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version avant peaufinement du rapport

une fois encore la mise en page a disparu...

En vue du respect des engagement inscrits dans le Protocole de Kyoto et dans le cadre des efforts de réduction des gaz à effet de serre, l’union européenne (La Directive 2001/77/CE du Parlement européen) s’est engagée à augmenter sa production d’électricité à partir de sources d'énergie renouvelables (SER) à 22% à l’horizon 2010 (contre 13.9 % en 1997).
La Belgique doit, quant à elle, réduire ses émissions de 7,5 % par rapport au niveau de 1990. La Région wallonne s’est engagée à assumer ce même taux de réduction.

Pour atteindre ces objectifs, différents moyens sont possibles :
‡ réduction individuelle et/ou utilisation rationnelle de l’énergie ;
‡ utilisation d’énergies du type renouvelable représentant un gain au niveau de l’émission des gaz à effet de serre. Dans ce cadre, il y a notamment pour la génération d’électricité, l’utilisation de la biomasse, l’utilisation de l’énergie solaire,l’utilisation de l’énergie éolienne, l’utilisation de l’énergie hydraulique, l’énergie éolienne,…

Le projet de Plan Wallon pour la Maîtrise Durable de l’Energie traduit ces objectifs par filière. La contribution de l’énergie éolienne s’élève à 1,5%. Selon les estimations réalisées dans le cadre du Plan Wallon pour la Maîtrise de l'Energie, 1,6 % de la consommation en 2010 représente 200 MW de puissance installée, soit 370 GWh ou encore 133 éoliennes de 1,5MW.
Il a été décidé que le développement de ces éoliennes se ferait en partenariat avec la Société Molignée S.A (MESA). Si la région originellement considérée couvrait 270 km2, après avoir procédé à un affinage du territoire par superposition de contraintes, l’Agence Wallonne du Paysage + Environnement (AWP+E) a défini des zones potentielles qui ne représentent que 8% de ce territoire. Suite à diverses études, notamment météorologiques, il a été décidé que dix bouquets d’éoliennes allant de 1 à 11 unités seraient installés dans les zones finalement retenues.
C’est ce projet qui a été présenté aux habitants des communes concernées.

Suite à cette présentation, plusieurs associations de riverains se sont formées afin de s’élever contre l’implantation d’éoliennes dans leur région rapidement suivie par la création début 2003 du réseau Molignéole à l'initiative de ces mêmes comités d'opposition qui ont trouvé opportun d'unir leurs efforts pour mettre en garde les 40 000 habitants concernés par le projet MESA. Dès sa création, le réseau Molignéole a d’ailleurs bénéficié du soutien de l'ASSOCIATION DE DEFENSE DES SITES ET DES VALLEES DU NAMUROIS asbl (ADSVN).

C’est à ce stade de l’exploration de la controverse, en visitant le site web de Molignéole (www.moligneole.be) et en consultant les rapports de l’ADSVN que nous avons pris conscience de l’importance mais aussi de l’ambiguïté du mot environnement utilisé comme argument favorable à leur cause par 2 partis ayant des objectifs pourtant si différents. En effet, ceux que l’on appellera pro-paysagers parlent d’environnement pour défendre leur patrimoine paysager tandis que ceux que l’on appellera pro-éoliens en parlent pour justifier l’installation d’éoliennes en tant que productrices d’énergie verte.

Nous constatons aussi que les militants du réseau Molignéole et de l’ADSVN composés de riverains mais aussi de nombreux écologistes ne rejettent pas les arguments de la région Wallone lorsqu’elle parle d’utiliser davantage les énergies renouvelables et encore moins le protocole de Kyoto auxquels ils sont favorables. Ils estiment simplement que si l'énergie éolienne est nécessaire, elle ne peut s'implanter de manière irréfléchie, non organisée et non écologique, c'est-à-dire sans respect de la qualité et du cadre de vie de la population prise au sens large, qu'elle soit riveraine ou de passage. Pour appuyer cela, ils vont faire référence à diverses conventions, lois adoptées par la Belgique. C’est à ce moment en consultant ces textes de lois que nous remarquons que le constat fait sur le mot « environnement » s’applique également au terme « développement durable », les 2 partis l’utilisent à des fins différentes:

‡Extrait du protocole de Kyoto, article 2 .1.a.iv

…Chacune des parties s’engagent de façon à promouvoir le développement durable à:
-(…)
- Recherche, promotion, mise en valeur et utilisation accrue de sources d'énergie renouvelables, de technologies de piégeage du dioxyde de carbone et de technologies écologiquement rationnelles et innovantes;

‡ Convention de Florence adoptée par la Comité des Ministres du Conseil de l’Europe le 19 juillet 2000 :

