Thèmes et notices
Thèmes et notices proposés aux étudiants
Nouvelles notices (11) et celles déjà explorées par les étudiants ayant participés à ce séminaire lors du premier semestre (5).
1. L'interdiction de l'atrazine pose le problème de son remplacement
2. "The Farm Scale Evaluation" (FSEs) anglais
3. La chasse à la baleine. Quelle est l'espèce en péril?
4. Conservation des ressources phytogénétiques (INIBAP). Entre banane et banane
5. Biopharming (Merestem therapeuthics) et la lipase gastrique
6. Des éoliennes sur le plateau du Condroz. Installation et contestation au nom de l'environnement
7. Certification en vue d'une "Gestion durable des forêts". Critères identiques pour tous?
8. Forêt de Soignes et participation citoyenne. Combien sommes-nous?
9. Peticides et usages des pesticides. Dangerosité sudiste et dangerosité nordiste?
10. Filière sucrière segmentarisée
11. Le maïs ensilage pris dans les fils des réformes de la Politique Agricole Commune
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Cette liste est non exhaustive, il vous est possible de l’enrichir de sujets de votre choix.
I. Nouvelles notices (11)
1. L’interdiction de l’atrazine pose le problème de son remplacement
L’atrazine est un herbicide utilisé régulièrement en agriculture depuis plus de quarante ans. Le 16 avril 2002, la revue Proceedings of the National Academy of Sciences publie les résultats de recherches menées par l’équipe de Tyrones Hayes à Berkeley : des effets d’hermaphrodisme sont constatés sur des grenouilles mâles ayant été élevées dans de l’eau contenant de l’atrazine. Cet article fait couler beaucoup d’encre. D’une part, Hayes a travaillé pour Syngenta, l’une des principales sociétés produisant l’atrazine. D’autre part, cette étude survient au moment où l’autorisation de commercialisation de l’atrazine est ré-évaluée par l’EPA (Environmental Protection Agency), aux Etats-Unis, ainsi que par le Comité phytosanitaire permanent de l’Union Européenne [voir : Dalton R. Nature 416. 665 (2002)]. Aujourd’hui, le nouveau Comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale de l’Union Européenne (reprenant les compétences du défunt Comité phytosanitaire permanent) vient d’interdire la commercialisation de ce produit [voir le communiqué de presse de Syngenta]. Aux problèmes environnementaux causés par l’utilisation de l’atrazine, est liée la question des possibilités de son remplacement.
2. « The Farm-Scale Evaluations » (FSEs) anglais
Le 16 octobre 2003, la Royal Society a publié les résultats du programme de recherche mené pendant trois ans en Grande-Bretagne, les Farm-Scale Evaluations (FSEs). Cette étude - portant sur des plants de maïs, de colza et de betterave sucrière - compare les effets produits sur la biodiversité par la culture de variétés conventionnelles traitées par herbicides, et par celle de variétés génétiquement modifiées afin d’être rendues tolérantes aux herbicides. Les résultats étaient particulièrement attendus en raison du caractère inédit de l’expérimentation - échelle, durée, conditions de réalisation, choix méthodologiques [voir Journal of Applied Ecology, février 2003] - et de l’initiative politique qui lui a donné lieu. Ils indiquent une diminution de la biodiversité végétale et des invertébrés dans le cas des betteraves et du colza. Lorsque mises en oeuvre, les FSEs ont été mises en cause par les détracteurs des OGM. Après l’annonce des résultats, ce sont cette fois leurs partisans qui interrogent publiquement les protocoles utilisés, la pertinence de la question abordée et l’interprétation à donner aux résultats [voir Nature Biotechnology. December 2003. Volume 21. Number 12. ou encore New Scientist. 2003. October 25.] Sont au coeur des débats, les protocoles de mise en culture, le concept de mitigation et les mesures de suivi proposés pour une mise en culture. En ce début d’année 2004, Le Conseil de Biosécurité a pourtant utilisé les résultats des FSEs pour justifier l’avis négatif émis par la Belgique pour la commercialisation du colza de Bayer.
