pourr t8: avancées et craintes
Le "pharming" : les technologies avancent, les craintes persistent
http://www.gazettelabo.tm.fr/2002breves/0304/pharming.htm
ALCIMED, société de conseil et d'aide à la décision en Sciences de la Vie et
Chimie, fait le point sur le très fort potentiel de la production de
médicaments par les plantes tout en rappelant les freins actuels à leur
développement, tant aux Etats-Unis qu'en Europe.
Le "pharming" : les technologies avancent, les craintes persistent
http://www.gazettelabo.tm.fr/2002breves/0304/pharming.htm
ALCIMED, société de conseil et d'aide à la décision en Sciences de la Vie et
Chimie, fait le point sur le très fort potentiel de la production de
médicaments par les plantes tout en rappelant les freins actuels à leur
développement, tant aux Etats-Unis qu'en Europe.
La production de médicaments ou d'intermédiaires pharmaceutiques dans les
plantes, autrement connue sous le nom de "pharming", séduit depuis longtemps
les industriels de la pharmacie et des biotechnologies. En effet, plusieurs
classes de médicaments peuvent être produites dans des plantes et sont en
cours de développement : vaccins (ex : cholera, hépatite B), enzymes (ex :
lipase), anticorps (ex : traitement du cancer, du paludisme), hormones (ex :
insuline, hormone de croissance), protéines de structure (ex : collagène),
etc. Le marché potentiel des médicaments produits dans les plantes est
estimé à plus 200 milliards d'euros en 2010. Ceci explique pourquoi de
nombreuses sociétés se sont positionnées sur cet axe. En première ligne, il
y a les géants des semences : Monsanto avec sa filiale Monsanto Protein
Technologies, Dow avec sa filiale Dow Plant Biopharmaceutical et Syngenta.
Les sociétés de biotechnologies ne sont pas en reste avec les américains
Prodigene, Ventria Bioesciences, Large Scale Biology, Altagen BIoscience, ou
encore le canadien SembioSys. En Europe, il faut notamment compter avec
Meristem Thérapeutics en France, Sungene, Plantom et Greenovation en
Allemagne et DLF Jenks au Danemark.
En effet, le pharming porte en germe la promesse de médicaments moins chers,
pouvant être produits dans des pays en développement là où ils sont le plus
nécessaires : certaines molécules ont vu ainsi leurs coûts de production
diminués d'un facteur 10 ou 100. Un autre avantage très important pour les
industriels réside dans le fait que la quantité de protéines produites peut
être facilement modulée avec des investissements limités dans les moyens de
production. De plus, les plantes permettent la production de certaines
protéines complexes qui ne sont actuellement pas synthétisées de façon
fonctionnelle dans des microorganismes (levures, bactéries, champignons.).
Les « alicaments », véritables médicaments produits dans les plantes, vont
encore plus loin. La plante étant directement ingérée par les patients,
aucune extraction préalable du principe actif n'est nécessaire. L'exemple le
plus connu est celui du riz doré (Golden Rice) qui contient des hauts
niveaux de précurseurs de la vitamine A, mais d'autres médicaments sont en
développement dans la carotte par exemple.
Plusieurs craintes liées à la production de médicaments dans les plantes ont
cependant été formulées, tant au niveau environnemental (flux de gène,
influence sur la flore et la faune) qu'au niveau sécuritaire (mélange de
semences, passage dans le circuit alimentaire, allergies). En effet le
pharming suppose que les plantes (tabac, maïs, riz, pomme de terre.) soient
génétiquement modifiées pour exprimer la molécule d'intérêt, le plus souvent
une protéine. Et malheureusement, certaines de ces craintes se sont
réalisées.
« Alors que les Etats-Unis tenaient la première place dans le secteur du
pharming, aussi bien en termes de nombre de sociétés impliquées que d'essais
pratiqués (34 tests en champs en 2002), plusieurs évènements récents
indiquent un fort renversement d'opinion et de tendance », souligne Céline
Schiff, Consultante en Biotechnologie chez Alcimed.
Ainsi, des grains de maïs contenant un médicament produit par la société
américaine ProdiGene ont accidentellement été mélangés à des lots de soja
destinés à l'alimentation en novembre 2002. L'amende de 3 millions de
dollars infligée par l'USDA a contraint la société à mettre la clé sous la
porte. Ceci a suffi à éveiller l'opinion publique américaine à ce débat.