« Les Etats membres du Conseil de l’Europe, signataires de la présente Convention, Soucieux de parvenir à un développement durable fondé sur un équilibre harmonieux entre les besoins sociaux, l'économie et l'environnement; Notant que le paysage participe de manière importante à l’intérêt général, sur les plans culturel, écologique, environnemental et social, et qu’il constitue une ressource favorable à l’activité économique , dont une protection, une gestion et un aménagement appropriés peuvent contribuer à la création d’emplois ;

‡ Code Wallon d’aménagement du territoire :CWATUP
Article 1er du CWATUP :

« Le territoire de la Région wallonne est un patrimoine commun de ses habitants. La Région et les autres autorités publiques, chacune dans le cadre de ses compétences et en coordination avec la Région, sont gestionnaires et garantes de l’aménagement du territoire. Elles rencontrent de manière durable les besoins sociaux, économiques, patrimoniaux et environnementaux de la collectivité par la gestion qualitative du cadre de vie, par l’utilisation parcimonieuse du sol et de ses ressources et par la conservation et le développement du patrimoine culturel, naturel et paysager . »


Il peut être intéressant d’introduire à ce niveau la définition d’une énergie renouvelable : « énergie produite à partir d’une source qui se régénère au moins au même rythme que celui à laquelle on l’utilise » Energie renouvelable ne veut donc pas dire non polluantes et ne s’inscrit donc pas nécessairement dans une politique de développement durable ! Il est également important de noter que La notion d'énergie éolienne est à distinguer de celle de l'équipement éolien. Ce n'est pas parce que l'énergie éolienne est non polluante que sa production l'est également. L'écologie doit intégrer dans une même préoccupation la qualité de l'air et la protection de l'environnement. On peut voir sur le tableau ci-dessous que le bilan des émissions de CO2 pour les différentes sources d’énergies. Ajouter le tableau.

Nous remarquons que les différents intervenants sont pour la plupart bien qu’avec des avis divergents des écolos. Le divorce entre l'écologie politicienne et l'écologie de terrain, par rapport aux éoliennes, est tout à fait caractéristique de la différence entre la théorie et la pratique.

Revenons aux projets de l’ADSVN, le projet MESA ayant à plusieurs égards une dimension dépassant le cadre purement local de l'implantation,
il a été décidé que cette sensibilisation se réaliserait à plusieurs niveaux :

‡ Vis-à-vis de la population Wallonne et plus particulièrement de celle concernée par le projet:

A la base différentes craintes avaient été émises, notamment du point de vue du bruit, de la baisse de la valeur immobilière, voire même la perte d’oiseaux… Suite à différentes études, ces peurs ont vite été dissipées.
- Une éolienne émet deux sortes de bruits : du bruit mécanique et du bruit aérodynamique. Les avancées en la matière ont été telles que à des vitesses du vent de 4 à 7 m/s ou plus, les sons en provenance de feuilles, arbres, etc. masqueront graduellement tout bruit potentiel engendré par une éolienne. A des vitesses de vent de 8 m/s ou plus, il semble même absurde de discuter les émissions sonores d'une éolienne moderne.

- L’impact sur l’immobilier local serait négatif durant la période précédent la réalisation du projet jusqu’environ 6 mois après sa mise en exploitation. On observe que la valeur de l’immobilier local reprend son cours normal après cette période de creux.

- Selon les informations de l’AVES, société ornithologique, le taux de mortalité dû aux éoliennes de la dernière génération varie de 0 à 2 oiseaux par éolienne par an, selon la façon et l’endroit où elles sont placées. Une étude élaborée par le Ministère danois de l'environnement et de l'énergie a démontré que, en réalité, les lignes à haute tension constituent un danger bien plus important que les éoliennes en elles-mêmes.

Certaines personnes pensent parfois que l’installation d’éoliennes sur des sites industrielles où les paysages sont déjà « atteints » constitueraient une solution mais il n’en est rien. il est nécessaire d’éviter dans la mesure du possible les constructions générant des turbulences susceptibles de freiner ou de dévier le vent. Les zones industrielles présentent donc souvent des caractéristiques intrinsèques entrant en contradiction avec les conditions de faisabilité d’un parc éolien.

Suite à l’annonce du projet de parcs éoliens dans leur région, MESA a reçu 1.245 lettres émanant de la population. L’ensemble des courriers a fait l’objet d’une étude approfondie et a abouti à la révision du projet initial de 10 bouquets de 1 à 10 éoliennes, le nombre d’éoliennes a été porté à 61 puis à 39 et finalement à 32 suite à une étude d’incidence sur l’environnement.
Il faut remarquer aussi qu’une cartographie de zones exclues pour des raisons de protection des paysages majeurs est en préparation dans le cadre de la Conférence permanente de développement territorial, à la demande du Gouvernement.

‡ Vis-à-vis des pouvoirs locaux, provinciaux et régionaux.

