t11:description DDT

Danger + toxicité du DDT

Petit historique de la production.

http://www.gtz.de/uvp/publika/French/Vol346.htm

Ddt

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APPELLATIONS

Numéro du CAS: 50-29-3
Nom dans le registre: DDT
Nom de la substance: 1,1,1-Trichloro-2,2-bis(4-chlorophényl)éthane
Synonymes, noms commerciaux: p,p'-Dichlorodiphényltrichloroéthane, p,p'-DDT , 1,1-bis(4-chlorophényl)-2,2,2-trichloroéthane, Dicophane (GB); Chlorophénothane (USA); Anofex ; Cezarex ; Dinocide ; Gesarol ; Guesapon ; Guesard ; Guesarol ; Gyron ; Ixodex ; Neocid ; Neocidol ; Zerdane
Nom(s) anglais: DDT , 1,1,1-Trichloro-2,2-bis(4-chlorophényl)éthanol
Nom(s) allemand(s): DDT , 1,1,1-Trichlor-2,2-bis(4-chlorphenyl)ethan
Description générale: Cristaux incolores, inodores ou légèrement aromatiques.

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute: C14H9Cl5
Masse atomique relative: 354,49 g
Masse volumique: 1,55 g/cm3
Point de fusion: 109°C
Tension de vapeur: 25,3 x 10-6 Pa
Solubilité: Dans l'eau: 3 x 10-6 g/l; bonne solubilité dans de nombreux solvants organiques; bonne liposolubilité.
Facteurs de conversion: 1 ppm = 14,7 mg/m3
1 mg/m3 = 0,07 ppm

ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:
Insecticide agissant par contact et par ingestion sur un grand nombre d'insectes (moustique du paludisme ou anophèle et de la fièvre jaune ou stégomie), puce pesteuse (Xenopsylla), pou de corps (Pediculus corporis), mouche tsé-tsé , etc.). En raison de son large impact, de sa faible phytotoxicité, de son excellente rémanence et de sa faible toxicité aiguë pour les homéothermes, ce produit a été beaucoup employé dans le passé. Désormais, il est interdit dans la plupart des pays industrialisés, mais on l'utilise encore dans de nombreux pays en développement, car le coût des produits de substitution est beaucoup plus élevé.

Origine/fabrication:
Le DDT n'existe pas à l'état naturel. Il a été produit pour la première fois par synthèse en 1874, et a été commercialisé à partir de 1945 (condensation de chloral par réaction avec le monochlorobenzène).

Chiffres de production:
Il n'existe pas de chiffres de production de date récente. En 1974, la production mondiale était évaluée par l'OCDE à env. 60.000 t (sel. OMS, 1979). A l'origine, le DDT était produit dans un grand nombre de pays, mais en 1979, il n'existait plus que trois centres de production, l'un aux USA, un autre en Inde et le troisième en France (OMS, 1979). Par contre, DVGW (1988) fait état de deux entreprises sur le seul territoire de la CE.

Chiffres d'émission:
Pratiquement la totalité des quantités produites parviennent dans le milieu naturel. Les doses d'application varient généralement entre 1 et 3 kg de DDT à l'hectare, et les produits utilisés contiennent entre 1 et 10% de matière active.

TOXICITE

Homme: DL approx. 500 mg/kg, v. orale sel. RIPPEN, 1989
Mammifères:
Rat DL50 113 mg/kg, v. orale sel. RIPPEN, 1989
DL50 1900 mg/kg, v. cutanée sel. RIPPEN, 1989
Souris DL50 150-300 mg/kg, v. orale sel. DVGW, 1988
Chien DL50 150-750 mg/kg, v. orale sel. DVGW, 1988
Chat DL50 150-600 mg/kg, v. orale sel. DVGW, 1988
Insectes:
Mouche domest.
(Musca domestica) DL50 0,033 µg/mouche (24 h) sel. KORTE, 1980
Organismes aquatiques:
Poissons CL50 8-100 µg/l (96 h) sel. RIPPEN, 1989
Daphnie (Daphnia magna) CE50 0,36-4,4 µg/l (24-48 h) sel. RIPPEN, 1989
Algues (skeletonema costatum) CE50 100 µg/l (7 d) sel. DVGW, 1988

