pour t8: production au champ, c'est-à-dire sans contrôle réel, de substances pharmaceutiques

Extrait de : Bulletin des BioTechnologies - Mars 2004 - n°215
http://www.inra.fr/bbt/2004/mars04/

Je n'ai pas évalué la pertinence du document !
Sébastien

--------------------
Extrait de : Bulletin des BioTechnologies - Mars 2004 - n°215
http://www.inra.fr/bbt/2004/mars04/

196. A peine le gros des difficultés des plantes transgéniques levé en
Europe, on voit se dessiner une provocation nouvelle liée à la production au
champ, c'est-à-dire sans contrôle réel, de substances pharmaceutiques.
Diversa, Dow, Epicyte, Samyang Genex, Meristem Therapeutics, Maxygen et
ProdiGene sont sur les rangs. Il y a eu 20 permis (60 hectares en 34 sites)
faisant passer les cultures du laboratoire et des serres au champ, avec 50
hectares, quand même, de maïs plantés en 2002. Riz,pommes de terre, luzernes
sont également en attente pour le proche futur.

La sécurité de la production de substances pharmaceutiques dans les plantes
est l'objet d'une revue de Charles Arntzen. RKD Peterson et al.; Trends in
Biotechnology 22 (FEB04) 64-66. La FDA se préoccupe, de son côté, du
problème et elle a édicté, l'an passé, une série de recommandations
(www.fda.gov/OHRMS/DOCKETS/98fr/02d-0324-gdl0001.pdf).

Les anticorps monoclonaux thérapeutiques sont les produits qui se
développent le plus rapidement. Il y en a déjà 12 qui sont autorisés aux
Etats-Unis. Ils sont actuellement produits dans des cultures de cellules.
Sept anticorps ou dérivés produits dans des plantes sont à un stade avancé
de développement. On prévoit que la production devrait se monter à une
dizaine de tonnes de 70 anticorps monoclonaux thérapeutiques en 2008. Cela
fait beaucoup.

La recherche sur ce type de production date maintenant de plus de 13 ans.
Les protéines exprimées sont l'antigène A de surface de Streptococcus
mutans, l'antigène de surface du virus de l'hépatite B, l'entérotoxine
thermolabile d'Escherichia coli, la protéine de capside du virus Norwalk,
l'aprotinine humaine, le collagène humain, le a-interféron et la
glycoprotéine d'enveloppe du virus rabique. Les plantes chargées de leur
production sont le tabac, la carotte, la tomate, la pomme de terre, la
luzerne, le soja et le riz.

Ce n'est pas tant le problème de l'acceptabilité par le public qui est en
cause. Le médicament justifie toutes les audaces, même chez le consommateur
ordinaire. Le problème grave est celui de possibles erreurs d'aiguillage
envoyant dans le circuit alimentaire les produits végétaux médicamenteux. On
a bien vu, il y une dizaine d'années, des grains de blé traités aux
raticides et destinés aux semences, consommés par des gens dépourvus de tout
en Irak. Les pollinisations intempestives prennent une dimension plus
importantes que les résistances aux herbicides. On a déjà eu l'alerte du
maïs de Prodigene conçu comme un vaccin oral pour les porcs qui est allé
atterrir par erreur ailleurs (voir le Bulletin de Juin 2003 §126).

Nature Biotechnology 22 (FEB04) 103 fait remarquer que ce n'est pas
fondamentalement différent du problème des pilules de la grand mère laissées
à portée des petits enfants. Malheureusement l'idée de cultiver ce que l'on
veut où on le souhaite est actuellement appliquée dans son sens le plus
libéral et cette attitude est revendiquée par l'US Biotechnology Industry
Organization (BIO)s. Il n'y a pas très longtemps on préconisait de planter
ces maïs, à une distance précise des maïs alimentaires. Comme on ne va pas
développer ces maïs pour des régions déshéritées, ils vont atterrir dans le
Corn Belt avec tous les risques de mélanges. Comme le rendement n'est
probablement pas le facteur le plus important, on pourrait quand même
utiliser des lignées de maïs différentes de celles qui sont commercialisées,
utiliser une coloration des grains

Si les politiques sont raisonnables cela signifiera, à l'avenir une
réglementation plus stricte. Il suffira, comme le développe l'article que
l'on puisse montrer qu'un pigeon a avalé un grain de maïs-médicament pour
que des amis des pigeons soulèvent la terre entière (comme dans le cas du
Monarque), et cela causera infiniment plus de dégâts pour l'industrie qu'un
code de bonne conduite vérifié dans son application.

Une compagnie a pris le parti de cultiver des orges recombinants de ce type
en Islande, où il pourrait fort bien pousser, mais est actuellement absent.
Une autre suggestion de l'article de Nature est de ne pas utiliser des
plantes alimentaires, mais des plantes comme le lin. On pourrait quand même
y ajouter le tabac (tant pis pour les chiqueurs).


Comments
Post a comment









Remember personal info?