3. La chasse à la baleine. Quelle est l’espèce en péril ?
Un moratoire international empêche la chasse commerciale à la baleine (whales hunting). L’Islande et le Japon pratiquent dès lors ce qu’ils appellent une pêche scientifique, dénoncée par les environnementalistes. Des articles scientifiques tendent à prouver que le moratoire est justifié et d’autres qu’il ne l’est pas. La controverse est importante et offre de multiples entrées. Ainsi, lors de la Conférence de Berlin, en juin 2003, certains participants auraient voulu faire remplacer le concept d’interdiction de la pêche par celui de conservation de l’espèce. L’enjeu porte sur la possible protection de pratiques traditionnelles de pêche à la baleine, telles qu’elles sont revendiquées par des peuples autochtones. En particulier le cas du peuple amérindien, les Makah, a suscité beaucoup de discussions. Est-il possible de protéger des espèces menacées, tant animales que humaines ?
4. Conservation des ressources phytogénétiques (INIBAP). Entre banane et banane
Le 18 janvier 2003, Emile Frison, directeur de l’INIBAP, publie dans le New Scientist un article où il met en scène la disparition de la banane sous les coups d’une maladie fongique, la cercosporiose noire ou Black Sigatoka. La solution : l’« immuniser » contre ce champignon ou tout autre maladie ou ravageur, par modification génétique. Depuis le milieu des années 80, la conservation et le transfert international des ressources génétiques des bananes du genre musa constituent l’activité principale de l'International Network for the Improvement of Banana and Plantain (INIBAP). En 1985, ce réseau établit, à la K.U. de Leuven, le centre de transit de la plus importante collection mondiale de matériel génétique de la banane Musa. Les enjeux sont de taille. La banane est la quatrième source d’alimentation mondiale, mais sa culture est affectée par les maladies et divers ravageurs. Le projet de l’INIBAB, doit aussi bénéficier aux marchés de la banane dessert Cavendish, produit d’exportation. Pourtant de nombreuses critiques sont adressées au CGIAR, le Consultative Group on International Agricultural Research , qui coordonne la recherche agricole internationale à des fins de développement, et dans lequel l’INIBAP est partie prenante : par exemple, l’orientation des programmes de recherche en faveur des biotechnologies. Voir à ce sujet Plate-Forme Souveraineté Alimentaire (PFSA), avis de 1997 (1997 AO1F) et 2001 (2001 1A12F) du Conseil Fédéral de Développement Durable (CFDD). Précisément divers problèmes liés au projet de l’INIBAP sont soulevés : les conséquences de l’usage des biotechnologies agricoles pour les populations des pays du Sud, les conditions de prélèvement des ressources génétiques auprès des populations indigènes (biopirateries), ainsi que la répartition des bénéfices issus des collections formées au sein de l’INIBAP.
5. Biopharming (Meristem Therapeuthics) et la lipase gastrique
De nombreux essais en plein champ de plantes transgéniques (maïs, soja, riz ou tabac) produisant des molécules à usage pharmaceutique ou industriel (hormones de croissance, coagulants sanguins, molécules contraceptives, enzymes ou vaccins) sont réalisés depuis 1991 aux Etats-Unis. D'ici 2010, les surfaces consacrées à cette technologie, le biofarming, pourraient représenter 10% de la surface cultivée de maïs aux Etats-Unis. Ceci sans compter les plantes modifiées pour produire des matières premières à usage industriel (biocarburants, bio-plastiques, huiles.) En France, la société Meristem Therapeuthics développe une variété de maïs modifiée pour produire de la lipase gastrique, protéine destinée au traitement des personnes atteintes de mucoviscidose. Le 11 août 2001, plusieurs champs d’essais de ce maïs sont détruits en France par un groupe appelé Les limes à grains. Cette intervention provoque une importante levée de bouclier. Il faut "refuser l'obscurantisme" est-il écrit dans le Monde du 16 août 2001. Ou encore, dans un article du Monde du 25 août 2001, que les opposants aux OGM s’en prennent à une parcelle d’OGM médicaux montre qu’ "il n'y a plus de limites !" Lorsqu’en septembre 2003, un nouvel essai de Meristem est détruit, les familles des malades et l’Etat français expriment leur sentiment de révolte, peut-on lire dans le Figaro du 3 septembre 2003. Pourtant, le 12 novembre 2002, le ministère de l'Agriculture américain avait révélé la contamination de soja destiné à la consommation humaine par du maïs génétiquement modifié par la firme ProdiGene en vue de produire un vaccin contre une maladie porcine. Ce cas illustre la difficulté de confiner les cultures transgéniques, qu’elles soient ou non développées à visée thérapeutique. Cet argument est repris dans un rapport publié par les Amis de la Terre des Landes, OGM médicaux en plein champ : faux espoirs et vrais dangers, rapport nourri par l’expérience américaine en matière de biofarming.
