleines et la Norvège en chasse 700 mais sans aucune permission. Enfin, l’Islande compte quant à elle reprendre la chasse commerciale à la baleine en 2006.
8. Annexe
Les produits des baleines
Pour la " vraie " baleine:
· - huile de baleine :
· - surtout pour éclairage : lampes et bougies. Substitut : le pétrole découvert en 1859.
· - apprêter les tissus
· - corroyer les cuirs
· - lubrifiants : horlogerie, armement, …
· - savonnerie, crème de beauté, cosmétiques, glycérine,…
· - fanons :
· - buscs de corset
· - panaches de casques et plumets (inaltérables à la pluie)
· - cotes de mailles légères et tressées
· - armatures de robes, de bonnets, de chapeaux, d'éventails, de crinolines, de parapluies, de baguettes de fusils, …
· - manches de fouet, de couteaux,…
· - cravaches
· - cannes
· - instruments de chirurgiens
· - raclures :
· - matelas d'enfants
· - fleurs artificielles
· - fausses aigrettes
· - rembourrage de harnais
· - os de grande taille :
· - porches des églises (pour la décoration)
· - poutres et solives
· - clôtures de jardin
· - os de l'oreille pulvérisée :
· - poudre de tiburon (contre les hémorragies, les coliques néphrétiques et autres affections)
Pour le cachalot (en plus) : - l'huile était de meilleure qualité et en plus grande quantité.
· - l'ambre gris : calcul ou concrétion dans l'intestin de certains cachalots qui apparaît sous forme d'un paquet graisseux (poids maxi trouvé : 420kg) : utilisé en parfumerie.
· - le blanc de baleine (ou spermaceti, ou cétine), matière solide et nacrée qui provient des vastes cavités du crâne (utilisé en médecine pour, lors des opérations, en faire des bougies qui ne fondent qu'à 45°, des pommades, réalisation de fausses perles …). Dans l'animal vivant, c'est un liquide gras.
· - l'ivoire des dents, au nombre de 52 qui donnait matière à un artisanat très riche.