t11: Notice finale
En 1962, le livre de Rachel Carson, "The silent spring", dénonce les conséquences négatives provoquées par un usage immodére des pesticides,et notamment du DDT (dichloro-diphényl-trichloréthane) . Certains sont progressivement interdits en raison de leur écotoxicologie, comme le DDT dans les années 70. Différentes mesures sont successivement prises en vue d'une règlementation internationale. En 1987, les directives de Londres sont adoptées par le programme de nations unies pour l'environnement (PNUED). En 1989, une procédure facultative dite d'information et de consentement préalable (PIC) est établie. Pourtant en 1996, la Food and agriculture organisation (FAO), Organisation de Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, met en garde la communauté internationale. De grandes quantités de pesticides périmés sont gardées dans plusieurs pays en voie de développement (Afrique, Asie et Europe orientale) et menaçent gravement l'environnement et la santé publique en raison des mauvaises conditions d'utilisation et de stockage. Les menaces ne se limitent pas à ces pays mais concernent l'ensemble de la planète. Pointée du doigt, la communauté internationale (pays donateurs, organismes d'aide, fabricants, et gouvernements bénéficiaires) est appelée à aider ces pays à éliminer ces produits toxiques et à éviter qu'ils ne continuent à s'accumuler. Certains programmes d'élimination des stocks de pesticides sont actuellement mis sur pied (par exemple le « Africa Stockpiles Programme» pour la période 2004-2007).
L'existence des ces stocks impressionants de produits toxiques périmés impose un constat: les pays exportateurs déclassent leurs produits toxiques tandis que les pays importateurs les stockent. mais elle pose aussi l'épineux problème des précautions d'utilisation très sophistiquées que ces produits exigent, et de la spécificité des milieux où elles auront à être mise en oeuvre. L'efficacité d'une technologie à haut risque peut-elle être évaluée sans tenir compte des savoirs et des savoirs- faire que nécessite son bon usage? Sans aller jusqu'à évaluer de l'efficacité des produits commercialisés, la convention de Rotterdam, adoptée le 10 décembre 1998, prend très au sérieux ces savoirs nécessaires au bon usage des produits toxiques, en rendant la procédure PIC juridiquement contraignante. Lorsqu'en 2001, la FAO met en place un code international de conduite, concrétisé dans la convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants (POP), la polémique DDT revient au centre des débats. Cette convention sera contraignante pour les pays signataires dès que 50 pays au moins auront ratifié la convention. Cet objectif vient d'être atteint; la convention de Stockholm devra donc être appliquée à partir du 17 mai prochain.Pour le moment, l'interdiction n'est pas envisageable dans le cas du DDT puisque celui-ci est indispensable pour les populations subissant les ravages de la malaria. En effet, aucune autre alternative qui soit à la fois économique, efficace et inoffensive pour la santé et l'environnement n'a encore été trouvée. Une solution au problème serait peut-être de combiner plusieurs alternatives.