6. Des éoliennes sur le plateau du Condroz . Installation et contestation au nom de l’environnement
Actuellement, la part d'électricité provenant de sources d'énergie renouvelable est, en Belgique, de 1,1%. Dans le cadre du suivi des accords de Rio (1992) et de Kyoto (1995) , la directive européenne 2001/77/CE fixe comme objectif indicatif à ses Etats membres de parvenir à produire d’ici 2010, 6% de leur 'électricité à partir de sources d'énergie renouvelable. La Wallonie, pour sa part, s’est fixée d’atteindre une production de 10% d’énergie verte. Pour atteindre cet objectif, le Parlement Wallon a adopté au printemps 2001 un décret sur l’organisation du marché de l’électricité organisant le mécanisme dit des « certificats verts ». Par ce système, la Région Wallonne soutient la production d’électricité verte en stimulant économiquement les fournisseurs à distribuer un certain pourcentage de l'électricité provenant de ces sources d'énergie renouvelable. La Région Wallonne promeut ainsi la diversification de ses sources d’approvisionnement, mais également de son développement économique, en utilisant ses propres ressources énergétiques, générées par l’air (éolienne), la terre (biomasse) et le soleil. Dans ce cadre, plusieurs projets de champs d’éoliennes sont développés en Wallonie. En cohérence avec les volontés internationales de diminuer les émissions de gaz à effet de serre, dans un souci général de protection de l’environnement, ces projets sont pourtant contestés au nom également de l’environnement, sonore ou paysager des riverains. Ainsi, le projet de 61 éoliennes présenté par la société Molignée Energie SA (MESA) sur le plateau du Condroz (Dinant-Florenne) est remis en cause par l’Association pour la défense des sites et des vallées du Namurois (ADSVN).
7. Certifications en vue d’une « Gestion durable des forêts ». Critères identiques pour tous ?
En 1992, lors de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement (CNUED), Conférence dite de Rio, une déclaration de principes sur la gestion, la conservation et le développement durable des forêts fût adoptée par les divers délégués des pays participants (les dits « Principes forestiers » et le chapitre 11 du Programme d’Action 21 « Lutte contre la déforestation »). La mise à mal des forêts y est reconnue. Leur rôle important comme écosystème y est souligné. Leur nécessaire gestion durable est dès lors soutenue. Ce concept de développement durable affirme que le développement économique et social doit passer obligatoirement et de manière concrète par la protection de l’environnement. Diverses actions s’en suivirent. Notamment, divers systèmes de certification accordée aux bois produits et exploités dans des conditions de gestion durable des forêts. Ainsi, un grand nombre de filières de certification se sont développées, indépendamment les unes des autres, selon les sensibilités, les intérêts ou les traditions de leurs promoteurs. En ce qui nous concerne, deux systèmes de certification se disputent la forêt wallonne. Ce sont le FSC (Forest Stewardship Council), seul certification forestière reconnue par les ONG, et le PEFC (Pan European Forest Certification). Différents problèmes sont posés par cette multiplication des éco-certifications : les principes sous-jacents inspirant ces modes de certification, leurs effets concrètement produits sur le développement durable, confusion des consommateurs, difficulté de choix pour les responsables d’entreprise, risque de discrédit de l’éco-certification en général, les sphères nationales ou internationales des intérêts défendus dans ces chartes respectives. Une reconnaissance mutuelle des différents labels est dès lors envisagée. Mais elle passe par un accord sur les conditions minimales offertes par cette certification forestière en vue d’assurer la gestion et le développement durable de nos forêts, d’ici et d’ailleurs. Une analyse comparative semble indispensable.
