t11: alternative au DDT
Existe-t-il des alternatives au DDT?
Existe-t-il d'autres produits auusi efficaces et aussi peu cher que le DDT?
http://www.malaria.org/DDT_French.html
"... Insecticides de remplacement:
il y a trois familles d’insecticides utilisées dans la lutte contre la malaria: les carbamates, les organophosphates et les pyréthroïdes.
Les deux premiers sont dangereux à manipuler et demandent un équipement protecteur spécial qui n’est pas facilement disponible dans les pays en voie de développement, ce qui n’en fait pas des solutions de remplacement pratiques. Il ne reste que les pyréthroïdes pour remplacer le DDT, bien que certains aient également des doutes quant à son innocuité pour la santé.
À ce jour, il y a des raisons d’être optimiste à propos des pyréthroïdes. Comme le DDT ils ne demandent qu’un minimum d’équipement protecteur et sont sans danger en utilisation courante.
Il existe cependant une controverse sur le rapport efficacité/prix à leur propos. Bien que le prix au kilo des pyréthroïdes soit beaucoup plus élevé que celui du DDT, on en utilise moins pour la pulvérisation des habitations.
En prenant cela en compte, une étude récente de l’OMS a estimé que le coût réel d’utilisation des pyréthroïdes atteignait plus de trois fois celui du DDT. D’un autre côté, une étude au Brésil suggère que le rapport efficacité/prix de la pulvérisation d’intérieur de pyréthroïdes égalait voire dépassait celui du DDT. En tous cas la vérité n’est pas claire.
Cependant, même si dans certaines occasions le rapport efficacité/prix des pyréthroïdes était comparable à celui du DDT, cela ne veut pas dire que ce serait toujours le cas ou que le DDT ne soit plus utile. Le problème, comme toujours, est la formidable diversité de la malaria - quatre espèces de Plasmodium; trente cinq espèces de moustiques vecteurs de la malaria; et des conditions locales différentes en tous lieux .
Si on interdit l’usage du DDT, qu’utilisera-t-on dans les régions où les moustiques sont résistants aux pyréthroïdes?
Alterner l’usage du DDT et des pyréthroïdes pourrait éviter cette résistance de prime abord. En clair, il serait absolument imprudent de n’avoir qu’une seule flèche, les pyréthroïdes, à notre arc pour combattre la malaria.
La diversité de la malaria demande également de la prudence quant aux méthodes, utilisant les pyréthroïdes, autres que la pulvérisation d’intérieur. Des chercheurs ont essayé des vêtements trempés de pyréthroïdes pendus aux fenêtres et aux portes, ou des moustiquaires de lit enduites de pyréthroïdes. Quelquefois ces solutions ont un rapport efficacité/prix comparable à celui du DDT. Mais encore une fois, le succès dépend des conditions locales, des moustiques et de facteurs socio-économiques. Prenez les moustiquaires de lit enduites de pyréthroïdes: elles peuvent réduire fortement la mortalité infantile due à la malaria. Mais comment ces moustiquaires pourraient-elles être efficaces dans des régions où les gens sont trop pauvres pour les acheter (de 5 à 10 Dollars pièce); de quelle utilité peuvent-elles être là où il fait trop chaud pour pouvoir dormir sous une moustiquaire?
Solutions de remplacement autres que des insecticides:
Les insecticides ne sont pas les seules armes pour lutter contre la malaria. Des médicaments, des vaccins et des modifications de l’environnement peuvent avoir des succès variables. Comme toujours, le choix de la meilleure solution dépend des caractéristiques locales de la maladie.
Il y a quelques dizaines d’années, un médicament connu sous le nom de chloroquine, était utilisé, souvent avec le DDT, dans des campagnes nationales contre la malaria. Aujourd’hui, la chloroquine est devenue incroyablement inefficace partout dans le monde, et les médicaments de substitution sont trop chers pour beaucoup de gens dans les pays en voie de développement.
Pas une seule compagnie pharmaceutique en occident ne cherche de médicaments contre la malaria, et le laboratoire (appartenant à l’armée américaine) le plus productif en matière de médicaments anti-malaria vient de voir son budget réduit. En clair, l’avenir des médicaments anti-malaria restera incertain tant que les pays développés feront aussi peu pour en encourager les recherches.
Pour les vaccins, l’avenir est encore moins prometteur. Malgré certaines annonces de presse, il n’existe aucun vaccin anti-malaria sur le marché. Quelques uns ont été essayés chez l’Humain, mais ils ont tous de sévères limitations: ils ne marchent que contre des malarias spécifiques de certaines régions (un vaccin universel n’existe pas); et ils ne protègent qu’environ 30% des personnes vaccinées, et pour un ou deux ans au plus.
Enfin, parlons de la lutte écologique contre la malaria. La World Wildlife Fund préconise des plantations d’arbres pour assécher les régions marécageuses, et l’introduction de poissons prédateurs de moustiques, parmi d’autres idées. Ces solutions écologiques sont probablement les mieux adaptées aux régions où la transmission de la malaria est modérée -- mais le gros de l’Afrique, de l’Asie et de l’Amérique du sud ne ressemble pas à cela. Là où les gens subissent chaque année des centaines de piqûres de moustiques infectés, ou là où la saison humide apporte les grandes moussons, la lutte écologique a toutes les chances d’être dépassée. Et même là où elles marchent, les armes écologiques peuvent s’avérer très coûteuses. Donc, bien que ces solutions écologiques méritent plus d’efforts de recherche, elles ne peuvent aujourd’hui remplacer le DDT.
CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS
À ce jour, il n’existe pas de solutions qui puissent remplacer le DDT en toutes circonstances. Cela est dû à la diversité de la maladie.
Sans doute peut-on utiliser quelques solutions de remplacement dans certaines régions, ou même améliorer la solution DDT dans d’autres régions, mais nous ne pouvons être sûr que si nous interdisons l’usage du DDT, il y aura toujours une solution de remplacement efficace et bon marché. Pourtant il y a de bonnes raisons écologiques d’éliminer le DDT le plus tôt possible. Alors, le point essentiel est de mettre au point et d’implanter des solutions de remplacement avant qu’une interdiction du DDT ne soit décrétée. Sinon, c’est jouer avec des vies humaines.
Si les pays occidentaux n’assurent pas les moyens de tester les pyréthroïdes, de développer des vaccins, de distribuer des médicaments, ou de fournir les pays tropicaux en moustiquaires, de quel droit devraient-ils dicter les termes d’une interdiction du DDT?