Pathologie/toxicologie

Homme/mammifères: Le mécanisme d'action n'est pas encore connu avec précision. Le DDT est une neurotoxine agissant essentiellement sur le système nerveux central. D'après les symptômes visibles, il semble que la transmission de l'influx nerveux soit facilitée dans un premier temps, puis bloquée. Le DDT a un effet inhibiteur sur différentes enzymes, et peut donc également agir comme poison respiratoire. Il s'accumule dans les tissus adipeux. Des lésions hépatiques sont à redouter en cas de fortes doses; l'intoxication chronique (expérimentée sur des rats) provoque des lésions du foie, des reins et de la rate. Il est très probable que ce produit ait un pouvoir mutagène et cancérogène sur l'homme; l'effet cancérogène a été établi dans le cadre d'expériences sur l'animal.

Végétaux : Le DDT ne provoque généralement pas de lésions sur les végétaux. Cependant, certaines espèces végétales sensibles présentent des troubles au niveau de la croissance radiculaire en cas d'accumulation de DDT dans le sol.

Synergie: Action renforcée (sur la faune aquatique) par le lindane et les sulfonates de benzène d'alkyle.

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

Milieu aquatique :
Dans l'eau, le DDT a une forte tendance à s'adsorber sur des particules solides. Il s'accumule ainsi dans les sédiments et peut être transporté sur de longues distances dans les cours d'eau.

Atmosphère:
Dans l'atmosphère, le DDT peut se présenter sous forme de gaz, d'aérosol ou de particules fixées sur les poussières. Au-dessus de champs traités, des traces de DDT ont encore été décelées six mois après application. Le DDT adsorbé sur des poussières peut être transporté à des milliers de kilomètres de distance et se disperser ainsi dans le monde entier. Des traces de DDT ont été trouvées dans la neige des régions de l'Antarctique, mais aussi dans les eaux de pluie en Ecosse et aux Iles Shetland. Les concentrations décelées dans les eaux de pluie donnent à penser que la distribution du DDT est sans doute assez uniforme dans l'atmosphère de la planète.

Sols:
Lors d'applications de DDT, une partie non négligeable du produit migre dans le sol. De fortes accumulations ont été observées dans les centimètres supérieurs du sol, ce qui semble indiquer une mobilité assez faible dans le sol.

Dégradation, produits de décomposition:
Les principaux métabolites du DDT sont le DDE 1,1-bis-(chlorophényl) -2,2-dichloroéthane, le DDA et le DDD. Le DDE est jugé au moins aussi toxique que le DDT, et semble même avoir une stabilité plus forte encore dans le milieu naturel.
On ne dispose encore que de peu d'informations sur la dégradation du DDT dans le sol. On ignore par exemple quelles sont les proportions des réactions de décomposition biologique et chimique. De manière générale, le DDT et certains des métabolites susmentionnés doivent être considérés comme très persistants.
De la même façon, il n'existe que relativement peu de données fiables sur les processus de transformation et de dégradation de cette substance dans l'atmosphère. En simulant les conditions de l'atmosphère supérieure en laboratoire, la preuve a été apportée que le DDT se transforme en acide chlorhydrique (HCl) et en dioxyde de carbone. Un certain nombre d'auteurs ont observé une décomposition rapide sous l'effet de lumière ultraviolette. Il n'existe pas de données représentatives sur la photominéralisation dans les conditions naturelles (OMS, 1979).

Chaîne alimentaire:
Forte accumulation par les chaînes alimentaires. Chez les homéothermes, le DDT peut être décelé dans le circuit sanguin peu de temps après absorption, mais il en est ensuite soustrait par les organes lipoïdiques, et s'accumule dans les tissus adipeux, le cerveau, le foie et d'autres organes.