8. Forêt de Soignes et participation citoyenne. Combien sommes-nous ?
La Forêt de Soignes est une futaie régulière de hêtre (forêt cathédrale) qui comprend cinq réserves naturelles. On y trouve 384 espèces de plantes, 39 espèces de mammifères et 134 espèces d’oiseaux. Elle est depuis longtemps une importante exploitation forestière, mais outre cette fonction économique, elle remplit également une fonction écologique et une fonction sociale. Ces dernières années, ses aspects récréatifs, paysagers et environnementaux tendent à être davantage valorisés. La forêt est progressivement intégrée à un tissu urbain et routier de plus en plus dense qui provoque des conflits de « voisinages ». Elle constitue un lieu privilégié d’observation des attentes contradictoires investies dans la forêt (loisir, éducation, gestion du milieu ou des exploitations, biodiversité). Comment permette la cohabitation entre les différents utilisateurs de la forêt : les promeneurs, les cyclistes, les écosystèmes, les cavaliers, les naturalistes, les riverains et les exploitants forestiers ? Depuis 2002, un large débat est mené dans le cadre de l’élaboration du Plan gestion de la Forêt de Soignes, proposé par l’Institut bruxellois pour la Gestion de l’Environnement (IBGE), avec notamment la mise en place d’une "Plate-forme participative de la Forêt de Soignes". Cet organe de concertation est mis en oeuvre en collaboration avec le WWF-Belgium, la Fondation pour les Générations Futures (FGF) et la Fondation Roi Baudoin (FRB). Ce projet vise à aider le gestionnaire forestier à mettre en place une politique où chacune des parties concernées peut se retrouver. L’expérience porte tant sur les possibles modes de gestion durable de la forêt de Soignes, et tant sur les possibles modes de participation des acteurs qui s’y intéressent volontairement.
9. Pesticides et usages des pesticides. Dangerosité sudiste et dangerosité nordiste ?
En 1962, le livre de Rachel Carson, «The Silent Spring», dénonce les conséquences négative provoquées par un usage immodéré des pesticides. Certains sont progressivement interdits en raison de leur écotoxicologie, dont le DDT (dichloro-diphényl-trichloréthane) dans les années ’70. Différentes mesures sont successivement prises en vue d’une réglementation internationale. En 1987, les Directives de Londres sont adoptées par le Programme des Nation Unies pour l’Environnement (PNUED). En 1989, une procédure facultative dite d’Information et de consentement préalable (PIC) est établie. Pourtant en 1996, la Food and Agriculture Organization (FAO), Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, met en garde la communauté internationale. De grandes quantités de pesticides périmés sont gardées dans plusieurs pays en voie de développement (Afrique, Asie et Europe orientale) et menacent gravement l’environnement et la santé publique. Pointée du doigt, la communauté internationale (pays donateurs, organismes d’aide, fabricants, et gouvernements bénéficiaires) est appelée à aider ces pays à éliminer ces produits toxiques et à éviter qu’ils ne continuent de s’accumuler. L’existence de ces stocks impressionnants de produits toxiques périmés impose un constat : les pays exportateurs déclassent leurs produits toxiques alors que les pays importateurs les stockent. Mais elle pose aussi l’épineux problème des précautions d’utilisation très sophistiquées que ces produits exigent, et de la spécificité des milieux où elles auront à être mises en oeuvre. L’efficacité d’une technologie à haut risque peut-elle être évaluée sans tenir compte des savoirs et savoirs-faire que nécessite son bon usage? Sans aller jusqu’à évaluer de l’efficacité des produits commercialisés, la Convention de Rotterdam, adoptée le 10 septembre 1998, prend très au sérieux ces savoirs nécessaires au bon usage des produits toxiques, en rendant la procédure PIC juridiquement contraignante. Lorsqu’en 2001, la FAO met en place un Code international de conduite, concrétisé dans la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants (POP), le polémique DDT revient au centre des débats. Cette convention est susceptible d’aboutir à son interdiction mondiale, dès que 50 pays au moins auront ratifié la convention.
