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texte intéressant, a developper concernant les tribus aborigènes notamment les makahs.

5.5.1 Interdiction de la chasse à la baleine
Malgré ces progrès, la CBI décida en 1982 de demander un moratoire interdisant la chasse commerciale et devant entrer en vigueur en 1986. Le Comité Scientifique de la CBI était partagé quant au bien-fondé de cette mesure.

L'amendement mettant le moratoire à exécution laisse entendre que cette mesure n'est que temporaire. "Cette mesure restera sous surveillance sur la foi des meilleures données scientifiques disponibles. D'ici 1990 au plus tard, la commission entreprendra une étude complète sur les effets de cette décision sur les populations de baleines et considérera la modification de cette mesure et l'établissement de nouvelles valeurs limites de prise". C'est principalement pour ces mots que l'assemblée nationale islandaise vota à une voix de majorité de ne pas émettre de réserves à cette décision. L'Islande supposait que le moratoire serait réexaminé avant 1990 au plus tard, comme prévu, et que de nouveaux quotas seraient fixés sur la base d'une meilleure connaissance des populations de baleines.

L'interdiction de chasse de la CBI est généralement connue sous le nom de "moratoire de chasse commerciale à la baleine". Un passage du moratoire affirme que des quotas de chasse nuls seront attribués pour la chasse à la baleine "à but commercial". Cela ne signifie pourtant pas que l'interdiction ne concerne que la seule chasse commerciale.

Les seules exceptions possibles (outre les possibilités de se réserver et de chasser à des fins scientifiques, toutes deux directement autorisées par la Convention) sont les quotas réservés à la "chasse de subsistance des aborigènes". Cela signifie que des chasseurs non-aborigènes qui désirent pratiquer une pêche non-commerciale ne se verront pas attribuer de quotas par la CBI. Mais même les populations aborigènes ne sont pas sûres d'un quota de chasse de subsistance. La CBI doit d'abord examiner si la communauté peut faire la preuve d'un "besoin nutritionnel continu et d'une dépendance culturelle envers la chasse". Dans le cas des Indiens Makah, il semble probable que cette évaluation sera négative. Les USA ont demandé en leur nom un quota de 5 baleines grises pour leur nourriture et leurs besoins cérémoniels, prélevés sur une population de plus de 20.000 spécimens. Les USA retirèrent leur demande lors de la réunion de 1996 lorsqu'il devint clair qu'elle ne réunirait pas la nécessaire majorité des trois-quarts. Et pourtant, les Indiens Makah ont chassé la baleine pendant plus de 1500 ans. Leurs droits de chasse sont confirmés par un traité passé en 1855 avec le gouvernement américain. On a relevé contre eux que leur dernière chasse à la baleine remonte à 70 ans, mais c'est le délai qui s'est avéré nécessaire pour que la population revienne à son niveau initial après quelques courtes décennies de surexploitation par des baleiniers de la tribu des Anglo-Saxons qui avaient envahi le territoire Makah. La même tribu des Anglo-Saxons, aujourd'hui représentée par la Grande-Bretagne, la Nouvelle-Zélande et l'Australie, se servent aujourd'hui de la CBI comme d'un outil afin d'enrayer des mesures qui adouciraient les conséquences de cette invasion des Indiens Makah.

Dans nombre de cas, la CBI a attribué des quotas de chasse aborigène de subsistance, bien que cette chasse ait des traits nettement commerciaux. La Russie a ainsi bénéficié de quotas de baleines grises alors qu'une partie de la chair a été vendue à des fermes d'élevage d'animaux à fourrure. De la chair et de la graisse d'animaux prélevés sur les quotas groenlandais sont distribuées par les canaux commerciaux habituels et peuvent être achetées emballés sous vide dans les bacs réfrigérés des supermarchés de Nuuk, contrevenant ainsi aux critères définissant la chasse aborigène de subsistance. La CBI attribue aussi des quotas aux Inuit d'Alaska qui vendent des sous-produits de leur chasse tels que de l'artisanat à base d'os ou de fanons de baleines. Cette pratique n'est pas interdite au terme des quotas aborigènes de subsistance, qui ont été conçus en fonction des besoins des USA et qui sont une copie quasi-conforme de dispositions similaires prévues par la Loi américaine sur la protection des mammifères marins.

Le moratoire de la CBI est en fait une interdiction générale, à quelques exceptions près. Ces exceptions ne sont pas régies par des critères précis. Ce qui est certain, c'est que le caractère non-commercial de la chasse pas plus que l'appartenance aborigène des chasseurs ne suffisent à justifier une exception, et que même une combinaison des deux peut être considérée comme insuffisante. L'attribution de quotas aborigènes de subsistance est devenu un processus purement politique dont l'issue dépend de l'humeur d'une majorité des membres de la CBI.

Les Seychelles ont joué un rôle déterminant dans la genèse du moratoire, comme elles l'avaient dans le transfert par la CITES du petit rorqual de l'Annexe II à l'Annexe I. Le projet de moratoire a été présenté par les Seychelles. La délégation de ce pays comprenait Sidney Holt, figure de proue du mouvement "sauvons les baleines". Il a été président de Greenpeace UK pour une courte période, et travaille depuis une dizaine d'années pour le Fonds International pour la Protection des Animaux (IFAW). Avec le directeur de Greenpeace, David McTaggart, il a joué un rôle crucial dans le recrutement de nouveaux membres de la CBI afin de disposer d'un nombre suffisant de votes pour être sûr que le moratoire serait accepté (Spencer, 1991; Day, 1992 (1987)).

Dans la période 1979-82, 19 nouveaux Etats se sont joints à la CBI, la plupart sans le moindre passé baleinier. Il a ainsi été possible de parvenir à une majorité des 3/4 pour une interdiction de la chasse. Plusieurs des nouveaux membres étaient représentés à la CBI par des ressortissants étrangers choisis par le mouvement "sauvons les baleines" chargé de les recruter (Spencer, 1991, Cherfas, 1988; Day, 1992 (1987)). Greenpeace compare ce procédé à un coup d'Etat: "des groupes écologistes et de bien-être des animaux (...) ont réalisé ce qui équivaut à un coup d'Etat au sein de la CBI" (Wilkinson, 1989). Les nouveaux membres étaient les Seychelles, Oman, la Suisse, la Chine, le Costa-Rica, la Dominique, l'Inde, la Jamaïque, les Philippines, Ste-Lucie, St-Vincent, l'Uruguay, Antigua, Belize, l'Egypte, le Kenya, Monaco, le Sénégal et l'Allemagne fédérale.

La Norvège, l'Union Soviétique, le Pérou et le Japon ont formulé une réserve à l'égard du moratoire. Le Pérou et le Japon ont depuis retiré leur réserve.



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