t10 document explicatif des polémiques et conflits internationaux
Voici un travail effectué lors d'une recherche sur le sujet
III-Polémiques et conflits internationaux
A-Les polémiques des cinquante dernières années
1-Arguments des pays chasseurs (Japon, Norvège, Islande, Russie, Corée du Sud et Pérou)
o Arguments politico-économiques
Les pays chasseurs prônent l'exploitation de la baleine en tant que ressource renouvelable afin de nourrir la population mondiale. En effet, les ressources maritimes constituent la solution à la pénurie du siècle prochain, tant pour la nourriture que pour les énergies fossiles. Comme il en va de l'intérêt mondial, l'engagement dans la lutte contre la chasse ne serait pas innocent. Le Japon accuse les Américains de manipulations politiques et de protectionnisme (Y. Umezaki, 1986). Selon les dires des pays chasseurs, la diabolisation de la chasse à la baleine viserait à apaiser l'impact de la Guerre du Vietnam, la pollution au défoliant et l'immersion de 47 000 barils radioactifs non conformes (Y. Umezaki, 1986). Les Japonais estiment que les Etats-Unis se sont engagés dans la lutte depuis qu'ils ont conçu et développé un nouveau lubrifiant industriel. Ce produit posséderait les mêmes qualités que l'huile de baleine mais coûterait trois fois plus cher à la production. La compétition ne jouerait alors pas en faveur des américains. Or, si la production nippone cesse, les Etats-Unis détiennent le monopole du marché et peuvent fixer les prix à volonté, (Y. Umezaki, 1986).
La lutte américaine s'organise aussi par le biais de boycotts et d'embargos visant les importations des produits de la pêche Japonaise et l'interdiction de leurs activités de pêche dans les eaux territoriales américaines. Ces mesures n'ont aucun fondement si ce n'est de favoriser l'économie américaine. Toutes ces étapes politiques marquent en fait la volonté américaine de sanctionner l'économie nippone sous le prétexte de la lutte contre la chasse. (F. Nagasaki, 1989). Enfin, les pays chasseurs dénoncent les nombreuses répressions exercées par les Etats-Unis et n'hésitent pas à qualifier ce système impérialiste de "mafia Environnementale" (Y. Umezaki, 1986).
o Arguments culturels et opinion publique
Les pays de l'Ouest, autrefois de très importants chasseurs, sont fortement responsables de la dépression des effectifs. Ils ne sont donc pas des modèles du genre et devraient reconsidérer leurs arguments. Si les Japonais chassent la baleine, ils récupèrent absolument tout tandis que les Américains ont chassé la baleine uniquement pour l'huile qu'on en tire. Ainsi, les Japonais crient à la discrimination en raison de la délivrance inéquitable des permis de chasse. Les Etats-Unis s'opposent à la chasse mais autorisent la capture de quelques baleines par leurs minorités ethniques. C'est le cas des Inuits qui ont le droit de chasser 51 baleines menacées au titre "culturel" tandis que les Japonais qui possèdent eux aussi des minorités ethniques n'ont pas le droit de chasser 50 petits rorquals, espèce non menacée (F. Nagasaki, 1989).
Les japonais avancent aussi l'argument de la religion : depuis l'ère Meiji, le Bouddhisme interdit toute consommation de mammifères à quatre pattes. Le Japon insiste aussi sur le fait qu'il n'est pas plus ridicule de manger de la chair de baleine plutôt que de la viande de bœuf. D'après les Japonais, les Américains essayent d'imposer leur culture occidentale à l'ensemble des communautés humaines mais le poids de l'opinion publique des pays chasseurs sert à justifier leur politique. Une étude de Milton Freeman et Stephen Kelbert (Canadian Survey Circumpolar Institute, 1992) montre que la majorité des sondés japonais et norvégiens approuvent leur gouvernement et encouragent la politique de la chasse à la baleine.
Enfin, le Japon dénonce la désinformation scientifique organisée par les écologistes vis à vis de l'opinion publique via les médias. C'est le cas des journalistes qui déclarent que le Japon souhaite chasser les baleines bleues alors qu'il ne souhaite exploiter que le petit rorqual, espèce dont les stocks actuels permettraient une exploitation durable.
o Arguments scientifiques
Contre les attaques américaines, les Japonais affirment que leur programme scientifique ne consiste pas en une opération commerciale déguisée mais qu'il viserait à dissiper tous les doutes qui subsistent encore sur l'état actuel des différents stocks. La robustesse des résultats scientifiques japonais est supérieure aux précédents résultats de l'IWC (RIWC : vol.41, 43 et 44). Pour cette raison, la communauté scientifique approuve ces travaux. Le Japon développe également l'argument écologique concernant la compétition interspécifique. En effet, depuis que la population de petits rorquals d'Antarctique a été estimée à 760 000 individus (RIWC vol 41), il existe un risque d'extinction des espèces menacées si aucune régulation des effectifs des populations de petit rorqual n'est appliquée.