10. Filière sucrière segmentarisée
Le sucre est produit par plus de 150 pays différents. Sa filière internationale est fortement segmentarisée. Par exemple, la production de sucre est subventionnée et protégée par un système de quotas au sein de l’Union Européenne. Il est aujourd’hui remis en cause par la future réforme de la Politique Agricole commune (PAC) mise en oeuvre suite à l’élargissement de l’Union Européenne. Mais en septembre 2002, le Brésil, l’Australie et la Thaïlande portent plainte devant l’ Organisation mondiale du commerce (OMC) contre ces subventions accordées aux planteurs européens. Un autre exemple est le régime préférentiel accordé aux pays ACP (pays issus d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique) en vertu des accords de Cotonou. Dernier cas, la coexistence de deux matières premières, la canne à sucre pour deux tiers de la production et la betterave pour le tiers restant, pour produire le même produit final, le sucre, entraîne comme corollaire la concurrence entre pays en développement et les économies industrialisées. La production belge subirait-elle cette concurrence, ou ou tout autre impact de la segmentarisation? En effet, en Belgique, d’importante restructurations industrielle ont lieu. En septembre 2003, de trois groupes sucriers familiaux Cosucra – Groupe Warcoing, Groupe Sucrier et Couplet annoncent leur fusion dans une nouvelle société Iscal Sugar. Peu de temps après, le groupe annonce la fermeture de la sucrerie de Frasnes (70 emplois). Quelques semaines plus tard, le leader incontesté du marché, la Raffinerie tirlemontoise engage une restructuration qui touche 130 emplois et annonce la fermeture d’une sucrerie à Genappe.
11. Le maïs ensilage pris dans les fils des réformes de la Politique Agricole commune
Le maïs ensilage est perçu et utilisé comme l’aliment idéal pour l’élevage intensif. Pourtant, il présente aussi de nombreux inconvénients. Le remplacement des pâturages herbacés par des champs de maïs laisse le sol nu en hiver et nécessite plus d’intrants et d’eau. Et, aliment presque exclusivement énergétique, le maïs ensilage nécessite de donner au bétail un complément de protéines : le soja. Or le volet oléagineux de l'accord commercial de Blair-House interdit à l’Europe de produire plus de 63 % des ses besoins en huiles végétales et plus 22 % de ses besoins en protéines végétales. De plus, la prime européenne accordée aux agriculteurs pour la culture de maïs fourrager est bien plus intéressante que celle donnée pour celle de l’herbe. Les prochaines réformes de la Politique agricole commune (PAC) risque encore de modifier la donne. Aux aides directes liées à la production actuelle de l’agriculteur, devrait se substituer une aide annuelle en fonction de sa production antérieure, indépendamment de sa culture présente, de son rendement ou de la taille de son exploitation. Le maïs ensilage nourrira-t-il encore aussi bien ?
II. Notices déjà travaillées lors de précédents séminaires (5)
12. Lâchers de mâles stériles (trypanosomiase)
Les trypanosomiases (affections parasitaires) animales et humaines causent des dommages considérables en Afrique, soit d’un point de vue économique via des réductions de la productivité du bétail (cause principale du sous-développement économique de ces régions), soit du point de vue de la mortalité humaine via la maladie du sommeil.
Suite à une lutte acharnée dans les années ’50, elle semblait avoir été éradiquée mais elle à ressurgi par diminution de la vigilance et apparition de souches résistantes aux méthodes utilisées en 1980. Vu la nécessité de trouver de nouvelles méthodes de lutte, l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) appuie le développement de la technique de lâchers de glossines (mouches tsé-tsé) mâles stériles pour enrayer la multiplication de cet insecte, vecteur de la maladie du sommeil. Malgré les inconvénients de cette technique, dont le coût considérable de sa mise en œuvre, elle continue à être présentée comme une solution d'avenir. Il semble aujourd’hui évident que la complexité de cette maladie a été grandement sous-estimée (notamment dû à l’existence de plusieurs souches différentes) ; on préfère donc désormais des interventions plus limitées dans l'espace et une combinaison de plusieurs stratégies intervenant à divers niveaux (lutte anti-vectorielle, surveillance médicale, parasite) sera ainsi indispensable pour espérer un jour mettre fin à ce fléau.
