t12 Premier rapport
Forêt de Soignes et participation citoyenne. Combien sommes-nous ?
1. Intro
1.1. Présentation de la forêt de soigne
La Forêt de Soignes est une forêt au passé très riche. Elle a traversé toutes les vicissitudes du temps. Certains sites, comme le Rouge-Cloître construit au 14ème siècle, témoignent d'une activité déjà intense en forêt de Soignes à cette époque. Des signes plus anciens de la présence de l'homme sont également présents.
Elle fait figure de laboratoire à plus d’un titre. Principale forêt d’agrément pour les habitants de l’agglomération bruxelloise, elle représente 60 % des espaces verts ouverts au public. Y assurer conjointement le développement des activités récréatives et éducatives et la protection de la biodiversité constitue un véritable défi. En outre, depuis la régionalisation du pays en 1984, elle est partagée entre les trois régions aux caractéristiques humaines, politiques et législatives différentes.
Cette forêt remplit différentes fonctions :
• une fonction sociale : la forêt reçoit près de 750.000 visiteurs par an;
• une fonction économique : il s’agit d’une des hêtraies les plus productives d’Europe;
• une fonction écologique : on y trouve 384 espèces de plantes, 39 espèces de mammifères dont 14 chauves-souris et 132 espèces d’oiseaux.
La forêt de Soignes recèle aussi cinq réserves naturelles.
Il s'agit de zones humides -localisées dans la vallée du Vuilbeek, la vallée des Enfants Noyés, le vallon de Trois Fontaines et celui de Rouge-Cloître- ainsi que de versants calcaires situés à Trois Fontaines et au Rouge-Cloître…
Jadis, une forêt giboyeuse, aujourd’hui la grande faune se limite au renard et au chevreuil, réintroduit après son extinction. Parmi les petits mammifères, les musaraignes et les petits rongeurs comme les campagnols, les mulots et les rats constituent des proies pour les petits mordants tels que belettes et hermines et pour les rapaces comme les chouettes hulottes.
Suite à quelques recherches nous avons rapidement pris connaissance de l’existence d’une structure permettant à tout les acteurs de la forêt de s’exprimer : la plateforme participative.
1.2. La Plate-forme participative de la Forêt de Soignes
Le Sommet International de la Terre à Rio de Janeiro (1992), les conférences Ministérielles de Helsinki (1993) et de Lisbonne (1998) : autant d'appels internationaux à une gestion durable et intégrée des forêts, écosystèmes de plus en plus menacés.
Pour répondre à ce souci, l'IBGE (Institut Bruxellois pour la Gestion del'Environnement) a dressé un plan de gestion pour la Forêt de Soignes. Soumis à enquête publique fin 2000, ce projet de plan a recueilli la réaction de près de 4000 personnes; témoignage indéniable de l'intérêt et de l'attachement de la population à cette forêt périurbaine.
Le projet est financé par l’IBGE et mis en œuvre en collaboration avec le WWF-Belgium, la Fondation pour les Générations Futures (FGF) et la Fondation Roi Baudouin (FRB).
Le plan de gestion prévoit la mise en place d'une plate-forme participative, c’est à dire "un outil fédérateur où se mettent sur pied une réflexion globale sur les diverses fonctions de la forêt ainsi que des collaborations volontaires entre ses multiples acteurs (gestionnaires et utilisateurs)". La plate-forme participative devra dégager des engagements des différents acteurs pour que la forêt puisse assurer aujourd'hui et demain, et de façon simultanée et harmonieuse, ses rôles écologique, économique, social et culturel.
Le fonctionnement d'une telle plate-forme participative repose sur une large représentativité des acteurs (gestionnaires et usagers), sur la recherche du consensus entre les différents intérêts en présence, sur une coordination dynamique et sur une structure de réseau ouvert.
Le site Internet de la plate-forme participative de la forêt de soigne :
http://www.soignes-zonien.net/fr/
D’autres liens liés :
http://www.wwf.be/fr/index.cfm?group=ground&menu=dev.cfm&page=dev/together_sd/plateforme_foret_Soignes.cfm
2. Les différents acteurs
Par rapport à la plateforme nous avons ciblé nos différentes recherches sur les acteurs principaux intervenant dans le débat autour de la forêt de Soignes.
2.1. Le public
a) Hippo-Drôles
Hippo-Drôles est une association de cavaliers-propriétaires orientée vers la randonnée. L’association s’engage également à militer pour la défense de nos chemins de terre (patrimoine ancestral en voie de disparition du aux remembrement - RAVeL- manque d’entretien…).
Cette association milite pour l’obtention de parcours uniquement réservés aux chevaux. La cohabitation avec les VTTiste est bien souvent problématique. Un terrain d’entente reste à dégager.
à http://www.soignes-zonien.net/online_publications/plen24mars03_fr.pdf
Plus de renseignements :
http://ibelgique.ifrance.com/hippo-droles/
b) PRIATVEL
Depuis 1996,le Ministère Wallon (BE) de l'Equipement et des Transports a mis en place un vaste projet de réseau de " Réseau Autonome de voies lentes" appelé RAVeL. Ce plan prévois l’aménagement de plusieurs sentiers goudronnés en Belgique et notamment en forêt de Soignes.