Les différents arguments développés par l’ADSVN sont ici des plus pertinents, ils utilisent en effet différentes conventions ratifiées par la Belgique et la région Wallonne annonçant par là aux dirigeants qu’il est important de tenir compte des engagements suivants Kyoto mais pas à n’importe quel prix et certainement pas en délaissant notamment le CWATUP et la convention de Florence.(cfr introduction)

‡ Vis-à-vis d’Associations de protection de l’environnement

Nous parlerons dans ce point davantage des associations contre les éoliennes et cherchant des alternatives pour les remplacer.

En effet on constate que les éoliennes ne sont qu’une partie du volet prôné par la région wallonne en vue de satisfaire aux exigences de Kyoto ; en effet différentes sources d’énergies renouvelables existent, sont utilisées et constituent donc autant d’alternatives à l’énergie éolienne.
‡Le bois : une énergie renouvelable
Le bois est une vraie source d'énergie renouvelable, puisque qu'elle est produite chez nous et qu'elle entre dans le cycle naturel de vie et de mort de la végétation. Le bois n'émet que de faibles quantités de rejets soufrés (50 à 100 fois moins que le charbon et le mazout). Par ailleurs, si une nouvelle plantation remplace l'arbre coupé, le CO2 produit par le bois brûlé sera "avalé" par le jeune arbre qui pousse.

L'objectif de la politique de l'énergie est d'atteindre une production de chaleur de 5.550 GWh pour l'année 2010 à partir du bois.

‡ Le soleil, ressource inépuisable pour chauffer l'eau
En Belgique une surface horizontale d'un mètre carré reçoit, par an, une quantité d'énergie solaire d'environ 1000 kWh - soit l'équivalent de 100 litres de fuel.
La technologie la plus répandue pour utiliser cette énergie inépuisable et propre est le chauffe-eau solaire pour la production d'eau chaude sanitaire.

‡ La biométhanisation à partir de biomasse
A partir de matières organiques humides, on peut produire du méthane qui peut alors servir de combustible. Ce processus s'appelle la fermentation anaérobie (dégradation bactérienne en absence d'oxygène).
Ainsi, avec du fumier, du lisier, des déchets de plantes ou encore des déchets provenant de l'industrie agroalimentaire, on peut produire du méthane (CH4) dans un digesteur. La technologie est connue, fiable et peut être rentable. Certaines décharges de Wallonie sont d'ailleurs déjà exploitées pour récupérer cette énergie.
L'objectif de la politique de l'énergie est d'atteindre une production d'électricité de 100 GWh et une production de chaleur de 225 GWh pour l'année 2010.
‡L'eau - force motrice pour produire de l'électricité
La Wallonie est équipée actuellement d'une quarantaine de centrales hydroélectriques qui produisent de l'électricité à partir de la force des courants.
Les perspectives de développement résident essentiellement dans l'amélioration des sites existants et l'équipement de barrages et écluses.
L'objectif de la politique de l'énergie est d'atteindre une production d'électricité supplémentaire de 440 GWh en 2010, par rapport à l'année 2000.


Nous remarquons qu’avec leur prédiction de 370 GWh en 2010, les éoliennes ne représentent pas une part importante de la production d’énergie verte.

Une autre alternative comme nous en avons parlé tantôt est l’économie d’énergie. Dans cette perspective de nombreux efforts ont été consentis par certaines industries Wallonnes. En effet il ne faut pas perdre de vue que les industries représentent 60% de la consommation d’électricité, réaliser des économies à ce niveau et donc capital. C’est pourquoi une vingtaine d’industrie se sont engagées à réduire d’environ 10% leur consommation. D’autres économies sont possibles à l’échelle du foyer, comme l’utilisation d’éoliennes personnelles qui ne représentent cependant pas une solution des plus valables. Par exemple cette éolienne de déjà 7m20 de diamètre ne servirait qu’à diminuer le montant de la facture énergétique de son possesseur de 30 à 50 %.

L’utilisation de panneaux solaires est aussi intéressante mais il faut prendre garde car dans certaines cas son utilisation pourra conduire à l’utilisation de davantage d’hydrocarbure qu’une personne utilisant un simple boiler au gaz (du au rendement gaz‡électricité‡chauffage de l’eau beaucoup plus faible que le rendement gaz‡ chauffage de l’eau)

L’ADSVN a encore envoyé sont messages à d’autres groupes de personnes, intervention que nous nous contenterons de citer :

• dans le cadre de l’étude d’incidence vis à vis du CWEDD ;
• dans le cadre de l’enquête publique (permis unique), vis à vis de la CRAT , de la CRMSF, de la DGATLP, du fonctionnaire délégué et du gouvernement wallon;
• Vis-à-vis de la presse régionale et nationale.


Reste la conclusion, l’évolution de notre point de vue et ce que l’exploration de cette controverse nous a appris…




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