Dans le même registre, certains cétacés sont nos concurrents pour la nourriture. Ainsi, certains gestionnaires de ressource et scientifiques affirment que des abattages réguliers de ces animaux font partie de la gestion des écosystèmes (source WWF, 1996). C'est pourquoi des éliminations massives d'Orques en Islande et au Groenland et d'autres odontocètes au Japon ont eu lieu. C'est également sous le couvert de ces arguments que les Norvégiens ont repris la chasse commerciale du petit rorqual malgré le moratoire et l'opinion de l'IWC. Enfin, le Japon qui mène actuellement les recherches les plus performantes en matière de baleines revendique la nécessité d'utiliser des méthodes léthales. Ces méthodes procurent des informations supplémentaires telles que l'âge des individus, leur développement gonadique et leur alimentation (site Internet Japonais).
2-Arguments des pays contre la chasse (Etats-Unis, Royaume-Uni, Australie, Nouvelle Zélande et Hollande)
o Arguments politico-économiques
Contrairement à la communauté scientifique, les Américains ne font pas confiance aux recherches des pays chasseurs. L'économie de ces derniers est basée en partie sur l'activité de chasse et leurs intérêts sont trop marqués pour qu'on puisse les laisser gérer seuls les stocks de baleines.
Les Américains affirment que l'investissement nippon actuellement octroyé à la recherche n'est pas désintéressé et prépare le retour à une exploitation intensive. Ils s'appuient en fait sur le passé du Japon qui n'a pas hésité à contourner les premiers permis de chasse scientifique pour effectuer des chasses commerciales.
Les Américains prétendent également que les bateaux de recherche scientifique japonais ne sont rien d'autre que des baleiniers et que les équipages sont aussi bien formés à la recherche qu'à la chasse. De ce fait, dès le retour de la chasse, ces baleiniers seraient immédiatement opérationnels, connaissant les sites les plus denses.
Les Américains accusent les Japonais d'essayer de rallier certains membres de la commission à leur cause par le biais diplomatique. Depuis 1972, les Américains prônent le renforcement de l'IWC pour canaliser les velléités des pays chasseurs. Ils réclament aussi l'augmentation des recherches scientifiques, démontrant ainsi la nécessité de protéger les baleines de toute exploitation. Dans la même optique, ils proposèrent un moratoire de 10 ans (Talbot, 1972). Celui-ci n'a pas tenu la durée escomptée mais a toutefois permis une pause appréciable et nécessaire au renouvellement des stocks.
o Arguments culturels et opinion publique
Grâce à la médiatisation grandissante, les pays anti-chasse s'organisent avec le soutien de la majorité de l'opinion publique et des organisations environnementales. Les Américains refusent totalement l'idée de pouvoir consommer de la chair de baleine. Ils trouvent en effet écœurant et inconcevable de consommer cet animal. La baleine ne souffrirait-elle pas autant que l'homme et mérite-t-elle le massacre dont elle a été victime ?
o Arguments des organisations environnementales
D'après les organisations environnementales qui luttent contre la chasse, les baleines, quelle que soit l'espèce, sont menacées d'extinction. Deux phénomènes sont incriminés :
-la pêche intensive sans quotas.
-la faible fécondité des baleines.
Les organisations environnementales telles que WWF et Greenpeace dénoncent la cruauté de la chasse. Selon eux, la capture des cétacés est dénuée d'humanité. Les baleines sont harponnées de façon extrêmement violente.
Les mêmes organisations mettent en avant "l'intelligence supérieure des cétacés et donc que leur chasse peut être considérée comme un meurtre outrageux". En effet, les baleines sont dotées de cerveaux énormes qui peuvent excéder 7 kg. Il semblerait qu'ils aient développé un système de communication des plus complexes, que leurs groupes soient très bien structurés et qu'ils soient doués de sentiments.
Les organisations environnementales œuvrent pour le maintien sans concession de la diversité biologique. L'homme étant un prédateur redoutable est responsable de la disparition de nombreuses espèces.
o Arguments scientifiques
Les Américains, n'étant pas d'accord avec les procédés d'estimation discréditent entièrement les méthodes utilisées lors du plan de recherche. Les opposants à la chasse scientifique préconisent l'emploi de méthodes non-létales qu'ils estiment aussi efficaces que les méthodes léthales.
Enfin, les Américains ne comprennent pas pourquoi le Japon persiste à exploiter la baleine. En effet, la chimie à fait d'extraordinaires progrès et est maintenant capable d'élaborer des substituts aussi fiables que les dérivés de la baleine. Ils préconisent de laisser la place à la technologie industrielle et aux dérivés chimiques situés à la pointe du progrès.
adresse du site: http://birdy08.chez.tiscali.fr/300baleine.htm#an50