« Mais faîtes nous une fleur si vous prenez le Ravel, prenez le avec vous et gardez le surtout.... » Tel est l’optique de ce site internet !
Nous pouvons y lire :
Le ravel en Belgique, est devenu un non sens, en effet sous le couvert d'une volonté de faire découvrir la nature; le ravel massacre sans retenue les derniers chemins et sentiers à granulosité fine pour les remplacer, par des routes bétonnées, malgré les plaintes des riverains et amoureux de la nature. D'ici peu de temps, la Belgique qui possède déjà le plus dense réseau routier et autoroutier d'Europe, n'aura plus pour horizon que la grisaille du béton. Je ne comprend pas, comment ces soi disant amoureux du patrimoine ancestral de la Belgique( chemins et sentiers), peuvent allier nature et béton.
Toutes les revendications qui ont été jusqu'à présent émises à l'encontre de la "ravelisation" n'ont absolument pas été entendues et retenues.
Bientôt, nous n’aurons plus la possibilité de promener dans la nature via les sentiers ou lignes de chemins de fer désaffectées, sans risquer de fouler un béton hideux et sans poésie.
Pourquoi, ne tient on jamais compte des désirs des citoyens?
Certains membres du ravel, eux mêmes, avouent n'emprunter le réseau Ravel qu'à vélo et le moins souvent possible, blasé par la monotonie du béton.
Pourquoi dès lors continuent ils à bétonner sans cesse les seuls chemins qu'il nous reste.
Ne peut on pas imaginer l'entretien pur et simple de ces chemins et de garder ainsi un patrimoine naturel intact.
Plus de renseignement :
http://ibelgique.ifrance.com/soignes/piratvel/piratvel2.html
c) Les autres usagers de la forêt
Il existe encore d’autres usager mais tous n’ont pas….
2.2. Les exploitants forestiers
La forêt de Soignes est caractérisée par une très grande quantité de bois à l’hectare. La Flandre a très peu de forêt au détriment des zonings industriels. C’est pourquoi il mène maintenant une politique forestière écologiste radicalement différente de celle de la Wallonie.
On voit déjà s’établir ici un débat lié aux différentes régions qui gère la forêt de Soignes : la région Wallonne étant plutôt pour continuer l’exploitation forestière alors que la région flamande est en faveur de la mise en place de réserves.
Depuis novembre 2003 le forêt de Soignes bénéficie de la certification FSC (Forest Stewardship Council).
Mais quels sont les avantages d’une telle certification ? Elle est garante d’une meilleure planification et d’un meilleur suivi des pratiques de gestion, relève Didier Gosuin. Par ailleurs, le bois produit en forêt de Soignes se voit aussi attribuer le logo FSC. Ce qui signifie que le produit de la vente de ce bois s’avérera économiquement avantageux à long terme, la demande en bois labellisé ne cessant d’augmenter.
Le Forest Stewardship Council (FSC) est une organisation internationale, indépendante, non gouvernementale et à but non lucratif. Actuellement, il est le seul label de certification forestière qui bénéficie du soutien de toutes les organisations environnementales.
Depuis toujours, nous devons veiller à faire le moins de dégâts possible, souligne un bucheron de BXL. Bien sûr, le métier a évolué. Aujourd’hui, nous devons porter une tenue réglementaire, un casque. L’huile de la tronçonneuse doit aussi être biologique.
Les techniques d’abattage doivent respecter l’environnement. La débardeuse doit suivre certains tracés. Elle ne peut employer son grappin pour déplacer l’arbre abattu mais doit utiliser un câble. Les pneus de l’engin doivent être légèrement dégonflés pour ne pas former des ornières et causer des dommages irrémédiables au sol, énumère l’ingénieur forestier.
L’exploitation forestière reste donc d’actualité en forêt de Soignes mais devra se faire avec un nombre important de contraintes (imposées par la labellisation) pour garantir une conservation optimale du milieu.
Plus d’information sur cette labellisation :
http://www.regions.be/Regions/Bruxelles/page_4769_170356.shtml
2.3. Les associations de défense et les scientifiques
En abordant ce point nous nous sommes plus particulièrement focalisé sur la biodiversité de la forêt de Soignes. Nombre d’espèces semblent en effet concernée par l’activité humaine :
Les mammifères
La forêt abrite encore deux grands mammifères sauvages : le renard (réapparu dans les années 50) et le chevreuil. Le renard pénètre aussi dans la ville. Les chiens errants ou non tenus en laisse constituent un danger important pour le renard et les jeunes renards sont particulièrement touchés par les voitures à l’époque où ils recherchent un domaine vital. Aucun cas de renard enragé n’a été répertorié dans la Région.
Le chevreuil est le plus grand herbivore subsistant en Forêt de Soignes: sa population est estimée entre 50 à 60 individus sur la partie bruxelloise. De graves menaces pèsent également sur les chevreuils en raison de la dégradation croissante de la forêt, due à la pression récréative mais surtout au grand nombre de chiens courant en liberté dans le bois.