13. Les macro-travaux hydrauliques/Water transfer
On a beaucoup décrit les dégâts qui peuvent être associés aux grands barrages, mais aujourd’hui, c’est la possibilité de transférer de l’eau, entre fleuves ou entre nappes aquifères, qui est en question (voir The new Scientist vol 178 issue 2398 - 07 June 2003, page 30). De tels méga-travaux sont en projet en Chine, en Afrique, en Australie, ou en Inde, mais également en Europe. On suggère ici d’explorer deux cas, l’un belge, la transhennuyère entre deux nappes aquifères (voir texte de Pierre Cornut : ‘Gestion politique de la surexploitation d’une ressource naturelle internationale : le cas de la nappe aquifère de Tournai’ 2000) et le Plan hydrologique espagnol (The Spanish National Hydrological Plan) discuté à la Commission européenne. Dans le cadre de ce dernier projet, un premier transfert d’eau a déjà été réalisé, entre Tage (Tagus) et Segura. Les conséquences écologiques, sociales et économiques sont décrites comme négatives, même par quelqu’un comme Asit Biswas, un consultant international en affaires hydrauliques, qui a soutenu d’autres plans de cette ampleur. Pourtant, de nouveaux projets (dont le transfert de l’Ebre (Ebro) vers Barcelone) sont en discussion à la Commission européenne, appelée à co-financer ces projets, et notamment à la DG Environnement (direction Catherine Day). En effet, il y a infraction potentielle à une série de directives européennes. L’un des principaux opposants est Pedro Arrojo-Agudo, un économiste environnementaliste de l’Université de Saragossa.
Dans ces 2 cas, en pratique fort différents, les controverses sont fort similaires :
Au nom d’une solidarité patriotique, la générosité de certaines régions est sollicitée. A aucun moment les régions en crise n’envisagent de revoir à la baisse leurs consommations ; c’est ce que dénoncent les régions fournisseuses.
14. Fièvre aphteuse : gestion de crise
Lors de l'épizootie de fièvre aphteuse, qui a touché principalement la Grande-Bretagne en 2001, la technique de contrôle de l’épidémie a consisté à abattre tout troupeau où un cas positif aurait été détecté, mais aussi à abattre préventivement tous les troupeaux présents dans un rayon de 3 km d'une exploitation infectée. Alors que l'opinion publique s'est émue de ces abattages massifs, le 12 septembre 2002, revenant sur une décision de 1981, l’UE s’est prononcé en faveur d’une procédure de vaccination d’urgence en cas de crise de fièvre aphteuse. (voir par exemple, dépêche de l’AFP du 13/09/2002). Alors que des syndicats maintiennent une position en faveur de l’abattage et que d’autres s’interrogent sur les raisons de ce revirement et le critiquent, dans d’autres contextes, la fièvre aphteuse ne présente pourtant pas plus de risque qu’un rhume…...
15. Diabrotica virgifera
Selon l’EPPO (European and Mediterranean Plant Protection Organisation), la chrysomèle du maïs (Diabrotica virgifera virgifera ou Western Corn Rootworm) s’est introduite dès 1990 en Europe, à partir de la Serbie, et semble se propager à partir d’aéroports. Ce ravageur risque de s’établir en Europe dans toutes les cultures de maïs. Même si un nouveau maïs transgénique est efficace contre l’insecte, la FAO (Food and Agriculture Organisation) a préféré opter, le 16 juillet 2003, pour un programme de Gestion Intégré des Ravageurs des plantes (IPM en Anglais) dont sept pays d’Europe centrale et orientale vont être bénéficiaires. Ce programme prévoit l’utilisation de prédateurs naturels et de pièges à phéromones. Par contre l’EPPO préconise l’emploi du maïs Bt qui, selon des études qu’elle a réalisées, n’affecte en rien les organismes non cible de l’écosystème. Quoi qu’il en soit, il n’y a pas de solution miracle, d’autant plus qu’aucune ne se préoccupe de l’avis des agriculteurs. Quelque soit la solution, sera-t-elle bénéfique aux agriculteurs ou aux multinationales ?
16. Les abeilles et le gaucho
Le 18 septembre 2003, le "Comité Scientifique et Technique" de la Direction Générale de l’Alimentation française (DGAI) a rendu son rapport final sur l’Imidaclopride, un insecticide (et non pas herbicide) systémique utilisé en enrobage de semences et commercialisé par Bayer sous le nom de Gaucho. Ce rapport, salué avec enthousiasme par l’Union Nationale de l’Apiculture Française, intervient à un moment opportun pour soutenir diverses instructions pénales mettant en cause la légitimité du "Comité d'homologation des produits antiparasitaires à usage agricole" en France. En effet, dans son "Complément Web" numéro 347, La Recherche mettait déjà en avant certains des disfonctionnements du processus d’homologation des produits systémiques.