« En réponse aux dérapages et pour calmer l'opinion publique, l'USDA a durci
les conditions de tests de pharming en plein champ en mars 2003 et a émis un
avis de restrictions plus grandes fin janvier 2004 » analyse David Bariau,
Responsable de l'activité Biotechnologie chez Alcimed. « En parallèle, des
géants du domaine, comme Monsanto, ont annoncé en octobre 2003 qu'ils se
retiraient de l'axe pharming », poursuit David Bariau.
Le climat en France n'est guère plus favorable : en atteste l'arrachage des
tests de maïs de Meristem Therapeutics pour la lipase gastrique entrant dans
le traitement des affectations de la mucoviscidose, en août 2003. La visite
de Meristem Therapeutics par le Ministre délégué à la Recherche et aux
Nouvelles Technologies, Claudie Haigneré, en décembre dernier, traduit
néanmoins un certain soutien de la part du gouvernement français.
De plus, jusqu'à présent, le facteur limitant résidait dans une trop faible
teneur en protéine d'intérêt, ce qui nécessitait de cultiver et de traiter
(étapes de séparation, de fractionnement et de purification) des quantités
trèsélevées de matériel végétal. « Après plusieurs années de mises au point
technologiques, plusieurs méthodes permettent enfin de produire des
protéines thérapeutiques fonctionnelles à des niveaux suffisamment élevés
pour une exploitation industrielle », ajoute Céline Schiff.
Aujourd'hui, 3 grands types d'approches semblent suffisamment robustes pour
une exploitation industrielle :
- L'approche la plus répandue actuellement est d'employer un promoteur
spécifique dirigeant la production de la protéine thérapeutique dans les
graines. Cette approche est privilégiée par des sociétés comme Meristem
Therapeutics, Dow Plant Biopharmaceutical, Monsanto Protein Technologies
dans le maïs, ou comme Ventria Bioscience dans le riz et l'orge. Outre des
rendements forts, l'avantage principal de cette approche est de pouvoir
facilement stocker les graines contenant la protéine d'intérêt.
- Une autre approche qui fait ses preuves est la transformation génétique
des chloroplastes, qui sont des organelles présentes à plus de 10 000 copies
par cellule végétale, ce qui augmente grandement le niveau d'expression de
la protéine. L'Université de Central Florida a ainsi obtenu des rendements
de protéine d'intérêt entre 10 et 50% des protéines totales. La société
Chloragen est positionnée sur cet axe. Outre le rendement important, cette
technique présente l'avantage de limiter la dispersion des OGM par le
pollen, la transmission des chloroplastes étant uniquement maternelle.
- La troisième approche est l'utilisation de vecteurs viraux (TMV, PVX ou
PLRV) qui se multiplient exponentiellement dans la plante et qui permettent
ainsi d'avoir des taux d'expression de l'ordre de 2 à 6 % des protéines
totales. La société Large Scale Biology développe des vaccins et de enzymes
par ce biais.
A l'heure actuelle, aucun médicament produit dans les plantes n'est
commercialisé, mais de nombreux essais sont relativement avancés. Pour
certains, le pharming représente un grand espoir de produire des médicaments
moins chers et en même temps une très bonne opportunité de redorer le blason
des plantes transgéniques. Néanmoins, il semble que le contexte social et
réglementaire actuel reste défavorable à la production de médicaments dans
les plantes. Espérons qu'il ne constituera pas un frein suffisant pour
reléguer le pharming au rang de prouesse technologique jamais implémentée en
production.
ALCIMED (www.alcimed.com) est une société de conseil et d'aide à la décision
appliquée aux sciences de la vie et à la chimie. Elle traduit les avancées
scientifiques et technologiques en positionnements stratégiques, en
innovations marketing et en résultats économiques. Spécialisée en 1993 dans
les biotechnologies, ALCIMED a progressivement étendu son activité d'aide à
la décision aux sciences de la vie et à leurs secteurs d'application (santé,
agroalimentaire, cosmétique) ainsi qu'à la chimie et aux matériaux. ALCIMED
s'appuie sur une équipe de 51 ingénieurs, biologistes et chimistes de très
haut niveau, dotée d'une double compétence scientifique et économique -
financière, capable de prendre en charge des missions extrêmement variées
(études de marché, analyses stratégiques, Business Plans, Business
Development, valorisation.), à la frontière entre la R&D et le business
Relations Presse :
H&B Communication
Claire Flin
c.flin@hbcommunication.fr
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