VALEURS LIMITES DE POLLUTION

Milieu Secteur Pays/ organ. Statut Valeur Cat. Remarques Source
Eau : Eau pot. A (L) 1 µg/l DDT & isomères sel. DVGW, 1988
Eau pot. CDN (L) 30 µg/l MAC DDT et isomères sel. DVGW, 1988
Eau pot. D L 0,1 µg/l Simpl. subst. sel. DVGW, 1988
Eau pot. CE R 0,1 µg/l sel. DVGW, 1988
Eau pot. OMS R 1 µg/l DDT et isomères sel. DVGW, 1988
Eau sout. USA R 50 µg/l Etat d'Illinois sel. WAITE, 1984
Eau surf. IAWR R 0,1 µg/l Eau potable1) sel. DVGW, 1988
Eau surf. IAWR R 0,5 µg/l Eau potable2) sel. DVGW, 1988
Eau surf. D R 2 µg/l Eau potable1) sel. DVGW, 1988
Eau surf. D R 10 µg/l Eau potable2) sel. DVGW, 1988
Eau surf. USA R 50 µg/l Etat d'Illinois sel. WAITE, 1984
Eau surf. USA R 2 µg/l Prot. org. eau douce sel. HART, 1974
Air: Amb.prof. D L 1 mg/m3 MAK DFG, 1987
Amb.prof. USA (L) 1 mg/m3 TWA sel. RIPPEN, 1989
Aliments:
Thé, condiments D L 1 mg/kg sel. DVGW, 1988
Fruits, légumes D L 0,1 mg/kg sel. DVGW, 1988
Autres aliments d'or. végétale D L 0,05 mg/kg sel. DVGW, 1988
Graisse de viande D L 3 mg/kg sel. DVGW, 1988
Graisse de poisson D L 2-5 mg/kg sel. DVGW, 1988
Graisse du lait D L 1 mg/kg sel. DVGW, 1988
Oeufs D L 0,5 mg/kg sel. DVGW, 1988

Remarques:
1) Traitement de l'eau potable par des procédés naturels.
2) Traitement de l'eau potable par des procédés physico-chimiques.
Depuis 1974, la fabrication et l'utilisation du DDT sont interdits en Allemagne. Des interdictions concernant l'utilisation de ce produit existent également en Suède et aux USA.

VALEURS COMPARATIVES/DE REFERENCE

Milieu/origine Pays Valeur Source1)
Eau :
Eaux de surface (1977-79) USA 0,1 ppb; (max. n=604)
Antarctique 40 ppt
Baltique 0,2 ppt
Eaux souterraines (1977-79) USA 0,9 ppb; (max. n=1074)
Eaux de pluie GB 104-229 ppt
Sédiments:
Lacs et rivières (Berlin) D 0,01-136 ppb (n=8)
Lac Libye 0,02 ppb
Méditerranée (1981) <0,01-19 ppb
Air:
Air non pollué D 0,2-0,6 ng/m3
Golfe Persique 0,05-0,58 ng/m3 (valeur moy.: 0,08 ng/m3)
Golfe du Mexique 0,010-0,047 ng/m3
Homme:
Lait maternel D 1,5-1,8 mg/kg graisse
Tissus adipeux 1,1-5,3 mg/kg (valeurs moyennes)
Animaux:
Poissons (Lac Michigan; 1969-78) USA 0,8-9,9 mg/kg
Poissons (Mer du Nord) ; 1972) 2-73 µg/kg
Sandre (Havel, Berlin; 1981) D 2-105 µg/kg
Végétaux :
Plantes aquatiques (Danube) 2 µg/kg

Remarques: 1) Lorsqu'aucune source n'est mentionnée, les données sont citées selon RIPPEN, 1989.

EVALUATION ET REMARQUES

L'interdiction du DDT dans plusieurs pays dès le début des années 70 témoigne de la dangerosité de ce produit, qui est surtout liée à la haute persistance du DDT dans tous les compartiments de l'environnement (condition essentielle expliquant que ce produit soit désormais répandu sur toute la planète). Les critères décisifs pour l'évaluation du DDT sont la toxicité aiguë, mais aussi et surtout l'accumulation de ce produit dans les organismes vivants, les sols, les eaux de surface et les eaux souterraines, et par conséquent ses effets imprévisibles dans une optique de long terme. Dans la mesure où il existe des produits de remplacement - certes encore coûteux - il est absolument inacceptable, du point de vue écologique, de continuer à utiliser et à produire cette substance.


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