t11:carson
Rachel Carson est biologiste et océanographe.
Dans son livre "Le printemps silencieux" (1962), elle met en évidence les dégâts causés par les insecticides comme le DDT. Quelques insectes sont devenus invulnérables contre ces toxiques tandis que leurs ennemis naturels (i.e. des oiseaux) sont tué par ses pesticides. Elle invente la notion de « biocide ».
Le DDT n’est pas seulement utilisé dans l’agriculture, mais aussi dans l’armée américaine pour débarasser les soldats des animaux sur la peau !
The Silent Spring » va susciter une controverse forte et aussi une nouvelle problématique politique, à savoir l’évaluation de la technologie
http://www.stoessel.ch/hei/hdp/rachel_carson.htm
Rachel Carson (1907 – 1964)
L’irruption de l’écologie dans l’ordre public
Depuis la 2e moitié du 19e siècle, la révolution industrielle avec les chemins de fer et la sidérurgie industrielle fait le tour de l’Europe. L’extension mondiale de cette révolution date de la 2e moitié du 20e siècle.
Par cette extension s’explique l’apparition de l’écologie politique. La pollution est un phénomène visible. La croissance démographique est un autre signe de la révolution industrielle. L’écologie politique fait une irruption forte aux Etas-Unis dans les années ’60 et ’70, notamment avec le débat sur les essais nucléaires.
La science écologique est la base de l’irruption de l’environnement dans la politique. L’écologie est peu à peu institutionnalisée.
Rachel Carson
Rachel Carson est biologiste et océanographe. Elle travaille à l’administration des forêts et des eaux aux Etas-Unis. Elle utilise une approche synthétique et holistique qui ne prévaut pas dans la plupart des sciences analytiques. Des importants tributaires de l’écologie scientifique sont les sciences botaniques et les sciences de la terre. Des gens comme Leroy, Vladimir Vernatzki et Christiaan Smuts influencent Carson beaucoup.
Filiation biologique
Karl von Linné : “l’économie de la nature” ; les être naturels tendent à des fins communes et ont des fonctions réciproques (1749). Il fait une classification générale des plantes par rapport aux organes sexuels. C’est un premier œuvre de l’écologie.
Alexander von Humboldt, naturaliste et voyageur, Essai sur la géographie des plantes (1805), Kosmos (1845). Relation des plantes et animaux avec leur environnement.
Lamarck, théoricien du transformisme, nie que les espèces ne peuvent pas changer.
Charles Darwin, On the Origin of the Species (1859), lutte pour la vie des différentes espèces entre elles et avec leur environnement.
Le biologiste allemand Karl Möbius invente le mot « biocénose ». Ultérieurement, « biocénose » sera remplacée par « écosystème ».
Charles Elton, Animal Ecology (1927), notions de « chaînes alimentaires » et de « niche écologique ».
Filiation des sciences de la terre
James Hutton, fondateur de la géologie scientifique, A Theory of the Earth (1795). Le Vivant est une des forces géologiques expliquant la configuration de la Terre.
Eduard Süss sur la genèse des Alpes. Il forge le concept de « biosphère ».
Vladimir Ivanovitch Vernadski, un minéralogue russe, publie La biosphère (1929).
Filiation philosophique
Henri Bergson, L’évolution créatrice (1907) présente une vision globale du Vivant.
L’homme politique et philosophe sud-africain Jan Christiaan Smuts publie Holism and Evolution (1926). Concept grec du « holisme » : approche globale du Vivant
Des accidents moteurs
Des accidents des naufrages pétroliers en Europe et les essaies nucléaires des années ’50 et ’60 aux Etas-Unis lancent la discussion politique de l’écologie. Les essais nucléaires sont arrêtés sur terre et interdit pour ceux dans l’atmosphère, pour éviter le retombée radioactive.
Le printemps silencieux (1962)
Dans cet ouvrage, Rachel Carson thématise les dégâts causé par les insecticides (DDT et d’autres). Quelques insectes sont devenus invulnérables contre ces toxiques tandis que leurs ennemis naturels (i.e. des oiseaux) sont tué par ses pesticides. Elle invente la notion de « biocide ».
Déjà pour son 2e ouvrage, The Sea Around Us (1951), elle a reçu le « National Book Award ».
Rachel Carson est alertée par la disparition des oiseaux dans quelques forêts. Elle tient les pesticides responsables. Le DDT n’est pas seulement utilisé dans l’agriculture, mais aussi dans l’armée américaine pour débarasser les soldats des animaux sur la peau ! Elle est aussi alertée par les naturalistes et d’autres organismes de conservation de nature. Les ravageurs ciblés par le DDT n’auront plus d’ennemis naturels.
« The Silent Spring » va susciter une controverse forte et aussi une nouvelle problématique politique, à savoir l’évaluation de la technologie. Elle écrit que chaque plante, chaque animal et chaque homme (par la chaîne trophique) contient des pesticides. Carson utilise un language très violent et clair, attaquant les entreprises chimiques.
La contre-attaque de l’industrie chimique
L’Académie national des sciences, une institution privée, lance une commission de contrôle des ravageurs. L’étude est payé par l’industrie chimique, les associations écologiques et l’Etat. Il y a que quelques scientifiques indépendants (universitaires, fonctionnaires, etc.) dans la commission, i.e. l’ex-chef de Rachel Carson (Baldwin).
Après l’apparition de Silent Spring, l’industrie multiplie ses dépenses du marketing pour faire de la propagande.
Les idées fortes de Rachel Carson dans Silent Spring
1) Approche holistique devant le Vivant. Les écosystèmes sont reliés entre eux.
2) Condamnation des scientifiques qui parlent de la domination de la nature par l’homme.
3) Création du mot « biocide », suscité par les pesticides (= bombe atomique)
4) Risques incalculables des pesticides pour l’humanité
5) Elle n’est point contre l’utilisation des pesticides en général, mais contres quelques pesticides particuliers qui sont durables. Elle se prononce aussi pour l’utilisation des ennemis naturels.
Exemplarité épistémologique et politique de cette controverse
Problématique de l’idée de la causalité et sa preuve. Rachel Carson se base sur des corrélations statistiques. C’est l’approche probabilistique et épidémologiques. Le positivisme est en difficulté vis-à-vis ce nouveau approche
Problématique de l’indépendance des scientifiques
Il y a des liens entre les scientifiques et l’industrie. L’environnement économique influence directement et fortement les scientifiques.
Problème de l’évaluation des choix technologiques
L’innovation scientifique n’est pas forcément un progrès. Il y a des différents chemins pour atteindre le même but. Alors, il faut évaluer les technologies – si possible déjà en avance. Les conséquences sur le niveau politique de ce débat sont des comités présidentiels et parlementaires.
Problème de l’éthique politique
« Le principe responsabilité » (Hans Jonas, 1979) est dans la postérité de Rachel Carson. Jonas montre que la responsabilité est beaucoup plus vaste que les pensées politiques laissent croire à cause de la technologie avancée. L’action prudente dans le choix des technologies est insert dans la déclaration de la conférence de Rio de 1992 : le principe de précaution. On est rappelé à la vertu de la prudence chez Aristote et Thomas d’Aquin. Cette vertu a été abandonnée avec la pensée d’Adam Smith, qui est le proclameur du progrès et de la croissance. L’équité et la justice intergénérationelle est en centre de cette (ancienne) nouvelle pensée, incluant l’environnement dans la politique.