La Forêt de Soignes est d’une richesse exceptionnelle en chauves-souris, qui constituent le groupe de mammifères globalement le plus menacé d’Europe. L'étonnante richesse de la forêt en chiroptères a d'ailleurs justifié que la massif soit proposé au niveau européen comme zone de protection spéciale (voir Natura 2000).
Les oiseaux
On dénombre une centaine d'espèces d'oiseaux en Forêt de Soignes.
Les études démontrent malheureusement une nette diminution de certains passereaux insectivores tels que le pouillot siffleur, le pipit des arbres ou le rouge-queue à front blanc. Des espèces communes voire très communes telles que la fauvette à tête noire, le troglodyte mignon, la mésange charbonnière et le rouge-gorge familier présentent également de fortes diminutions. Une seule espèce de passereaux insectivores présente une augmentation claire. Il s’agit du pouillot véloce. En ce qui concerne les causes de leur disparition, toute une série de facteurs sont envisageables : la pollution, y compris sonore, l’abondance et la qualité des aliments, notamment les insectes et les graines, l’impact des chiens non tenus en laisse, la surfréquentation du milieu,…
Les amphibiens et les poissons
Toutes les espèces d’amphibiens et de reptiles indigènes de la Région de Bruxelles-Capitale sont menacées. Pourquoi? A cause de la gestion inadaptée des milieux, de la fréquentation trop intensive hors sentiers par les piétons et VTT, du trafic routier, de la pollution des eaux, des lâchers intempestifs d’animaux exotiques ou domestiques (tortues, grenouilles, serpents, canards) et des ré-empoissonnements systématiques ou exagérés.
Nous constatons qu’à plus d’un titre, la cohabitation entre le biotope naturel de la forêt et l’activité de l’homme n’est pas toujours aisée.
Sites exploités :
http://www.ibgebim.be/francais/contenu/content.asp?ref=1585
http://www.aves.be
http://www.foret-de-soignes.be/
http://mrw.wallonie.be/dgrne/pedd/foret/c3f_fdtm.htm
2.4. Les institutions
Nous ne pouvions pas traité ce sujet sans aborder les différents administrateurs de la forêt de Soignes.
Un code de bonne conduite
Aujourd'hui, la forêt n’a plus seulement une fonction économique et écologique. Le rôle socio-récréatif s’est fortement développé avec la société des loisirs et la mode des sports de plein air. Cette évolution est particulièrement sensible dans les forêts et bois à caractère périurbain de la Région de Bruxelles-Capitale : la surfréquentation y a en effet engendré de nombreuses et d’importantes déprédations.
Le vide juridique concernant les nouveaux usages de la forêt, l’énorme pression exercée par des utilisateurs de plus en plus nombreux et l’état de dégradation avancé qu’accusent un nombre croissant de zones forestières, ont conduit la Région à adapter le Code forestier aux réalités et exigences actuelles.
L'ordonnance de 1995 relative à la fréquentation des bois et forêts se veut un code de bonne conduite pour une utilisation conviviale et durable d’une forêt de grande qualité écologique. Pour concilier forêt des loisirs et forêt refuge naturel, le législateur a prévu un zonage. La priorité est donnée à la fonction écologique dans certaines zones alors que d'autres zones ont une fonction socio-récréative. Les zones plus particulièrement protégées sont les réserves naturelles et forestières et les zones de protections.
Les réserves naturelles
La Forêt de Soignes recèle cinq réserves naturelles : la réserve naturelle du Rouge-Cloître, la réserve naturelle des Trois-Fontaines, la réserve naturelle du Vuylbeek, la réserve naturelle des Enfants noyés et la réserve naturelle de la mare du Pinnebeek. Des réserves naturelles boisées existent aussi à Jette dans le bois du Laerbeek et le Bois du Poelbos, ainsi qu’à Uccle (réserve de Kinsendael – Kriekenput).
Les réserves naturelles jouissent d’un statut de protection particulière visant à la conservation et au renforcement de leurs valeurs naturelles. En effet, ces sites abritent une flore et une faune vulnérables ne supportant ni dérangement ni piétinement. Sanctuaires de la vie sauvage, ces espaces protégés sont partiellement clôturés et interdits à la pénétration du public. Il est interdit d’y quitter les chemins et les chiens doivent y être tenus en laisse.
Les réserves forestières
La Forêt de Soignes recèle trois réserves forestières : la réserve forestière de Rouge-Cloître, la réserve forestière de Vuylbeek et la réserve forestière des Enfants noyés. Les réserves forestières sont érigées dans un but de conservation de types forestiers de grande valeur biologique. On y pratique une gestion à objectif principalement écologique. Là aussi il est également interdit de quitter les chemins et les chiens doivent être tenus en laisse.
Les zones de protections
Il s’agit de zones jouissant d’une protection particulière : parcelles de plantations ou de régénération vulnérables, zones refuges pour la faune ou zones fragilisées, érodées en voie de recolonisation végétale. Il est interdit d’y quitter les chemins et les chiens doivent y être tenus en laisse. Le législateur a également prévu de mieux délimiter les autorisations (et les interdictions) d’accès aux chemins et hors chemins.